‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 84 sur 114 · Littér. : 14 marchait bien sur ses pieds · texte numérisé non relu

Littér. : 14 marchait bien sur ses pieds

Si Djeh’a, qui connaissait ce détail, se tira d'affaire par un seul mot. « Est-ce pressé, seigneur caïd ? demanda-t-il. »

— « C'est très pressé », répondit le caïd.

— « Dans ce cas, fit Djeh’a, j'y vais à pied ; je serai plus vite arrivé que si je montais à cheval. »

Tout le monde éclata de rire en entendant ces paroles. Le caïd, qui voulait seulement jouer un mauvais tour à Si Djeh’a, lui dit: « Reste ici, tu déjeûneras avec moi. »

Les œufs

Si Djeh’a avait un ennemi qui était marchand d'œufs. Un jour, Djeh'a alla au marché. Il y rencontra son ennemi. « Tu as là de bien beaux œufs, dit-il en s’'approchant de lui »

— « Trêve de railleries, dit l’autre. Si tu veux acheter, achète ; sinon va-t-en. »

Djeh’a acheta deux œufs dans chacun desquels il introduisit adroitement un louis d'or. Puis il dit à son ennemi: « Ecoute. Je veux maintenant faire la paix avec toi, et pour cela, je vais te donner un bon conseil. »

— « Voyons, parle, » dit le marchand.

— « Ne vends pas ces œufs, lui dit Djeh'a à l'oreille. Ils contiennent tous des louis d'or. »

— « Va-t-en, cria le marchand. Tu mens. »

« Je mens ! fit Djeh'a. Eh! bien, regarde. » Et il cassa devant lui les deux œufs qu'il avait achetés. Le marchand resta stupéfait à la vue des deux louis d’or qui sortirent de ces œufs. Djeh’a ramassa les louis, les mit dans sa poche et s'en alla chez lui.

Aussitôt, le marchand prit ses œufs et les cassa tous sans exception. Il ne trouva aucun louis d’or et s'écria : « Que Dieu crève les yeux de Si Djeh’a comme j'ai crevé tous mes œufs ! »

Le loyer

Si Djeh’a avait loué une chambre dans une maison. Le propriétaire de la maison habitait là. Djeh'a ne payait jamais son loyer et faisait toute la nuit du bruit dans sa chambre. Le propriétaire qui ne pouvait pas dormir à cause de ce bruit lui dit un jour : « Pourquoi fais-tu du vacarme toute la nuit dans ta chambre ? »

— « Mon fils, répondit Djeh'a, je dresse des

serpents pour les vendre aux Aïssaouas *. »

1. Confrérie religieuse musulmane très répandue dans tout le nord de l'Afrique. Quand ils donnent une représentation,

— « Tu élèves des serpents dans ma maison s'écria le propriétaire. Eh! bien, tu peux te aller d'ici. Je te fais grâce du loyer, mais démé nage aujourd'hui même. » |

— « C’est ce que je voulais, pensa Djeh’a. D cette façon, je ne payerai pas de loyer. »

Si Dijeh°’a donne à manger aux étudiants

Un jour, Si Djeh’a était resté à la maison ave sa mère. Comme ils n'avaient rien à manger Djeh'a lui dit: « Attends, je vais aller cherche de quoi manger. »

Il se rendit chez les étudiants qu'il trouv réunis *.

— « Venez, étudiants, leur dit-il, je vous donn à manger aujourd'hui. ». Si Djeh’a, qui était leu condisciple *, n’était pas allé ce jour-là à l’école Dès qu'il leur eut dit: « Venez aujourd’hui déjeû

les Aïssaouas se livrent à des danses et à des mouvement désordonnés qui leur procurent, paraît-il, une certaine insensi bilité. Ils mangent du verre et des scorpions vivants, se fon mordre par des serpents venimeux, lèchent du fer chauffé a rouge, avalent des cailloux, etc. sans éprouver, d’après c qu'ils disent, la plus petite douleur.

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