Partie préliminaire de la doctrine céleste de
Notre Seigneur Jésus-Christ, publiée par le fils de Louis XVI, roi de France, Charles-Louis, duc de Normandie, S. L. 1889, in-12.
Doctrine céleste, « ou l'Evangile de Notre Seigneur Jésus-Chrisl dans toute sa pureté primitive, telle qu'il Ta prêchée lui-même pendant sa carrière terrestre, révélée de nouveau par trois anges », publiée par.... Genève, Gruas, 1839, in-12.
Ces deux ouvrages remplis d'extravagances, n'ont point été écrits par le prétendu duc de Normandie; ils sont l'oeuvre d'un de ses adhérents. Le véritable nom de cet imposteur était Charles-Guillaume de Naundorff. Quérard donne de très longs détails à son égard, dans ses Supercheries littéraires .
IlERCIAT (Andréa de).
Littérateur français un peu aventurier ; après avoir passé quelques années en Allemagne, il mourut en 1800, enfermé au château Saint-Ange où les Français, maîtres de Rome, l'avaient jeté comme émissaire de la cour de Naples. Il pouvait parfois raisonner juste, mais il était livré à une monomanie libidineuse qui lui inspira un grand nombre d'ouvrages parfois de longue haleine et bien plus qu'erotiques. Nous nous dispenserons d'en transcrire les titres.
EUFGERMAIN (Louis de1'.
Poète français dont le cerveau était un peu dérangé ; il figurait comme une espèce de fou aux abords de la cour de Louis XIII, et il se qualifiait lui-même de « poète hétéroclite de Monsieur, frère unique de Sa Majesté. » Grand faiseur d'acrostiches il entassait les idées les plus bizarres dans ses écrits qui ont été réunis sous le titre de : Poésies extraordinaires et irrégulières conceptions. Paris, 1630- 1637, 2 vol. in-4°. Tallemant des Réaux a parlé de ce pauvre insensé : - Il porte une longue barbasse et aime fort à faire des armes. <> M. Viollet le Duc en a dit quelques mots dans sa Bibliothèque poétique, t. I, p. 475. Voir aussi le Dictionnaire de Bavle, et la Bibliothèque française de l'abbé Goujet.
EUMANN (F.-J.-B.)
Illuminé prussien; vivait dans les premières années du siècle. Quoique Inspector und oberprediger à Templin, il se laissa entraîner à d'étranges rêveries qu'il exposa dans deux ouvrages allemands : Sur la nature des choses, essai astronomique, chimique, physique et philosophique. Berlin. 1810; Coup-ctœil sur les mystères des desseins de Dieu sur le genre humain depuis la créât ion jusqu'à la fin du monde. Strasbourg, 1810, in-8°.
Newton (ïsaac).
Il faut bien classer cet immortel génie parmi les visionnaires , puisqu'il se laissa entraîner à d'étranges illusions dans ses commentaires sur Daniel et sur l'Apocalypse. Londres, 1733; traduit en latin, Amsterdam, 1737. D'après le système d'interprétation qu'il avait inventé, il traduit les expressions du prophète hébreu ; * un temps, deux temps et la moitié d'un temps » par 1260 années solaires, et prenant pour point de départ l'an 800 de notre ère, il fixe vers l'an 2060, la destruction de la papauté. Dans le commentaire sur l'Apocalypse. Newton s'attache surtout à déterminer la date de la destruction du monde actuel, et la venue d'un monde nouveau où régnera la justice.
« On s'est souvent demandé ce qui avait pu con- •» duire un esprit si sévère, si mathématique à s'oc- « cuper de pareilles études. Les uns y ont vu le « déclin du génie de Newton, les autres ont pensé « qu'il avait cédé aux entraînements du temps où il « vivait. Aucune de ces suppositions ne nous parait « fondée. Newton, comme tous les hommes qui ont " fait de grandes choses, se croyait investi d'une « mission divine; cette croyance se fortifiant avec « les progrès de lage, cherchait un aliment dans - les prophéties de la Bible, où les nombres qui " avaient fait le tourment et le bonheur de sa vie, " jouent un si grand rôle » (Hoefer, Nouv. Biogr. générale).
ICHOLAS Henry).
