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NIDS SCULPTÉS DANS L’ÉCORCE

Je n’ai jamais vu de nids de fourmis entre l’écorce et l’aubier d’un arbre vivant (excepté dans ses branches mortes) ; c’est du reste à peu près une impossibilité. Il en est autrement du dessous de l’écorce à demi détachée des troncs pourris. Nous avons donc à distinguer deux sortes de nids d’écorce, savoir les nids sculptés dans la couche subéreuse d’une écorce saine, et les nids établis sous l’écorce des vieux troncs ou des arbres morts. Les premiers doivent seuls nous occuper ici à proprement parler.

Dans beaucoup d’arbres, mais surtout dans les pins, les noyers, les chênes, la partie subéreuse de l’écorce atteint une grande épaisseur. Diverses fourmis en profitent pour s’y établir en y minant des cases et des galeries larges et basses; l’épiderme de l’écorce sert de plafond, les portes sont ménagées dans les anfractuosités naturelles de l’écorce. Le genre Leptothorax fait principalement ses nids de cette manière. Ses fourmilières sont pauvres en individus et ceux-ci sont petits. Tout le nid se compose en général d’une ou d’un très petit nombre de grandes cases basses réunies sur un petit espace ; il n’a que peu de courtes galeries. Les L. corticalis, acervorum (dans la plaine), Nylanderi et afftnis vivent presque toujours de cette manière autant que j’ai pu en juger; Vafdnis sculpte cependant aussi son nid dans le bois mort. Les L. tuberum in spec., unifasciatus et interruptus vivent soit dans l’écorce, soit dans le bois mort, soit sous les pieri'es ou dans la mousse; il en est de mêxxxe, je crois, du L. muscorum. Le L. acervorum affectionne particulièrement l’écorce des pins, le L. affinis celle des îxoyers et des chênes ; les autres vivexxt à peu près sur toxxs les arbres indifféremment. Le Temnothorax recedens sait aussi faire son nid de cette nxaxxière, d’après les observations de M. Emery. Le C. marginatus et surtout VH. quadripunctata foixt aussi parfois leur xxid à la xxxode des Leptothorax, mais avec quelques variantes comme nous l’avons vu plus haut. Le Lasius brunneus fait soxx nid dans l’écorce des noyers et d’autres arbx-es ; il en profite pour élever des pxxceroxxs dans ses cases. Mais ses nids soxxt très considérables et occupeixt toute la cix-conférence de gros arbres jusqu’à une

grande hauteur. Ils sont composés d’un nombre considérable de cases, et d’encore plus de galeries sinueuses allant dans toutes les directions sans aucun ordre. Les ouvrières bouchent les vides inutiles avec les détritus de l’écorce, et se servent même de ces détritus pour faire des galeries extérieures couvertes, extrêmement fragiles, ressemblant aux maçonneries en terre; je ne sais si elles emploient le suc d’une de leurs glandes à cet effet; le fait est

i que leur tête est relativement grosse. Les nids du L. brunneus se ramifient le plus souvent dans les parties mortes des arbres, sous l’écorce et dans le bois, ainsi que dans la terre,

, ce qui fait qu’ils ne rentrent pas strictement dans la catégorie dont nous nous occupons.

I On les trouve parfois aussi entièrement sculptés dans le bois mort. Cette fourmi sait du

ii reste faire son nid encore autrement comme nous le verrons, mais c’est l’exception. Le L. emarginatus bâtit très rarement des nids analogues à ceux du L. brunneus ; j’en ai vu

j un ou deux dans l’écorce de grands châtaigners. Le seul nid de la forme intermédiaire i1 L. nigro-emarginatus que j’aie trouvé était ainsi construit dans l’écorce d’un pommier, et avait beaucoup de galeries extérieures couvertes en détritus d’écorce.

Les espèces suivantes : F. fusca et cinerea, F. sanguinea, T. caespitum, L. niger et alienus, et parfois aussi le L. brunneus s’établissent souvent sous l’écorce à demi pourrie des vieux troncs, entre elle et l’aubier. Là les détritus leur servent à se faire des cases et des galeries larges et basses ; elles y mêlent aussi de la terre et d’autres matériaux ; le

nid se continue ordinairement dans la terre ou dans le bois, de sorte qu’il rentre dans les

nids composés que nous verrons plus bas.

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