‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 99 sur 114 · Littéralement : je ne t’acceple ni toi ni elle · texte numérisé non relu

Littéralement : je ne t’acceple ni toi ni elle

quelque chose et qu'un autre vient la lui enlever, il n’est pas nécessaire de tant discuter '. »

— « À qui as-tu acheté ? » demanda le cadi.

— « J'ai acheté à sa mère. Si un père ou une mère vendent quelque chose à quelqu'un et si leur fils veut reprendre la chose vendue, laisserous-nous alors la chose ainsi ! »

— « Peut-être n’as-tu rien acheté, reprit le cadi. Elle t'aura laissé (faucher) par pure complaisance. »

— « Qu'elle vienne, dit Djeh’a. Qu'elle me jure que je ne lui ai pas donné l'argent et je lui abandonnerai sa prairie; sinon, la prairie que J'ai achetée est ma propriété. »

— « Le cadi s'adressant au fils de la vieille lui dit : « Puisque ta mère a vendu, tout est fini. »

— « Dieu te bénisse, cadi, répondit-il. Du moment que c'est la femme, qui a vendu à l'homme, je n'ai plus * qu’à partir. Je retrouverai Djeh'’a ici . un autre Jour. »

— « Comment? dit le juge. Ta mère a vendu, et toi tu veux exercer un retrait ! C’est ta mère qui t'a mis au monde, n'est-ce pas? Tout ce qu'elle fait est valable pour toi comme pour tes frères, »

— « Merci, répondit le fils de la vieille. Je m'en

vais. » |

1. Supprimez af dans le texte devant nesiouel. 2. Littéralement : voici que moi,

LES FOURBERIES DË SI DJEH’A 159:

Il alla à sa maison et Si Djeh’a retourna à la prairie.

Les fils de la vieille tombèrent sur lui dans le but de le tuer. Il leur échappa. Ils ne le saisirent point. Djeh’a abandonna complètement ce pays et alla se fixer dans une autre contrée. Il amenait avec lui plusieurs personnes quand il venait à cette prairie. Enfin, quand il eut pris toute l’herbe, il laissa la terre nue et dit aux fils de la vieille: « Voilà votre prairie. Faites-en ce que vous voudrez. Quant à moi, je ne voulais que l’herbe :

— « Maintenant, puisque tu as pris l'herbe, lui répondirent-ils, prends donc aussi le terrain. »

— « Je n'en veux pas, dit Djeh'a. Je ne voulais que l'herbe, et je l'ai prise. Reprenez votre propriété. Pour moi, je n’habite plus dans votre voisinage . Depuis le jour où vous avez voulu me tuer, j'ai quitté ce pays. »

Enterrement du père de Si Djeh’a

Le jour où mourut son père, Djeh'’a l'emporta au marché et l'y enterra. Il laissa paraître (hors de terre) un des pieds du mort. Les gens lui

1. Littéralement : moi elle a frappé moi l'intention rien que dans cette herbe.

2, Littéralement : Je n'habite pas même une habitation avec vous. .

dirent : « Comment ! Si Djeh’a, tu laisses hors de terre le pied de ton père ! Qu'est-ce que c'est que cet enterrement-là ? »

— « Quant à ça, répondit-il, chacun sait comment il doit enterrer son père. Cette place, continua-t-il, est le tombeau de mon père, n'est-il pas vrai? Quand je viendrai au marché j'attacherai mon âne au pied de mon père et nul n'aura rien à me dire. »

Un jour, Djeh’a alla au marché. Il attacha son âne au pied de son père et alla * se livrer au commerce de la boucherie *. Il acheta un bœuf maigre. Il le tua, l’écorcha, le dépeça et plaça les morceaux de viande sur une grosse pierre. Tous les autres (bouchers) tuèrent des animaux gras. Ils vendirent et s’en allèrent. Djeh'a resta. Tous ceux qui passaient devant lui crachaïient et continualent leur chemin.

Vers le soir, il resta tout seul. Les chiens l’entourèrent.

— « Voulez-vous l’acheter ? » leur dit-il.

Ils se mirent tous à gronder *. Djeh’a, s’adressant au plus grand de la bande : « Si tu es leur

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