‹ Les fous littérairesChapitre 8 sur 11 · O OC RATE · texte numérisé non relu

O OC RATE

Devons-nous placer dans notre galerie ce philosophe célèbre? Faut-il le regarder comme écrivain?

Il existe, sous son nom, des lettres insérées dans le recueil des Epistolographi grœci, pp 609 et suiv. de l'édition revue par M. H. Hescher. (Paris, Didot, 1872, gr. in-8° xxxvi et 853 pages;; malheureusement elles sont, à bon droit, envisagées comme apocryphes. Faut-il ranger le maître de Platon . parmi les hallucinés à cause de son démon ou esprit familier. Question fort controversée; Plutarque, Maxime de Tyr, Apulée, s'en sont occupés; un physiologiste des plus distingués a repris le problème; tout on rendant à Socrate le plus bel hommage, M. Lelut, dans un écrit publié en 1836, le déclare formellement atteint de monomanie. C'était un grand réformateur, un apôtre, mais en même temps un halluciné, un visionnaire.

OOUBIRA.

Cet aliéné avait été notaire près de Cahors; il se persuada qu'il était l'Apôtre d'Israël, le Messie de l'univers, le Lion de Judas, etc., il exposa ses insanités dans un grand nombre d'opuscules; Quérard en a indiqué vingt-huit [France littéraire, IX, 210) ; il suffira de citer les titres de quelques-uns : La Fin du monde prédite par Soubira, son époque fixe, celle de lu, venue du Messie d'Israël et du premier jour du nouveau paradis; VÉtemité du globe terrestre, etc.

M. Delepierre nous apprend que Soubira s'était, tout comme d'autres visionnaires, fort occupé du

nombre 0(30 cite dans l'Apocalypse. Il fit imprimer deux ouvrages à cet égard, l'un en 1824 (9 quatrains précédés de plus de 200 pages de prose); l'autre daté de 1825, 18 couplets ou stances de 5 vers; à la fin de chaque vers le nombre mystérieux. Donnons d'après M. 1). un échantillon de cette poésie :

Les banquiers de la France 666

Des organistes de la foi 666

Kl des concerts de la cadence 666

Vont accomplir la loi 666

Et contre-miner l'alliance 666

OOUTHCOTE (Joanna).

Book {The) ofioonders, (Le livre des merveilles). Londres, 1813-1814, in-8°.

Cette visionnaire avait, dès 1792, commencé à prophétiser, et en 1802, il parut une continuation de ses prédictions; indiquons parmi ses écrits remplis d'extravagances :

Dispute entre la Femme et. les puissances des ténèbres. 1802 ; Communications divines et spirituelles. 1805; Avis au monde. 1804; Pleine assurance que le royaume de Dieu est proche. 1805. Elle Trouva de nombreux adhérents l'absurde est toujours certain de recruter des adeptes).

Elle mourut en 1815. Aujourd'hui nul ne s'en souvient.

OTELLING (dont le vrai nom était Jean-Henri Jung).

Visionnaire allemand ; nous connaissons de lui : Voyages par terre et par eau; Souvenirs des pérégrinations dun chrétien dans les quatre parties du monde; Série de lettres écrites en 1797 et en 1798. Nuremberg, 1799, in-8°, xxxvi et 153 pages. Nous laissons de côté quelques autres ouvrages.

OTEWART (William Hamilton).

A new System of Nature on the basis of Holy Scripture. Glascow, 1801, 2 vol. Nous citons cet ouvrage d'après M. Delepierre; fauteur s'est proposé de mettre d'accord la Bible avec les découvertes scientifiques ; il affirme, entre autres nouveautés, que l'air et l'eau sont chimiquement la même chose, que toutes les substances terrestres ne sont que des formes diverses de l'or, etc.

OUENCKFELDIUS (Caspar).

Illuminé allemand qui vivait au milieu du xvin,e siècle et qui latinisa son nom Schwenefeld; c'était alors un usage fort répandu. Il publia, sans lieu ni date, un petit écrit de 22 pages dans lequel il formulait des doctrines étranges : De duplici statu, officii et cognitione Christi, videlicet secundum carnem et secundum spiritum. Cet opuscule fut sup-

primé, et il est devenu tellement rare qu'on a signalé comme unique un exemplaire qui, après avoir paru dans diverses ventes, a été payé 150 francs à celle de M. le baron J. P'** (Pichon).

