L'APPAREILLAGE PENDANT LA GUERRE
Dès le début de la guerre, en 1914, les premières grandes batailles amenaient un afflux de blessés ; les disponibilités en matériel du service de santé de 1" ligne étaient rapidement épuisées. Ce fut l’ère des improvisations plus ou moins heureuses. De tous temps d’ailleurs, la nécessité a poussé le Médecins de corps de troupe à utiliser les éléments habituels, les épaves mêmes du poste de secours. L'emploi des drmes du Liessé comme agent principal d'immobilisation est aussi ançien que la guerre elle-même.
Capur (1) 1 signale à nouveau dès septembre-191% : l'Im- mobilisation des fractures en chirurgie de guerre. Nous en retrouvons la mention dans tous les manuels d’infirmier ; dans tous les opuscules qui traitent du service de santé en première ligne. La plus complète à notre connaissance est celle du D° BaApBiN dans sa « Pratique du poste de secours avancé ». Il opère de la facon suivante : il télescope le fourreau de la baïonnette dans le canon du fusil. Il coude à angle droit les 10 derniers centimètres du fourreau. Il applique alors le fusil contre le côté blessé ; le pontet au niveau de la hanche. La crosse-vient dans l’aisselle ; le canon prolongé par la baïonnette dépasse la plante de quelques centimètres : sa portion coudée reçoit la traction extensive fixée par ailleurs au pied ; la contre-extension est confiée à la bretelle du fusil, enroulée en spica autour du côté sain et conservant son attache à la crosse axillaire. Quelques tours de bande complètent ce sommaire appareillage.
Les attelles, des branches, une chaise, le fil de fer peu-
4) Presse médicale, t. XXII, n° 66, 9 septembre 1914, p. 617-18.
(2) Note sur les appareïls de fortune, de fabrication extemporanée, pour la contention et l’immobilisation des membres en campagne. Rapport de J.-L. Faure. — Société de Chirurgie, t. XLI, n° 14, 14 avril 1915, p. 877, et Presse Médicale, 20 avril 1915, t. XXIIT, n° 17, p. 180.
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vent rendre un service analogue ; MATIGNON insiste sur leur importance.
Miorcéc préfère des attelles de bois entoilées (1).
Léox BiNeT dans son « Guide du Médecin au tranchées » énumère les moyens précédents ; il place au premier rang l'utilisation des fragments de gouttières de toit en zinc, quand il en trouve. Leur malléabilhité et leur longueur lui paraissent, plus que tout autre, favorables à l’immobilisation.
En réalité, il s’agit là de pis aller ; leur usage est tolérable en l'absence de tout autre moyen pratique ; leur invention est seulement la traduction de cette nécessilé,- imposée aux médecins de {® ligne, d’un appareillage pratique et rationnel.
Gouttières. $ KE
Le service de santé crut répondre à cette nécessité par une ample distribution de gouttières. Celles-ci avaient été construites selon 3 principaux modèles :
1° Gouttières d'aluminium, modèle Delorme :
2° Gouttières en fil de fer :
3° Gouttières en zinc laminé, Raoul Deslongchamps. Ces gouttières font partie, théoriquement, des procédés où la contention de la fracture plus ou moins réduite doit assurer l’immobilisalion.
En principe, on garnit abondamment la gouttière de coton ; on y enfouit, puis comprime le membre fracturé, grâce à un serrage vigoureux des lacs circulaires. En pratique, les résultats vont à l'encontre du but poursuivi.
Heine écrivait déjà, après la guerre de 1866 : « J’ai vu de
nombreux exemples d'immobilisation insuffisante par les
gouttières » (2). La statistique de Fiscner (1870-71) mentionne sur 8 Cas de fractures du fémur transportées en goulttières : 5 morts et 3 guérisons accompagnées de raccourcissements de 12, 10 et 5 centimètres. Pendant la guerre actuelle, les mêmes défauts reparaissent dans les mêmes circonstances. En premier lieu, dépourvue de point de fixation pelvien, la
(1) Gouttières improvisées pour le transport des blessés atteints de fracture de cuisse. Archives de Médecine et de Pharmacie Militaires, t. LXVI, p. 394.
(2) Die Schussverletzüngen der ünterea extremitäten. |
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