Cribospongia
des organismes disparus ; élevons nous jusqu'à la limite
supérieure de ces assises formidables. Le décor va
changer encore une fois sur
la scène du monde, et les
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nouveaux progrès A l'origine
des temps jurassiques , les
formes animales sont d'abord
simples, élémentaires, et se
rapproclient de celles des
l^mps primitifs; au milieu
de cette longue époque, les
premiers mammifères sem- fir. ^a.
blent s'essayer à la vie ; ils f'"™*"'"''' '"^"uiarii.
prennent place au soleil, d'abord imparfaits, sous la
forme de marsupiaux. Mais les siècles s'écoulent, et
te progrès suit son cours; voici les premiers oiseaux
li:S FOSSILES.
terrains jurassiques, on arrive à d'autres formes, à d'autres espèces ; on gravit quelques échelons dans la snccession de l'organisme. Do nouveaux reptiles, de nouveaux crustacés, de nouveaux mollusques ap-
[iS. — Eryoït arcUfor/nia (I/î grandeur nalurello).
paraissent. Mentionnons rapidement l'Eryon arctiformis {fig. 55) parmi les crustacés, le curieux ïtemicidaris parmi les écliinodermes (fig. 56), le gracieux Cribrospongia parmi les spongiaires (fig. 57), et le singulier Thecosmilia parmi les polypiers (fig. 58), Mais ne nous arrêtons pas encore dans les fouilles
I/AGE DES REPTILES. Og
opérées au sein des terrains jui-assiques ; soulevons les feuillets de ces sédiments, Téritables ossuaires
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Olf LES FOSSILES,
terrains jurassiques, on arrive à d'autres formes, à d'autres espèces ; on gravit quelques échelons dans la succession de l'organisme. De nouveaux reptiles, de nouveaux crustacés, de nouveaux mollusques ap-
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paraissent. Mentionnons rapidement YEryon arcti~ formis (fig. 55) parmi les crustacés, le curieux Hemicidaris parmi les écliinodermes (fig. 56), le gracieux Cribrospongia parmi les spongiaires {fig. 57), et le singulier Thecosmilia parmi les polypiers (fig, 58). Mais ne nous nrrêtons pas encore dans les fouilles
I/.YGE DES REPTILBS.
opérées au sein des terrains jurassiques ; soulevons les feullletfi de ces sédiments, Yéritables ossuaires
des organismes disparus ; élevons nous jusqu'à la limite
supérieure de ces assises formidables. Le décor va
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prennent place au soleil, d'abord imparfaits, sous la
forme de marsupiaux. Mais les siècles s'écoulent, et
le progrès suit son cours; voici les premiers oiseaui
qui sillonnent l'air de leur vol léger. Pourquoi ces êtres gracieux, chez lesquels l'amour maternel est si profondément développé, apparaissent-ils si tard sur la scène du globe? Est-ce parce que l'air était encore souillé des gaz des temps primitifs? On l'ignore; mais il n'en est pas moins vrai que des plumes et des os d'oiseaux ont d'abord été rencontrés dans les calcaires lithographiques de Solenhofen, et que les chercheurs n'ont pas tardé à mettre la main sur un squelette presque entier (fig. 59). Par ses proportions générales, le squelette de Y Archœopteryx (c'est le nom qui a été donne à cet oiseau fossile) se rapproche jiisqu'à un certain point de celui de quelques gallinacés. Les ongles de cet animal sont, en effet, assez robustes, soit pour lui permettre de percher, soit pour gratter la terre. Les dimensions relatives des membres postérieurs et des membres antérieurs, ainsi que celles de chacune de ces parties examinées à part, confirment cette opinion, émise par M. A. Milne-Edwards *.
Les terrains jurassiques supérieurs offrent encore à la géologie une remarquable particularité ; c'est l'apparition dans la localité de Portland d'une terre végétale qui remonte à ces temps anciens. Cet humus n'a pas moins de 0'",50 à 0°',40 d'épaisseur ; il est noir, et renferme çà et là des lignites. On y voit encore les troncs pétrifiés des conifères qui y vivaient jadis ; celte couche de terre ou de boue (dirt-bed) est horizontale à l'île de Portland, mais plus loin elle se trouve très-sensible-
* Alphonse Milne-Edwards. Mémoire sur la distribution géologique des oiseaux fossiles et description de quelques espèces nouvelles.
ment inclinée et les troncs d arbre a la substance tlça-, qucla le tempa a substitue la stlitc -sonl rfidinèb aussi;' rnais parallèles les uns avec les autres Cette observa-
Vis-ta. - Arclixopltryi
1 Salcnholeu).
tion curieuse est un bel exemple des redressements des strates primitivement horizontaux ; elle nous indique nettement encore l'immense durée des temps géo-
■; Wï . "..• lES FOSSILES.
