MODE
s'achève presque toujours en trois à cinq semaines, et parfois, plus rapidement encore.
Les caractères de la guérison plaident encore contre la théorie tuberculeuse. Il ne se forme pas d’adhérences, pas de symphyses, même partielles, et lorsque une récidive se produira, elle trouvera la plèvre libre. Des examens radiologiques précis, faits plusieurs mois ou plusieurs années après l’incident, ont montré les sinus costo-diaphragmatiques libres, s’éclairant bien à l'inspiration. Tout au plus un léger voile, traduit-il peut-être la réaction de la plèvre.
Enfin, les adversaires de la théorie tuberculeuse tirent encore des arguments d’extrême rareté des antécédents suspects que l’on retrouve à l’interrogatoire de tels malades. Ils s’étonnent que des lésions évolutives, si minimes soient-elles, ne donnent jamais lieu à la moindre manifestation clinique. Rappelons, — nous y avons insisté comme il convient —, qu’en deux occasions (n° 26, et 27), une récidive se produisit, respectivement 24 heures et six jours après un examen médical qui n’avait montré rien d’anormal. Au cours même de la maladie, on ne peut mettre en évidence de lésions tuberculeuses. Le malade tousse parfois, mais l’expectoration fait habituellement défaut. Dans tous les cas, elle est d’aspect absolument banal et des examens répétés n’y décèlent jamais de bacilles
de Koch. La cuti-réaction est parfois négative, et
Note"
l’on ne saurait beaucoup tenir compte, chez un adulte, de ses résultats lorsqu'ils se montrent positifs. Les épreuves de sédimentation sanguine, enfin, parfois pratiquées, donnent habituellement des résultats nor maux.
Du reste les faits eux-mêmes semblent contredire les partisans de la théorie classique. Certains de ces malades ont été surveillés médicalement pendant des années, sans que l’on ait vu jamais se déclarer ia tuberculose redoutée.
Serait-ce, comme le prétendent Gérard et Jaubert, Métais, d’autres encore, qu'il s'agissait de lésions minimes, et toutes récentes ? L’on pourrait s’expliquer ainsi leur latence clinique jusqu’à l’apparition de la complication révélairice. La précocité de leur rupture dans la plèvre s’expliquerait par leur siège immédiatement sous-pleural. L’on sait du reste combien des lésions discrètes exclusivement corticales sont difficiles à mettre en évidence radiologiquement aussi bien que par la clinique. Enfin, dans l'hypothèse que nous envisageons maintenant, le pneumothorax, en réalisant le collapsus du poumon, suffirait à enrayer l’évolution de ces lésions, particulièrement curables en raison de leur âge et de leur siège.
Dans cette hypothèse, en somme, le pneumothorax spontané bénin idiopathique ne diffèrerait du pneu-
mothorax banal des tuberculeux, que par sa date
d’apparition au cours de l’évolution des lésions tuberculeuses. Les malades de ce type auraient eu la chance de voir l’accident, habituellement tardif, survenir au moment où il pouvait jouer un rôle vraiment providentiel.
Mais l'explication, assez séduisante au premier abord, nous semble particulièrement insuffisante lorsqu’il s’agit de formes récidivantes. Nous rappelerons certaines de nos observations, où l’on vit le pneumothorax récidiver six, sept, neuf et jusqu'à quatorze fois ; les lésions mal éteintes se seraient donc réveillées à plusieurs reprises ? Si l’on peut admettre le rôle curateur du collapsus pulmonaire au premier accident, il devient tout à fait invraisemblable de le voir s’exercer avec le même bonheur, à chaque fois.
Les partisans de la pathogénie tuberculeuse du pneumothorax spontané bénin peuvent cependant faire état de quelques observations où la tuberculose se déclara ultérieurement à l’apparition du pneumothorax.
K jaergaard, sur les 49 cas de pneumothorax bénin idiopathique qu'il a réunis, n’a vu le fait se produire qu'une seule fois, il s’agit de son éas n° 24, que nous avons rapporté (obs. 39) :
La tuberculose n’apparut que trois ans ‘après le premier pneumothorax reconnu. Pendant ces trois années, l’intéressée se porta tout à fait bien. A l’appa-
rition des premiers signes de tuberculose dans le
hit ne
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