‹ Les fossilesChapitre 10 sur 26 · EPOQUE PRIMAIRE · texte numérisé non relu

EPOQUE PRIMAIRE

terrain pliocène

— miocène

— éocène

— crétacé

— jurassique

— triasique

— permien

— carbonifère

— devonien

— silurien

— cambrien

— laurentien.

Telle serait la composition de Técorce terrestre, par ordre d*étages successifs. Il est utile de faire remarquer que sous le jeu des soulèvements dus à la formation des terrains éruptifs, les couches les plus anciennes peuvent apparaître à la surface du sol *■ ; il importe encore de bien faire observer que la division de ces époques n'a rien d'absolu et qu'elle ne constitue qu'un procédé tout artificiel pour faciliter l'étude.

Chacun de ces terrains est formé de plusieurs étages, eux-mêmes subdivisés en sous-étage ou en zones paléontologiques, au milieu desquelles apparaissent de

' Les terrains de sédiment, qui forment une grande succession de couches de toute origine et de toute nature, sont superposés en stratification concordante quand ils n'ont pas subi de déplacements; mais trèssouvent on les trouve morcelés et enchevêtrés par les soulèvements. H est probable que leur série complète n'existe nulle part à la surface de la terre, mais on a pu la définir en comblant les lacunes qui existent sur un point déterminé par les observations faites ailleurs, en intercalant à leur place les assises suivant leur âge relatif

nouvelles espèces. M. A. Gaudry estime au nombre de 1.10 ces zones ou ces subdivisions. « Si élevés que soient ces chiffres, dit le savant professeur, ils ne nous donnent qu'une idée imparfaite du nombre de fois où les espèces nouvelles ont apparu, car déjà dans plusieurs zones on a reconnu diverses petites couches qui renferment dès espèces particulières, de telle sorte que ces petites couches peuvent être considérées comme représentant autant de moments où quelques traits de la mobile figure du monde ont été changés. »

Tous ces feuillets de Tépiderme terrestre ne forment par leur superposition qu'une bien mince épaisseur si on la compare au diamètre de la terre. Voici en effet la puissance approximative des différentes assises géologiques :

Tertiaire d'Europe 3,C00 mètres.

Secondaire — 4,000

Permien en Allemagne 1,200

Carbonifère en Irlande 5,000

Devonien en Angleterre 3,000.

Silurien — -6,500

Cambrien — 4,000

24,7JU0 mètres.

Qu'est-ce qu'une semblable couche de 24,700 mètres à côté du diamètre de notre sphéroïde, qui mesure plus de 12,700,000 mètres?

Représentons-nous donc l'écorce terrestre comme formée d'une partie ignée inférieure, qui gagne en épaisseur par le refroidissement, et par conséquent s'accroît sans cesse de haut en bas, et d'une parlie

sédimentaire très-peu épaisse qui s'accroît dans le sens contraire.

Si l'on connaît à peu près l'épaisseur de la couche sédimentaire, il est très-difficile d'apprécier la puissance totale des parties solidifiées qui tiennent emprisonné le feu central. On peut se les figurer approximativement comme la peau d'une orange dont la chair représenterait les substances en fusion.

C'est au sein de cette pellicule superficielle que les êtres antérieurs ont vécu et que les formations géologiques se sont succédé ; c'est à sa surface que l'homme passe, pendant l'infime durée de sa vie I

Temps primaires. — Terrain laurentien. — Apparition des êtres vivants. — Veozoon ou le premier animal. — Veophyton ou la première plante. — Organismes des terrains siluriens. — Les crustacés. — Les trilobites. — Durée considérable des temps siluriens. — Terrain devonien. — Les poissons.

La classification des terrains sédimentaires, que nous avons représentée par le tableau de leur ordre successif, a été établie d'après leur ancienneté relative, déterminée" elle-même par les fossiles dont on a dû caractériser l'espèce .

Les époques consécutives présentent entre elles des différences très-saillantes, mais il ne faudrait pas se les exagérer ; à côté de ces caractères distincts, elles sont parfois unies par des traits . de ressemblance très-prononcés. La paléontologie entrevoit actuellement une succession d*êtres organisés qui forment à travers les âges géologiques comme une vaste chaîne de créatures, dont malheureusement un grand nombre d'anneaux sont perdus, et peut-être à jamais.

Mais il est bon de faire remarquer que les fossiles

sont loin d'être tous connus, que de nouvelles découvertes peuvent chaque jour venir fermer des lacunes dans l'échelle des êtres.