: - lâgtiJ^èfT.'Cl.aquâ- lit :de boue, dont la puissance est ■ ' inBigriS^antè"devaiit celle des terrains jurassiques, a cependant exigé pour sa formation bien des milliers d'années. En effet, comme le fait judicieusement observer sir Ch . Lyell, les plus vieilles forêts des tropiques laissent à peine sur le sol qui les a nourries quelques centimètres d'humus !
C'est ainsi que les enseignements se multiptient i mesure que l'on étudie les feuillets superposés de l'écorce terrestre ; l'intérêt va croissant dans l'bistoire du globe, et l'observateur, qui suit la longue chaîne des êtres, rencontre à chacun des anneaux qu'il examine quelque nouveau sujet d'étonnement et d'admiration. Les formes organiques, d'abord élémentaires, se perfectionnent peu à peu ; les êtres se suivent, et leur organisation s'élève ; après le règne des articulés, vient celui des vertébrés, avec les poissons ; la dynastie des reptiles lui succède bientôt, puis les premiers oiseaux prennent naissance : d'autres événements importants, d'autres modiGcations profondes, vont encore s'accomplir dans les formes vivantes, jusqu'au jour où l'apparition des mammifères sera le prélude de l'avénenienl des temps modernes.
Les océans crétacés. — Puissance de leurs formations sédimentaires. — Formation de la craie. — Son inspection microscopique. — Les coquilles des nn ers crétacées. — Lézards et sauriens gigantesques. — Le mégalosaurc. — L'iguanodon. — Le mosasaure ou grand animal de Maestricht. — Végétaux crétacés.
Quoique les terrains crétacés appartiennent, comme les terrains jurassiques, à l'époque secondaire, nous en ferons l'objet d'une étude spéciale, car ils nous révèlent, à n'en pas douter, une nouvelle phase dans la vie de notre planète. Ces immenses massifs de craie (carbonate de chaux) , ces terrains dont la puissance atteint parfois 4000 mètres, et qui se rencontrent en si grande abondance dans l'écorce terrestre, ont été formés au sein des mers qui, pendant une suite de temps incalculable, ont étalé leurs eaux à la superficie du, globe. Prenez un microscope, et, muni de cet œil artificiel, examinez un fragment de craie ; vous n'y verrez plus une poudre informe et grossière, mais tous les grains vont prendre une forme régulière. Voilà des fragments de coquilles, des Ammonites lilliputiennes et toute une armée de
lui LES FOSSILES.
foraminifèrcB (fig. 60 et 61). Tout ce monde des eauv antiques apparaît sons le mleroscope; ce massif de craie n'est pas autre chose que l'entassement séculaire de ces populations marines d'un antre âge !
licroscope, d'aprÔE^Erhenbcrg
La substance de ces innombrables petits êtres n'étailclle pas, comme cela se passe encore sous nos yeui, empruntée au carbonate de chaux tenu en dissolution dans les eauxà la faveur d'un excès d'acide «arboniqueî [jn semblable phénomène ne se passe-t-il pas actuellement au sein des océans modernes ? Ne voyons-nous pas
les polypiers construire tous les jours ces récifs qui s'élÈTent peu à peu, qui prennent sans cesse un développement progressif, et formeront peut-être les gisements qu'éludieront les géologues de l'avenir?
:roscopo'd'aprèsEr
11 n'est pas toujours nécessaire de recourir uu microscope pour entrevoir les vestiges d'un ancien organisme dans les bancs crayeux. Des coquilles de grande dimension, des empreintes de poissons, des ossements de reptiles existent i^à et là dans leurs gisements. Les polypiers, les zoophytes, les bryozoaires, les gastéro-
podes, les ammonites y pullulent, et l'on en compte aujourd'hui plus de cinq mille espèces distinctes, dont nous passerons rapidement en revue quelques-uns des types les plus saillants. -
Les Hamites et les Ancyloceras {fig. 62 et 63) sont deus belles espèces parmi les mollusques céphalopodes ;
le Plerocera Oceani (fig. 64) est un remarquable exemple de gastéropode des mers crétacées; hJaniraalava
AncshC:
(fig. 65) appartient aux acéphales, et la Ter^rateUa (fîg. 66) aux brachiopodes ; ces coquillages se rencon- Irent surtout dans les étages inférieurs du terrain crétacé. En s'élevant un peu plus haut, on voit paraître
des turrilites (fig. 67), des polypiers d'une forme par-
Fig.fB —Janiraalaiia. Fig.GO. — Tertbraltlla.
ticulière et une quaDtité d'autres coquilles remarqua-
bles. Dans la période crétacée supérieure desbclemniles
fig. 87. — Turriliies catenatui.
(lig. 68), des volutes allongées et de forme gracieuse,
Fig. 6S. ~ Bélemniles.