Visionnaire qui, vers 1574, se mit à la tète d'une secte qui prit le nom de la « Famille d'amour (Famil yof love);» il prophétisait, annonçait l'avènement d'un nouveau Messie, et il ouvrait la porte à bien des excès.
Cette secte donna lieu à d'assez nombreux écrits indiqués dans le Bibliographers Manual de Lowndes aux articles Knewster, Love, Nicholas, T. Rogers; elle subsista longtemps puisqu'en 1641, paraissait la Description of the Sect called the Family of Love ivith their common place of Résidence. Un édit daté du 7 juin de la 22e année du règne d'Elisabeth condamna au feu les écrits de Nicholas et menaça de punir ceux qui les posséderaient. Nicholas était d'origine hollandaise, et les traductions anglaises de ses divers ouvrages sont, pour la plupart indiquées comme : Translated ont of Base almayne.
OYES ,John Humphrey).
Américain qui s'attribue le don de prophétie ; il a fondé la secte des Perfectionnistes ou Communistes bibliques, lesquels se piquent d'emprunter leurs théories à la Bible ; ils prétendent avoir établi sur cette terre le gouvernement divin ; ils placent les deux sexes sur un pied complet d'égalité ; ils déclarent que le mariage est un vol et une fraude,
ainsi que la propriété ; ils ne reconnaissent aucune législation humaine. Ils sont établis à Oneicla Creek, sur le parcours du chemin de fer central de New- York. Le nombre des prosélytes est d'environ 300. On trouve à l'égard de cette secte ultra-socialiste des détails curieux et fort peu connus, dans un volume publié à Grand en 1869 : La Nouvelle Amérique, traduction de l'anglais avec une préface et labiographie d'Hepworth Dixon parPhllarète Chasles. Tout chez les Perfectionnistes, jusqu'aux actes les plus insignifiants, est signalé comme une inspiration du ciel.
ETTINGER (Frédéric-Christophe), visionnaire allemand ; épris des doctrines de Swedenborg, il traduisit quelques-uns de ses ouvrages ; il entreprit de révéler au monde entier les mystères de la philosophie -des Hébreux, des prophéties d'Isaie, etc.; ses écrits parurent de 1739 à 1763. Voirie cat. Ouvaroff, n° 130
EIL! L'œil typographique offert aux hommes de lettres de ïun et de Vautre sexe (sic, l'auteur ne pouvant digérer la femme de lettres), et notamment à MM. les correcteurs, protes, sous-protes, etc. Paris, Firmin Didot frères, 1839, in-8", 34 pages.
Brochure où s'entassent toutes sortes d'idées in.
cohérentes et bizarres, exposées dans un style des plus étranges. En tête une planche lithographiéeoù il y a du grec, de l'arabe et de l'hébreu.
EUVRES de £ Esope de Saint -Germain en Laye, dédiées à V humanité. Causes célèbres de Saint- Germain en Laye, s. 1., 1764, in-8°, 318 pages.
Nous n'avons jamais rencontré ce volume ; qui, selon le cat. Luzarche, 1869, n° 4700, présenterait des documents assez curieux, sous une forme incorrecte et bizarre qui peut faire placer l'auteur parmi les fous littéraires.
'KELLY (Charles).
Souvenirs d'Agnès de Bourbon, ou les Coquilles de l'orphelin de Bordeaux, esquisses de la mer et de ï avenir par un enfant de la mer, naturalisé irlandais-français, Charles -Denis -William O'Kdlv Parrell, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et dit le comte Charles O'Kelly, pour la dernière fois. Paris, Hivert, 10 avril 1832. XXXII et 88 pages.
Production inspirée par un royalisme exalté, embellie de blasons symboliques et qui révèle une tête mal équilibrée. Contentons-nous d'en transcrire quelques lignes prises au hasard : « Charmantes « Bordelaises, au teint argenté, vous penserez par- » fois peut-être à l'auteur des Souvenirs d Agnès ; « vous direz (s'il échoua : ce fut un fou, mais son
» cœur fut pourtant pur; ainsi, consolations pour « les siens, et los siens s'en ressentiront, car des - vœux de femmes, oui, oui, portent tôt ou tard « bonheur à ceux qui en furent l'objet. »