S'il n'est pas impossible de reconstituer ainsi le tableau complet de l'organisme, il est téméraire de vouloir pénétrer les mystères de sa formation.

Nous avons vu tout à l'heure qu^après son refroidissement à travers l'espace, l'eau s'est condensée à la surface du sphéroïde ; les premiers terrains de sédiment se sont formés, et en creusant aujourd'hui le sein de ces couches primitives, on y trouve les débris des premiers êtres vivants sur le globe.

Le terrain primordial est le Laurentien ; les géologues ont cru pendant longtemps que le Cambrien était la plus ancienne couche où des êtres vivants aient laissé leur trace ; mais il allait appartenir à des savants américains, membres du Geological Survey du Canada, de découvrir aux environs du fleuve Saint-Laurent une nouvelle assise de terrains primitifs, a Les savants canadiens, dit M. A. Gaudry, ont trouvé dans le laurentien des masses mamelonnées que MM. Dawson, Carpenter et d'autres paléontologistes ont regardées comme ayant appartenu à des êtres vivants : on les a inscrites sous le nom d'Eozoon (animal aurore). De nombreux naturalistes contestent leur origine organique ; mais ceux qui l'admettent sont d'accord pour les ranger parmi les foraminifères. L'étude des éozoons est digne de nos préoccupations, car si l'on reconnaît qu'ils ont été organisés, il faut reporter encore plus loin que nous ne le supposions la date de l'apparition de la vie sur la terre,

et il est permis de croire que la nature organique a commencé sous la forme sarcolaire, c'est-à-dire sous la forme la plus simple qu'on puisse concevoir. »

Un peu au-dessus du laurentien, dans le terrain cambrien, on a mis la main sur de très-nombreux fossiles dans des roches qui ont été pendant longtemps considérées comme ne contenant pas de restes organiques. Ces fossiles, qui existent dans des couches extrêmement anciennes, ont un grand intérêt, car leur étude démontre que dès l'apparition de la \ie les modifications des êtres ont été successives. C'est dans le cambrien que s'est trouvée la trace de la première plante : on l'a désignée sous le nom d'Eophyton (plante aurore) ; c'est un cryptogame vasculaire qui a marqué l'ère de la végétation sur notre globe.

Dans ces couches primitives, les animaux marins sont d'une structure tout à fait élémentaire. La vie semble s'essayer par des formes simples, dont les vestiges se rencontrent bientôt en abondance au milieu des terrains siluriens, ainsi nommés des anciens Silures, qui habitaient les comtés de Shrop, Hereford et Radnor, contrée classique de ces terrains géologiques. Les fossiles de ces premiers âges du monde sont constitués par des polypiers, des foraminifères et des échinides, des mollusques bryozoaires, aux formes singulières, et des crustacés inférieurs. Les empreintes, qui dominent, appartiennent à la famille des trilobites, entièrement disparue de nos jours, et dont nous reproduisons l'aspect bizarre ; les fig. 13, 14, 15, représentent trois genres distincts de ces animaux, qui foisonnent dans

.ig LES FOSSILES.

l'étage silurien inférieur. Le bilan de la faune silurienne

lunens lurerieun {Ogsgia Guetlardij, grandeur nalurelle.

est considérable, puisqu'elle comprend aujourd'hui

I kb I IILUIERS \GE J

plu"; de dix mille eipeccs di^tmctLa La richesse ioologique de ce mer» primitives était extraordinaire mais on n y voit encore que .

des formes imparfaites el les vertebics ne sont | représentes que par de poibsons dont 1 appa ntion a lieu dans \eb couches siipciieuies Lcs>estiges d innelide siluriLna offrent pir I leur forme un intérêt f toutspccial (dg 16)

Parmi les mollu' qiies eephalopodes on remarque plusieurs re présentants {fig \i\ i

qui se complètent par d'autrcs es du même terrain. ^Les trilobites y abondent toujours et s'y^disUn guent par des formes

particulières; ils s'y ma

nifestent à leurjmasi

nium de développe

ment.

Ces mers, dont l'exis ^

tence remonte à une

époque si éloignée des temps modernes, r

aussi des plantes dont la nature nous a <

|)ctt, leur iLondance etajt telle que l< ont compte plus de 1500 espèces , ce sont des algues et des ijcopodes d'une forme gracieuse, dont on ïoil Cl- dessous quelques typcb bien conserves {fig 18).

Page 1