Schwenefeld a laissé d'autres écrits du même genre, notamment le Novus homo, daté de 1543 et publié sous le nom de Valentinus Cravaldus ; ils sont fort peu recherchés et encore moins dignes de l'être.

OWEDENBORG (Emmanuel).

Nous ne pouvons donner ici qu'une mention succincte à ce célèbre théosophe suédois; né en 1688, mort en 1772. Il a été l'objet de nombreux écrits en allemand, en français; une partie d'entre eux est énumérée dans l'article très développé que lui a consacré M. P. Louisy, Nouvelle Biographie générale, t. XLIV, col. 000-703; contentons-nous de citer: M. deBeaumont-Vassy : Swedenborg, ou Stockholm en 1766. Paris, 1842, in-8\ et M. Matter, Êrri. de Swedenborg ; sa vie, ses écrits et sa doctrine. Paris, 1803, in-8o. Voir aussi: Erdan, France

mystique.

Swedenborg affirme que le Seigneur lui a fourni l'occasion de converser avec les esprits des terres autres que la notre, pendant des journées entières avec quelques-uns, durant une semaine avec d'autres et avec plusieurs des mois entiers.

Les hommes qui habitent la planète Jupiter ne

marchent pas debout ; ils ne rampent pas non plus à la manière des animaux; ils se soutiennent de leurs mains pour s'élever à moitié sur leurs pieds et ainsi alternativement ; à chaque troisième pas ils tournent la face de côté et regardent derrière eux en fléchissant un peu le corps. Ils ne montrent jamais le dos. Ils se couchent toujours la face tournée à l'opposite de la muraille le long de laquelle le lit est posé.

Les habitants de Mars ne parlent pas par la bouche, mais parles yeux.

Les habitants de Vénus sont d'une taille gigantesque, triple de celle des hommes.

Les habitants de la Lune poussent la voix du ventre et non des poumons; ils font en parlant un bruit de tonnerre.

Faute d'espace, nous laissons de côté : les Délices de la sagesse dans t 'Amour conjugal, volume de 500 pages, fort ennuyeux, du reste, où Swedenborg raconte ce qui lui fut révélé dans les bosquets célestes par « les trois épouses couronnées de roses et par les sept épouses sur lesquelles tombe une pluie d'or. »

Les écrits de Swedenborg sont fort nombreux ; ce visionnaire était, comme la plupart des aliénés de ce genre, atteint de la manie d'entasser volume sur volume; il a trouvé des sectateurs qui ont traduit ses élucubrations en diverses langues, qui ont cherché à propager ses doctrines. On peut consulter: la France littéraire de Quérard, le Manuel du Li-

braire de J.-Ch. Brunet; Lowndes, Biblîographer's

Manuel, p. 'Sh>:\-'J7C>i> -, le catalogue Ou varoff.

HEOPHILUS (Christophorus).

Pseudonyme adopté par un illuminé alle- $$J mand demeuré inconnu ; il reste de lui un volume publié à Francfort en 1760 (in-8°, XXVIII, 238 pages et une pi. allégorique): Systema theologicomysticum [le litre seul en latin); le reste peut se traduire ainsi : ou Victoire mystique des douze apôtres sur le péché, la mort, le démon, V enfer, le monde, la chair et le sang , exposée en sept chants, par la théosophie, la pneumatologie, Vhodosophie, lapantologie, la christophie, la cabale et la magie. Un autre ouvrage en allemand de cet aliéné parut à Francfort en 1762 : Y Aurore de la sagesse, les trois principes, ou origine de toutes choses dans le mystère de la sagesse.

I ORM CH A VIGNY (l'abbé).

Cet ecclésiastique, qui habite la Saintonge, s'est attaché à l'interprétation des centuries de Nostradamus; il a publié à cet égard divers ouvrages des plus étranges. Nous citerons Y Influence de Nostradamus sur le gouvernement de la France depuis 1555 jusqu'à ce jour. Paris, 1878, gr. in-4°, 56 pages et 8 photographies; Xostradamus écrivain de

l'histoire prédite et jugée. 187 '8, in-folio ; Prophéties d'OlivariusetdOrvalinterprétées'parNostradamiis, recherches et commentaires.

