‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 83 sur 114 · Littér. : au ciel · texte numérisé non relu

Littér. : au ciel

— « Allons, mon enfant, partons », fit-elle.

Ils s’en allèrent. En arrivant au village, elle lui jeta les œufs. « O ma mère, dit-il, il pleut des œufs ! » Il les ramassa et les mangea. Ils arrivèrent à la maison.

Ce soir-là, Djeh’a se rendit à l'assemblée et dit : « Moi et ma mère nous avons apporté cliez nous aujourd'hui un irésor. »

(Ceux qui composaient l’assemblée) lui dirent : « À quel moment l’avez-vous apporté? »

— « Nous sommes partis, répondit Djeh'a, au moment où il pleuvait des fèves. Quand la pluie de crêpes est survenue, nous arrivions au trésor que ma mère a emporté. Enfin nous rentrions au village au moment où il pleuvait des œufs. »

— « Bah ! se dirent-ils entre eux, ce garçon est un innocent. Ne prenez donc pas au sérieux ses paroles. »

Dans quel but la mère de Djeh’a avait-elle fait cuire les fèves, les crêpes et les œufs‘? C'est parce qu'elle se doutait que son innocent de fils répandrait la nouvelle. Voilà pourquoi elle fit cuire pour lui des fèves, des crêpes et des œufs. Elle avait calculé que lorsque Djeh'a dirait aux étrangers : « nous avons apporté un trésor », 1l ajouterait: « au moment où il pleuvait des fèves,

4, Littér. : ces choses.

et puis des crêpes, et puis des œufs; » et elle savait que personne alors ne prendrait ses paroles au sérieux.

La pastèque

Sa mère lui dit un jour: « Mon fils, il ne nous reste plus d'argent à la maison. Je ne pourrai pas faire le souper ce soir. Nous allons mourir de faim ! »

— « Mère, répondit Djeh’a, ne crains rien. Je t’apporterai aujourd’hui même un louis d'or. »

Il sortit et alla voler une pastèque dans le potager de son voisin. Il porta cette pastèque au marché.

Chemin faisant, il rencontra un imbécile monté sur une mule.

— « Bonjour, seigneur, lui dit Si Djeh’a, Tu as une jolie mule. »

— « J'aimerais bien mieux avoir une jument ! » répondit l’autre.

— « Tu peux avoir une jument pour un seul louis d’or, » fit Djeh’a.

— « Et comment ferai-je ? »

— « J’allais au marché pour vendre cet œuf de jument, reprit Si Djeh’a en lui montrant la

pastèque. Si tu veux l'acheter, je te le vendrai moyennant un seul louis. »

L'imbécile sortit un louis d’or de sa bourse et le donna à Djeh’a qui lui remit la pastèque et s’en revint chez lui avec son louis d'or à la main.

L'homme continua sa route en tenant la pastèque sous son bras. À un moment donné, la mule fit un faux-pas. L'homme lâcha la pastèque qui roula dans un ravin et alla se briser en morceaux près d'un buisson où se trouvait un lièvre endormi. Quand le lièvre entendit la pastèque voler en éclats, il se réveilla et se mit à fuir rapidement, A la vue du lièvre qui fuyait, l'imbécile s’écria : « Ah! voilà mon poulain qui se sauve ! »

Le cheval fougueux

Si Djeh’a ne savait pas monter à cheval, mais il était bon marcheur ‘. Un jour, le caïd du village le fit appeler et lui dit : « Si Djeh'’a, il faut que tu ailles me porter cette lettre au bey d'Alger. Monte sur mon cheval et dépêche-toi. »

Le cheval du caïd était un animal fongueux que personne ne pouvait monter, excepté son maître.

Page 1