‹ Les fourberies de Marinette operacomique en un acteChapitre 4 sur 21 · LES FOURBERIES DE MAR1NETTE · texte numérisé non relu

LES FOURBERIES DE MAR1NETTE

Et j’emporte mes vieux habits Sur mon dos, dans ce sac de toile !...

SCAPIN

Tu renonces donc pour toujours Au théâtre?

PASCAK1EL, avec emphase.

Depuis huit jours,

Le deuil étend sur moi son voile !

SCAPIN

Ohimé !

PASCARIEL.

Ma femme n’est plus!..

Elle gagnait trois cents écus A jouer les rôles de reine :

C’était un astre, une sirène,

Un ange, une fée, un démon!...

Elle daignait porter mon nom.

Moi, je portais par complaisance Son mouchoir et son éventail;

Et, comme un gardien du sérail.

Je la surveillais à distance.

Je me tenais près du rideau Pour préparer son verre d’eau,

Son blanc, son carmin et ses mouches.

Et si quelqu'un osait parler.

J’avais de certains airs farouches Qui le forçaient à détaler.

Quelquefois, par excès de zèle,

Où honteux de me tenir coi,

Je daignais m’essayer près d’elle Dans les rôles de mon emploi.

Personne mieux que moi peut-être Ne sut apporter une lettre :

Mais le public désobligeant Me traita toujours comme une oie.

Et souvent se donna la joie De me siffler pour son argent....

Tout allait bien, d’ailleurs! ma femme Avait un cortège d’amis Chez qui mon couvert était mis; J’accompagnais partout la dame.

Les cadeaux et les billets doux Soir et matin pleuvaient chez nous...

Mais rien n’est éternel sur terre !

Soudain mon étoile pâlit!..

La princesse un jour prend le lit.

Et le lendemain on l’enterre.

Adieu bombance ! adieu galas !

Adieu rêves de gloire! hélas !

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