I OWIANSKI (André).

Illuminé Polonais contemporain; comme bien d'autres, il se posa comme un apôtre, comme le révélateur d'une religion nouvelle, le Messianisme (on a singulièrement abusé du mot Messie) ; un des traits caractéristiques de cette doctrine, c'était le culte de Napoléon, regardé comme un envoyé de Dieu, comme un être au dessus de l'humanité; le but connu de peu d'adeptes, était la réunion de toutes les races slaves sous la domination de la Russie. Le poète Mickiewitz dont nous avons déjà parlé, fut l'une des dupes de Towianski qui lui inspira les plus absurdes extravagances.

Two years after... Deux ans après et ensuite, ou la guerre qui approche entre les puissances de l'Europe et autres événements futurs tels qu'ils sont annoncés dans l'Ecriture. Londres (vers 1860), 192 pages.

C'est l'œuvre d'un halluciné dont la raison s'est égarée en méditant sur l'Apocalypse ; la septième coupe de désolation a été répandue sur la terre; Rome sera détruite en 1866; l'empereur de Russie subjuguera toute l'Europe, et voudra conquérir l'Inde, mais l'armée anglo-saxonne, réunie dans la

vallée de Josaphat, s'opposera à ses projets ; au moment où une bataille décisive sera sur le point de s'engager, la trompette de L'archange retentira dans les cieux, et le Fils de l'homme descendra au milieu des nuages.

L'auteur de ces prédictions écrit avec la bonne foi la plus complète.

[ALLEE (Geoffroy).

;ÏÂ La Béatitude des chrestiens, ou le fléo de ]la fou. In-8°, 8 feuillets, sans date.

Œuvre d'un fou âgé de 18 ans, qu'il aurait fallu envoyer dans un hospice, et que le Parlement condamna au feu le 9 février 1574.

L'arrêt est inséré dans les Nouveaux Mémoires de d'Artigny, t. II, p. 278, et dans les Archives curieuses de Vhistoire de France, t. VIII. Vallée eut l'imprudence, au milieu de ses divagations, d'attaquer les papistes, de s'indigner contre ceux « qui « au lieu de méditer et contempler chaque jour qui « c'est de l'Eternel et de l'homme, n'ont les mots de - justice, de charité, de religion, qu'en leur bouche •' et leur bourse «

Voir : les Mémoires de Sallengre; Du Roure, Analectabiblion, t. II, p. 31; Peignot, Dict. des livres condamnés; Delepierre, p. 33, et surtout le Bulletin du bibliophile, 10e série, pp. 612-622.

L'édition de ce livret fut brûlée avec l'auteur ; il

n'échappa, à ce qu'il parait, qu'un seul exemplaire qui, après avoir été payé 851 et 510 francs en 1766 et en 1784 (prix énormes à cette époque), entra clans la bibliothèque de M. de Méjanes, léguée à la ville d'Aix (1).

Ce livret a été réimprimé à Bruxelles (librairie Muquardt) en 1867 à 120 exempl. (petit in-8°, xvm et 16 pages avec un avant-propos, signé : Un bibliophile (Gustave Brunetï.

ANE (Sir H.).

Visionnaire anglais, publia en 1655, un volume in-4°, dont le titre peut se traduire ainsi : Les Méditations de rhomme dans la retraite, ou le mystère et le pouvoir de la divinité brillante dans le monde vivant pour démasquer t ancienne lumière et justification de la nouvelle lumière; témoignage donné à ce siècle.

Hume a parlé de cet écrit et l'a déclaré : absolutely inintelligible ; le Westminster Review qui le mentionne avec détail, (n° XXXIII, july 1832, pp. 111 et suiv.), qui en transcrit de longs passages, y trouve des pensées profondes et parfois de véritables beautés.

