ACTE PREMIER
FOURCHA MBA L'LT.
La piété n'est pas ton fort. Comme il importo que tu sois bien édifié sur la sittialion, j'ai clwi'clu' i^t reirniivo In lollre de Ion oncle. Tiens, lis.
Il lui doiiDe iiiie lettre.
LÉOPOLD, lisant.
« Ile Bouiiion, i;> avril 1877. Mon cher beau-frère, cette » lettre vous sera présentée par mademoiselle Marie Letel- » lier H laquelle toute la colonie porte le plus vif et le plus » respectueux intérèL »
FOLRCHAMBALLT.
Le plus res[tectu<'ux, tu vois.
LÉOPOLD
Elle a huit pages cette lettre. Ce n'est permis qu'à Saint- Preux d'écrire de pareilles épîlres.
Va donc, bavard.
LÉOPOLU.
Pas si bavard que mon oncle. (Lisant.) « Le plus vif et le » plus respectueux intérêt. » (Parlé.) Tu sais que tu nous as déjà dit tout ce qu'il y a là dedans.
FOURCHAMBAIILT.
il [)aiai[ (pir lu l'as oublié.
LliOPOLl).
Moi ? Veux-tu parier que je le récite le tout en vingt mots, signature comprise? — Marie Letellier, vingt-deux ans, née à Bourbon, de père français et de mère anglaise. Ruine et niorl des parents. — Oi'[ilii'liiif iTciicillir |i;ii' vioillr aniic de la
14 LES FOURCIIAMBAULT.
rauiillo. — Ail l)Oiil d'un an, inoil dn vieille aniin qui l^p'ue à demoiselle de compagnie pelile i'erme dans le Calvados. — Légataire part pour France avec irilenlion de liquider petite ferme...
FOURCIIAMBAULT.
Je crois même lui avoir Irouvé un acquéreur à ([uarantc mille francs.
Interromps pas dépêche : Trois mois rayés nuls. — Avec intention de liquider petite ferme et de chercher position d'institutrice comme dans nombre de comédies. — En attendant, hébergée dans maison Fourchambault. — Fourchambault père, qui la croit très-vertueuse, craint que Fourchambault {ils ne la détourne facilement...
Mais saprelotte, elle peut être très-vertueuse et s'éprendre de toi : et toi, je suppose, lui promettant mariage...
LÉOPOLI).
Supposition outrageante ])oiir Foiiicjianibault fils. — Pas gredin, Léopold.
FOURCHAMBAULT, se levant.
Hé, ce n'est pas toujours par grcdinerie (ju'on l'ait ces promesses-là ! On commence [lar pirtcr avec une jolie fille par manière de passe-temps ; sa résistance aidant, le caprice devient de l'amour, l'amour de la passion, et on finit par pidnielifc iiiai'iii;:e de la nieilleiii'e foi i\\\ monde.
iKoroi.i).
C.Miiinic tu conii.ii'- la nialiéi'el ,iui'ais-tii passé pai' là ?