‹ Les fossilesChapitre 11 sur 26 · rknlesdelap^rio · texte numérisé non relu

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Les polypiers croissaient au sein des océans siluriens it on les retrouve aujourd'hui avec leur physionomie singulière (fig. 19); ils appartiennent presque tous à h l'amille des zoanthaires.

Ainsi ces mers primitives étaient très - aboodamment peuplées ; la variété des genres de quelques familles, comme celle des trilobites, était si considérable qu'on peut affirmer qu'elle n'a jamais été dépassée;

LES rRE»IERS AGES. ' Jl

l'abondance des espèces n'était pas moins prodigieuse. Ces espèces varient souvent dans les différents étages des terrains siluriens; c'est ainsi qu'au milieu des couches immédiatement superposées aux plus anciennes '

on trouve des trilobites qui diffèrent de ceux des âges précédents (fig. 20) et des bracliiopodes d'un aspect caractéristique (fig. 21).

Certains auteurs ont appelé ces époques primitives l'âge des algues ou des animaux dépourvus de crâne. En effet, dans la première portion de la grande histoire organique terrestre, les mers recouvraient la surface entière de notre globe, et les plantes marines formaient au sein de ses eaux de véritables forêts, auprès desquelles la mer des Sargasses n'offre qu'une faible étendue. Il est à remarquer que la durée des époques géologiques est d'autant plus grande qu'elles sont

plus anciennes, comme l'atteste l'épaisseur des sédiments qui y ont pris naissance. L'histoire des terrains laurentien, cambrien et silurien embrasse évidemment im laps de temps d'une étendue considérable ; lënorme

PUrj/golm bilobui.

épaisseur ou puissance de ces trois systèmes dépasse celle de toutes les autres assises géologiques qui se sont . formées après eux dans les temps postérieurs. 11 semblerait résulter de cette simple observation que la durée des premiers âges excède de beaucoup celle de tous les âges suivants jusqu'aux temps modernes. Ajoutons

encore que dans la plupart des strates primitives, la plus grand nombre des fossiles, les plus anciens et les plus importants, sont détruits ou tout à fait méconnaissables.

En quittant le terrain silurien pour s'élever d'un gradin dans les formations géologiques, on pénètre dans le terrain devonien, qui a été ainsi nommé parce qu'il a d'abord été étudié dans le Devonshire, en Angleterre. Aucune discordance de stratification ne le sépare des couches auxquelles il se superpose ; on peut donc affirmer qu'il résulte de la suite du travail de dépôt sédiraentaire dans les mers primitives.

On y retrouve un certain nombre des espèces de l'étage précédent, mais on y rencontre aussi d'innombrables fossiles nouveaux. Les poissons qui ont apparu déjà, prennent à présent une importance'considérable ; ces premiers vertébrés forment une faune du plus haut intérêt. Quelques-uns d'entre eux offraient un aspect particulier et portaient une sorte de carapace solide,

Fig. 22. — Poisson des (emps devoniens {Acanihodes).

une cuirasse brillante, d'où leur nom de ganoïdes (y^vo;, brillant) (fig. 22).

Ces poissons sont encore aujourd'hui représentés dans la nature vivante; le bichir du Nil, notamment,

offre avec ces antiques vertébrés, de grands poinls de

ressemblance, surtout par ses écailles osseuses, revêtues

d'un bel émail extérieur.

Les trilobiles diminuent, mais i)s prennent parfois

une forme singulière et se hérissent de pointes aiguës

et proéminentes (fig. 23).

niDalmaniapunctaln).

On voit, par cet aperçu rapide des fossiles de cette jpoque, que la faune devonienne peut être considérée comme la continuation de la faune silurienne. Quelques espèces passent du premier terrain au second, quelques autres disparaissent; d'autres enfin prennent naissance et se revêtent de formes nouvelles qui tendent évidemment vers un pcrrectionnement manifeste.

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La flore est encore humble et primitive, mais elle offre déjà de l'intérêt; les algues marines abondent (fig. 24) et les plantes terrestres se révèlent aussi par des espèces nombreuses, quo l'on compte environ au nombre de cent quatre-vingts. Les Calamités, les Stig~ maria, les Sigillaria, les Lepidodendron se montrent

comme Jea précurseurs de l'étonnante flore houillère. Nous venons de passer rapidement en re\ue les premières époques des temps primaires, mais nous ne saurions trop nous efforcer de faire remarquer encore

une fois que ces divisions sont tout artificielles ; les époques géologiques ne sont pas unes; elles comprennent au contraire des phases multiples qui se sont succédé à travers une innombrable suite de siècles, pendant laquelle la vie a changé plusieurs fois. Chaque nouvelle étude des paléontologistes apporte à ces époques de nouvelles divisions, qui, probablement, se subdiviseront encore. Pour donner une idée des aperçus que peut fournir l'observation minutieuse des terrains, nou^ citerons l'exemple des résultats récents obtenus par MM. Hicks et Ilarkness dans le terrain cambrien du pays de Galles. Ces géologues émérites ont découvert des fossiles nombreux dans des couches qui étaient considérées jusqu'alors, comme absolument dépourvues de vestiges organiques. Les faits de l'histoire du globe que la science a recueillis, ne sont que peu de chose à côté de ceux qu'il lui reste à connaître.

Les belles recherches d'un savant américain, M. Hall, ont permis d'établir de même dans le terrain silurien vingt et une subdivisions, qui, pour la plupart, apparaissent avec des débris distincts d'êtres vivants. Le terrain devonien, dans le Devonshire, a été divisé en trois étages ; aux États-Unis, il s'est présenté avec onze subdivisions, qui apparaissent successivement avec de nouveaux fossiles correspondant à des êtres distincts.

Quoi qu'il en soit, il est certain que ces premiers âges de notre monde ne comptent encore que des formes plus ou moins simples de l'organisme ; il parait

manifeste que le développement de la vie s'accomplit graduellement, car à l'époque silurienne la nature est plus riche qu'à l'époque précédente ; elle ne l'est pas autant que l'époque devonienne, qui lui succède. Cette ère nouvelle marque un progrès réel dans l'histoire du globe, avec les poissons dont elle abonde, et dont les débris ont résisté à l'injure des siècles.

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