Vane fut le chef d'une secte qu'on appelait les seekers (les chercheurs) et qui attendaient des manifestations surnaturelles. L'évêque Burnet qui l'en-

(1) Consulter au sujet de cette riche bibliothèque le volume publié en 1824, par M. Rouard.

tendit prêcher à diverses reprises, convient qu'il neput réussir à le comprendre; il professait le millenarisme et faisait partie des Hommes de la cinguiême monarchie . Ses opinions sur le salut définitif de imites 1rs créatures paraissent avoir été celles d'Origène. Malheureusement pour lui il voulut se mêler à la politique active ; compromis dans une des conspirations que le parti républicain organisa après le retour de Charles II, il fut jugé au Banc du roi et condamné à mort en 1662 ; il mourut avec la plus grande fermeté.

A M. M (Lucilio).

Il n'avait pas la tète bien saine, ce malheureux Italien qui, après avoir erré dans une partie de l'Europe, fut en 1617 condamné à mort par le Parlement de Toulouse et exécuté comme athée. Nous ne nous arrêterons d'ailleurs ni à sa vie, ni à ses. ouvrages d'obscure philosophie, que M. Rousselot a traduit en français (Paris, 184P, à l'égard desquels les Dictionnaires biographiques et le Dictionnaire des Sciences philosophiques contiennent d'amples détails. Signalons une étude intéressante de Victor Cousin qui, après avoir paru dans la Revue des Deux Mondes, en décembre 1843, a été insérée dans les Fragmentsphilosophiques . Consulter aussi : de Mercey, Revue de Paris, 20 juin 1841; Bùhle, Hist de la philosophie , traduct. franc., t. II, p. 739; V Encyclopédie nouvelle, pp. 588-592, etc.

1 AUGHAN KENEALY (Edward).

The Book ofGod {Le livre de Dieu) ; The Apocalypse of Adam Omnes [Adam tous). Londres, Trubner, in-4°.

L'auteur se désigne par un pseudonyme dont il y a sans doute fort peu d'exemples, 0 ; il fit suivre son livre de deux autres volumes : Introduction to the Apocalypse, et Commentary on the Apocalypse, le tout sans date, mais le troisième volume fut mis au jour au mois d'octobre 1870; il faut y joindre une continuation qui parut en livraisons séparées, et qui ne forme pas moins de deux volumes : Enoch, The Second Messenger of God; on trouve dans ces cinq volumes une vaste érudition mal digérée; on se montrerait sévère en qualifiant l'auteur d'aliéné, mais il tombe dans l'illuminisme ; son but est de former une religion universelle qui embrassera les Chrétiens de toutes les communions, les Musulmans, les Bouddhistes, les adorateurs de Brahma et de Vichnou.

WINTRAS (Pierre-Michel).

Visionnaire normand qui voulut, il y quarante ans environ, fonder dans le Calvados, une religion nouvelle; il eut des sectateurs, des défenseurs, des adversaires; Quérard, dans ses Supercheries littéraires, est entré, à l'égard de ce faux prophète parfaitement oublié, dans des détails très étendus ; il suffit d'y renvoyer.

«▼ Vv\W- Hluminé, fondateur de ÈR^^Môthodistes, né en 1703,

ESLEY (John)

le la secte des mort en 1791.

Ecrivain fécond, il publia en vers et en prose un grand nombre d'ouvrages dont Lowndes {Bibliogr. Manual, p. 2875), donne la longue énumération, en indiquant aussi diverses apologies, critiques et biographies (parmi lesquelles on distingue celle que composa un écrivain éminent, Robert Southey). Renvoyons d'ailleurs à la Nouvelle Biographie générale, t. XLVI, p. 080 et aux ouvrages qu'elle indique.

EZEL (J.-D.) Fécond romancier allemand, né en 1737, mort en 1819; à l'âge de 39 ans il tomba dans une aliénation complète, fuyant toute société, laissant croître ses cheveux et ses ongles ; il croyait être dieu. On le laissa imprimer quelques-unes de ses élucubrations sous le titre de : Opéra dei Wezelii. W. S. des Gottes (Delepierre, p. 08).

Walt whitmann.

Littérateur américain dont il est question dans le Correspondant, 25 novembre 1877.

