‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 104 sur 114 · Littéralement ; si je devance · texte numérisé non relu

Littéralement ; si je devance

ple, ne t'appelle « sultan, » ou « fils du sultan ». Tu m'as menti. Tu n'es probablement qu'un mendiant et tu t'attribues faussement la qualité de sultan. »

— « Je te demande quelle est ton intention, répliqua Djeh’a. Si tu as l'intention de rester 1ci, ne fais pas la folle et reste dans ta maison. Si tu t’'aperçois que tu as perdu la raison et que peutêtre tu es rasassiée de moi, va à la maison de ton père. Je n'aime pas ceux qui, étant d’une condition inférieure, se croient au-dessus des autres. Quant à moi, je suis le sultan de mes frères et 1l m'est impossible de faire une injustice à qui que ce soit. »

— « Je ne croirai que tu es sultan que lorsque tu auras tué ce muezzin qui me réveille chaque malin de très-bonne heure. »

— « Demain je le tuerai, dit Djeh'a. Je t’apporterai sa tête et {u reconnaitras alors si je suis un sultan ou un imposteur. »

Si Djeh’a et la tête de mouton

Le lendemain matin, Djeh'a laissa le muezzin monter Jusqu'au sommet du minaret. Il y alla, le suivit et lui coupa la tête qu'il donna à sa femme

en disant: « Voici la tête de celui qui, chaque matin, te réveillait de bonne heure. »

— « À présent, dit-elle, je reconnais que tu es Sultan. »

Djeh’a alla acheter un mouton qu'il égorgea. II jeta la tête du muezzin dans le puits. Il cacha la tête du mouton qu'il avait tué et la plaça sous un grand plat de bois. |

Vers midi, les gens se mirent à chercher le muezzin. Ils ne le trouvèrent point. Ils montèrent au minaret. Ils le trouvèrent mort, la tète coupée. « Qui donc nous a tué notre muezzin ? » se direntils. Un individu prit la parole et dit: « C'est Si Djch'a que j'ai vu monter ici, ce matin de bonne heure. C'est peut-être lui qui l’a tué. »

Ils allèrent chez Si Djeh'a. Dès qu'ils furent arrivés chez lui, ils lui dirent : « Si Djeh’a, est-ce toi qui as tué le muezzin du village ? »

— « Je ne l'ai pas tué, répondit-il. Que m'a-t-il fait pour que je le tue ? Voyez avec qui il était en mauvais termes ; c’est celui-là qui l’a tué. Quant à moi Je ne l'ai point tué. »

— « L'homme qui t'a vu quand tu es monté au minaret a dit: « c’est lui qui l’a tué. » Toi tu nous fais des mensonges. Nous allons fouiller ta maison, ajoutèrent-ils, pour voir si nous ne trouverons pas sa tête. » Fe. |

— « Passez et fouillez », leur dit Djeh'a.

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