S coniques et cannelées, des polypiers qu'on
Fig. Cï. — Uippuriles
dirait sculptés par la main d'un artiste, se montrent aui yeux du géologue. On y trouve encore parmi les bra-
L'AGE DES UEPTILES. 100
chîopodcs, VlHppunles (Gg. 69), et parmi les polypiers le remarquable Synhelia (fig. 70).
Lcsemprcintesde poissons apparaissent fréquenimcnt dans les terrains crétacés, mais les ganoï- (/es des âges précédents sont en pleine décadence. Ce sont à présent des genres nouveaux, à écailles cornées (téléosh'ens), qui vivent au sein des océans crétacés et qui se distinguent souvent par l'étrangeté de leur forme. Tels sont parmi
. , Hg. ~iO. — St/nkelia Skarpeana.
ceux-ci le lieryx Le-
tvesiensis et VOsmevoides MantclUi {fig. 71 ).
Aux étages inférieurs de la craie, voisins de l'époque jurassique, on rencontre encore quelques gigantesques reptiles, derniers représentants de ceux qui ont vécu auï temps antérieurs. Le méjalosaure, dont le nom signifie grand k'zard, est un des plus remarquables d'entre eux. « Avec les formes des lézards, et piirtieulièremcnt des monitors, dont it a aussi les dents tranchantes et dentelées, dit Cuvier, le Megalosaurus était d'une taille si énorme qu'en lui supposant les propor tions du monitor il devait passer soixante-dix pieds de longueur : c'était un lézard grand comme une baleine. »
Les dents et la mâchoire de ce monstre offrent un
Bipect particulier en même temps qu'Us témoignent d'une force colossale. Buckland, qui a découvert le Mégalosaurc en Angleterre, l'a décrit avec soin, et voici ce qu'il dit au sujet des dents remarquables de cet animal : « Avec des dents ainsi construites, de façon à
tig. 71. — PoUsons de U période crélac^c.
couper de toute la longueur de leur bord concave, chaque mouvement des mâchoires produit l'effet combiné d'un couteau et d'une scie, en même temps que le sommet opère une première incision comme le ferait la pointe d'un sabre. »
VIguanodon {animal aux dents d'iguane) était un crocodile plus gigantesque encore, et sa taille atteignait jusqu'à 16 mètres de longueur !
On conçoit que dans les siècles précédents, alors que les notions de la géologie n'étaient pas encore créées, la vue de tels ossements au sein de la terre devait exciter un étonnement profond et donner naissance à de singulières hypothèses. Le Mosasaurus de Camper (fig, 72),
rormidablc saurien des terrains crétacés supérieurs, a une liisloire curieuse, qui est digne d'être rapportée. Pendant longtemps, il fut connu sous le nom de Grand animal de Maëstricht, parce que c'est aux environs de cette ville que l'on en rencontra les débris. Cet échan< tillon paléontologique des plus remarquables excita ïiïement l'imagination des faiseurs de théories ; les uns y voyaient la tête dun crocodile, d'autres celle d'une baleine.
Quand, en 1795, Klébcr s'empara de Maëstricht, Faujasde Saint-Fond, attaché à l'armée du Nord comme commissaire des sciences, réclama la précieu-e relique
tossiie et l'expédia avec tous les soins possibles au Mu séum d^histoire naturelle de Paris. Il allait appartenir plus tard à un naturaliste émérite, Adrien Camper, de démontrer que Tanimal de Maëstricht n'était ni un poisson ni une baleine, ni un lézard, mais bien un saurien particulier, qui tenait tout à la fois de Figuane et du monitor. La mâchoire seule du Mosasaurc (saurien de la Meuse) a plus d'un mètre de longueur ; son corps devait avoir environ 8 mètres d'étendue.
Si la faune crétacée offre, comme on le voit, un puissant intérêt ; la flore de cette époque est, par contre, assez pauvre. Le nombre connu des végétaux crétacés ne s'élève pas au delà de trois cents : ce sont surtout des fougères, des conifères, quelquefois rapportés à des palmiers. Le règne végétal n'a plus la puissance et l'ampleur qu'il présente aux âges précédents ; la plante paraît dégénérer, tandis qu'au contraire Tanimalité prend une vigueur extraordinaire.
Ainsi l'aperçu rapide des temps secondaires nous offre encore de précieux enseignements au sujet de la formation des êtres vivants ; les reptiles, qui se placent dans nos classifications après les poissons, sont nés; ils se sont développés avec une vigueur extraordinaire; ils vont bientôt dégénérer. Des mammifères ont en même temps commencé à paraître, mais ce sont des mammifères incomplets, didelphes, où les petits sont en quelque sorte greffés, comme chez nos sarigues, à la mamelle de leur mère.