Mot à mot: Qu'as-tu fait
LES FOURBERIÉS DÉ Si DJEH’A 83
le bouillon, mais il ne put pas manger la viande de la poule, tant elle était vieille et coriace.
Le lendemain, Djeh’a absorba encore le bouillon ; il lui fut impossible de manger la viande. Il prit alors la poule et la plagant dans la direction de La Mecque, il se leva pour faire sa prière sur cette volaille. « Que fais-tu là, Si Djeh’a, demanda l'hôte ? » Il répondit : « Je vais faire ma prière sur cette poule ; car cette chair est sans doute celle de quelque saint ou de quelque prophète. Comment se fait-il, en effet, qu'elle soit allée deux fois au feu et que le feu ne lui ait rien fait ? »
Si Djeh’a et la viande
Un jour, 1l acheta trois livres de viande ; il les porta à sa femme et lui dit: « Fais-nous cuire le déjeuner avec cette viande. » Il sortit. Sa femme fit cuire la viande ; elle et son frère la mangèrent. Si Djeh’a rentra et dit : « Où est la viande ? »
Elle répondit : « J'étais occupée à cuisiner lorsque le chat est venu et l’a mangée. »
Djeh’a se leva, saisit le chat qu'il mit dans une balance. Il constala qu'il pesait trois livres.
— « Chienne, dit-il à sa femme, si ceci est la viande, où est le chat? et si ceci est le chat, où est la viande ? »
Le chevreau rôti
Un jour, Si Djeh'a alla déjeuner dans une certaine maison. Le maître de la maison lui servit un chevreau rôti. Djeh'a saisit l'animal et se mit à le manger comme un ogre.
— « Puisque tu es si fort en colère contre ce chevreau, fit l'hôte, c’est à croire‘ que sa mère t'a donné jadis des coups de corne.»
— « Et toi, répliqua Djeh’a, tu t’apitoies sur lui comme si sa mère avait été ta nourrice. »
Si Djieh’a et son fils
Certain jour, sa femme lui donna son fils qui avait alors trois mois et lui dit: « Prends donc ton fils ; moi, je suis occupée. Garde-le moi ainsi jusqu’à ce que j'aie achevé mon ouvrage. » Djeh’a prit l’enfant dans son giron. L'enfant ayant uriné sur lui, Djeh’a le mit à terre et urina sur lui, à son tour. Sa femme le voit. Elle arrive en courant et dit : « Que fais-tu là, Si Djeh'a ? »
— Ce fils de chienne, répondit-il, a p.... sur moi, et moi aussi je p... sur lui. Si un autre que mon fils m'eût fait cela, j'aurais fait c... sur lui.
4, Mot à mot : comme si on dirait.
LÉS FOURBERIES DE Si DJEH’A 85
Si Dijeh’a et ses amis
Ses amis avant entendu dire qu'il était malade vinrent le visiter. Il était couché. Ses amis bavardaient beaucoup‘ et ne le laissaient pas dormir. Alors il se leva, prit son oreiller et leur dit : « Vous pouvez partir maintenant. Je suis guéri. C'est Dieu lui-même qui m'a guéri. »
Si Djeh’a et la marmite
Un jour, 1l apporta une marmite au marché pour la vendre. Les gens lui dirent : « Ta marmite est trouée, elle ne vaut absolument rien. » « Ma mère, répliqua-t-1l, y mettait du coton et la marmite ne coulait pas le moins du monde. »
Si Djeh’a et les gens qui mangeaïient
Un jour, passant près de certains individus, 1l les trouva occupés à manger. Il leur dit : « Que le salut soit sur vous, Ô avares. » — Ils dirent : « Par Dieu, nous ne sommes point avares. » — «( mon