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Si Djeh’a et son burnous
Un jour, Djeh’a alla avec sa femme à la rivière. Sa femme lavait : lui dormait dans une broussaille. Elle lava le burnous de Djeh’a et l’étendit sur un tronc d'arbre. Le burnous se tint droit comme si un homme l’eût revêtu. Survint un des ennemis de Djeh’a qui avait vu celui-ci et sa femme aller à la rivière. Il se dit en lui-même : « Je vais lui tirer un coup de fusil. » Il vint et il vit en arrivant le burnous qui avait été étendu et qui se tenait droit sur un tronc d'arbre. Il crut que c'était Si Djeh’a lui-même qui se tenait-là debout. Il fit feu sur le burnous, l’atteignit et le déchira.
La femme de Djeh'a accourut en pleurant et en poussant des cris. Si Djeh'’a se réveilla et lui dit : « Qu'est-ce qui te prend ? »
— « Un individu vient de tirer un coup de fusil sur ton burnous, répondit-elle. Vois comme il l’a arrangé avec les grains de plomb. » Djeh’a se mit à rire et à danser. « Comment ! s'écria sa femme. Tu n'as pas de cœur. Ton burnous est fripé, et tu ris ! et tu danses ! »
— « Je ris et je danse, répliqua-t-il. Pourquoi donc pleurerais-je ? »