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Littér. : de chez vous

LES FOÜRBÉRIES DE SI DJEH’A 131

ment couverts de fiente. Il les ramassa et les mit dans un coin.

Le troisième voleur étant venu, prit l’âne à son tour. L'âne lui fit ce qu'il avait fait aux deux premiers. Le quatrième voleur vint. L’âne lui fit comme aux autres. Alors le dernier voleur alla trouver ses compagnons et leur dit : « Comment ! Vous avez pris tous les louis d'or et vous ne m'avez laissé que la fiente ! »

— « Îl paraît que Si Djeh'a s’est moqué de nous, lui répondirent ses amis. Venez donc voir nos maisons. »

Ils visitèrent toutes leurs maisons et constatèrent que tout s'était passé de la même manière chez le premier comme chez le dernier.

.— « Allons immédiatement chez Djeh’a, dirent-ils. Nous nous battrons avec lui ».

XL VII La ploche des hôtes

Djeh’a prévoyait qu'ils viendraient le quatrième jour. Il attrapa deux coqs et deux poules, les tua et les fit cuire dans du beurre. Il ajouta à cela un plat de couscous et enfouit le tout dans le sol de la chambre. Il recouvrit de terre ces aliments, les

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laissa là et fit à sa mère ces recommandations : « Mère, aujourd'hui quatre hommes viendront ici. Fais bien attention. Quand ils arriveront, je leur tiendrai compagnie. Toi, je t'appellerai et je te dirai : « Apporte-moi la pioche des hôtes ; » et tu me l'apporteras ».

— «a C'est bien », répondit-elle.

Voilà que les voleurs arrivèrent et dirent :

« Bonsoir, Si Djeh’a. Comment vas-tu ? »

— « Je vais bien, Dieu merci. Et vous, comment vous portez-vous ? »

Ils s’asseyent avec lui et causent. Un moment s'étant passé ainsi, Djeh'a appela sa mère:

« Apporte la pioche des hôtes, lui dit-il. » Elle la lui apporta. Djeh'a la prit. Les voleurs qui regardaient attentivement avaient déjà oublié leur colère.

Djeh'’a frappa le sol avec la pioche. Il enleva le plat de couscous et les poulets cuits dans du beurre.

— « Allons, venez manger, mes amis, dit-il. »

Les voleurs s’approchèrent pour manger. Îls mangèrent. Le repas fini, ils dirent : « Si Djeh’a, ne nous vendras-tu pas cette pioche? »

— « Je ne vous la vendrai pas, répondit-il, car c'est mon père qui me l’a léguée. Quand il me vient des hôtes, je n'ai pas besoin de me fatiguer. Je donne un coup de pioche et 1l s'élève aussitôt

du sol de la chambre un plat de couscous et des poulets cuits dans du beurre. »

— « De grâce ‘, vends-la nous. »

— « Vous êtes des amis fit Djeh’a. Peu importe, je vous la vends. » |

— « Que Dieu te bénisse! Nous te le revaudrons. À présent, dis-nous combien tu nous vendras la pioche. »

«Je ne veux pas vous en demander beaucoup. Donnez-moi seulement cent douros et emportez-là. »

Ils lui remirent cette somme, prirent la pioche et partirent.

En arrivant chez eux, l’un d'eux prit la pioche. Ce soir-là, son beau-frère ? vint chez lui. L'homme prit la pioche et fouilla toute la maison sans rien découvrir. Il mit l'outil dans un coin.

Le lendemain, un de ses compagnons vint et lui dit : « Mon ami, donne-moi la pioche. »

— « Attends, je vais te l'apporter. »

Il alla chez lui et la rapporta. Son ami la prit. Quand il fut arrivé à sa maison, (comme c'était un homme rusé et qu'il ne lui était pas encore venu d'hôte), il se dit en lui-même : « Je vais faire un peu l'épreuve de cette pioche pour moi-même seulement. »

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