L'esprit d'individualité, l'exaltation du moi, le principe d'orgueil et de révolte, conduisent à la perte de la raison dans le nouveau monde tout

comme dans l'ancien ; en France rien de plus commun. Il a paru à Londres en 1868, une édition des écrits du personnage dont il s'agit et qui, né en 1819, s'intitule le poète national. On y trouve toutes les inepties écloses dans la cervelle de ces aliénés qui se proclament eux-mêmes grands hommes et réformateurs universels. Un des recueils de l'Américain, est intitulé : Leaves of grass {Feuilles d'herbes), Chants démocratiques, Chants du départ [Songs for parting).

L'auteur s'exprime ainsi :

« J'ai l'idée de tout, je sais tout.

« Je suis divin en dehors et en dedans ; je rends divin tout ce que je touche ou tout ce qui me touche. Ma tête est plus que les églises, Bihle et symbole de foi. »

X y a-t-il pas là tous les symptômes de la démence dont, depuis 1830, nous avons vu de si ridicules exemples ?

l'RTZ.

Chanoine à Lyon, mort en 1826, il a publié deux ouvrages.

UAppolyon de l'Apocalypse. 1816, et les Précurseurs de V Antéchrist. 1818. L'un et l'autre ont eu plusieurs éditions; il est des gens qui trouvent un grand plaisir à lire pareilles extravagances : Wnrtz, cédant à son excitation cérébrale et aux passions politiques de l'époque, se fit des en-

Demis nombreux ; on aurait dû hausser les épaules, on se fâcha. Renouvelant des théories qu'on croyait abandonnées, Wurtz attribue aux agissements du démon les prétendus miracles du diacre Paris, les effets du magnétisme et surtout les crimes de la Révolution. Que n'aurait-il pas dit s'il lui avait été donné de voir les tables tournantes, les jongleries des spirites et le règne de la Commune ?

ILLE (Daniel).

Illuminé allemand; le catalogue Ouvaroff, n° 110, indique de lui un volume de 417 p. imprimé à Francfort en 1738; le titre contient du grec et une citation de la première Epitre aux Corinthiens ; on peut le traduire en l'abrégeant par : Témoignage de la vérité selon la mesure de la grâce.

'IRGMAN (Thomas-.

Consulter à son égard : Y Essai de M. Delepierre, p. 103; on y trouvera quelques renseignements sur la Grammaire des cinq sens, cours de métaphysique inintelligible basé sur trois idées principales, le temps, Yespace et V éternité. L'auteur avance avec une conviction parfaite que lorsque ses idées seront universellement adoptées, « elles ramèneront •• la paix et l'harmonie sur la terre et remplaceront - le crime par la vertu. »

Wirgman écrivait encore en 1837, et dans une

demande qu'il adressait pour obtenir une chaire de philosophie à l'Université de Londres, il s'écriait: « Tant qu'il me restera un souffle de vie, je ne ces- « serai de communiquer à un monde nouveau la * source du bonheur. »

IRONSKI (Horne).

Philosophe et mathématicien visionnaire, né en 1798 à Posen, mort en 1S53 à Neuilly ; après avoir servi sous le drapeau de la Pologne, il se livra avec ardeur à dos études transcendantes qui égarèrent sa raison.

Il prétendait créer une religion universelle, refaire les sciences mathématiques, organiser la politique sur des bases nouvelles ; il se posait comme Messie et comme un autre Newton ; il se vantait de révéler la théorie définitive des nombres, et de donner la solution de l'existence de la matière dans ses trois états; solidité, liquidité, fluide aériforme. Parmi les divers écrits très nombreux que multipliait son infatigable fécondité, fort obscurs et parfaitement oubliés, nous citerons : le Messianisme, union finale de la philosophie et de la religion constituant la philosophie absolue (Paris, 1831-39, 2 vol. in-4r) et le Secret politique de Napoléon comme base de l'avenir moral du monde (Paris, 1837, in-8°). Ces titres suffisent pour indiquer l'étrangeté des idées qu'ils exposent. Nous avons dit un mot de la querelle de AVronski avec son disciple, le ban-

quicr Arson de Nice, contre lequel il dirigea de très mordantes brochures.

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