‹ Les Fractures de Cuisse du Champ de Bataille à l'AmbulanceChapitre 21 sur 40 · AN 2 EE · texte numérisé non relu

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tiques : la guêtre amovible est un bon procédé, mais long à appliquer, et trop souvent elle fait défaut ; la broche introduite perpendiculairement au niveau du talon entre le pied ct la chaussure est plus rustique, mais la transfixion à travers le talon de la chaussure est pénible ; si l’on essaie d’autre part de passer entre l’empeigne et la peau, cela ne se lail pas sans danger pour les ftéguments, D'autre part, comme la guêtre, la broche peut être égarée.

Enfin l'appareil du début présentait un grave défaut pour le 1% transport : il laissait le membre malade reposer directement sur la toile du brancard. La jambe et le talon. chassés par le contact de la toile hors de l'appareil, surplombaient le plan horizontal passant par les attelles. La force de traction était déviée de sa bonne direction ; la réduction n'était plus maintenue. Un vice de technique dans la pose de l’appareil venait fausser le principe même de l'appareil, en annjhiler les qualités primordiales. L’adjonction d’un chevalet pédieux, le pied de Sinelair est venu surélever l'extrémité dislale de l'appareil et remédier à ces inconvénients : mais €e support, indépendant lui aussi de l'appareil, comme la guêtre; comme la broche, subissait lui aussi une dissociation trop fréquente d'avec lui. Le membre retombait sur le brancard viclime des secousses du transport et d’une extension faussée. >

C’est en considérant les inconvénients du Thomas ortginel et l'impossibilité de l'utilser tel quel pour le 1” transport que divers auteurs en éltudièrent les transformations possibles, dans le but de le rendre plus praticable à l'avant.

Appareil de BLAKE. — Dès Je 2 juin 1915, J. À. B1AKE, de New-York, faisait communiquer à la Socicté de Chirurgie, par Th. Tuffier, la description d’un appareil simp'ifié : Un appareil pour le traitement des fractures compliquées du fémur pendant la querre (1). Get appareil se compose d’une barre de fer rond de 9 millimètres de diamètre, pliée de manière à former 2 attelles, une pour chaque côté du membre. Ges attelles sont réunies par une portion en forme de crosse oblique et recourbée qui porte sur l'ischion. Cette portion

pelvienne n'existe pas en avant, aussi l'appareil est-il mis

(1) Soc. Chir., t. XLI, ne 21, 2 juin 1915, p. 1188.

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très facilement en place, glissé sous le membre, Une courroie et une boucle remplacent le demi-cercle antérieur. Une pédale, mobile sur … barres latérales, les réunit et se fixe grâce à 2 boulons, à la distance voulue. Elle permet l’adaptation de l’appareil à loutes les tailles ; on l’applique contre le pied grâce à une guêtre spéciale, on la fait glisser le long des tiges latérales jusqu’à réduction de la fracture. On blo-

que à ce moment. Quelques lacs constituent un hamac sous

le membre fracturé, l’extrémité de l'appareil s'attache à une petite potence qui devrait être fixée à la hampe du brancard.

Cet appareil a été reconnu comme peu pratique à l'avant.

Son seul avantage sur le Thomas est l'ouverture de l’appa- 2 l'a

reil par suppression du demi-cercle antérieur, Mais i! exige par ailleurs des manœuvres spéciales qui en ralentissent la pose : il faut déformer l'altelle de manière à exhausser extemporanément la future branche externe : il faut modeler la crosselte sur la forme approximative de l’ischion ; le réglage de la traction par la pédale estioujours laborieux.

Enfin la courroie, qui ferme l'appareil à la racine de la cuis-

se, comprime le {triangle de Scarpa, gône Ja circulation, in-

convénient sensible Sur un membre fracturé et infecté grave en cas de plaie haute où le lacs risque de porter di-

rectement sur les parties (raumatisées.

La suppression de l'anneau rigide à la partie supérieure, la dissociation des attelles latérales à la portion inférieure enlèvent à l’ensemble la solidité, la rigidité mécanique particulièrement appréciables pendant-un transport-exposé aux plus rudes cahots, et qui constitue un des gros avantages du Thomas. Ce jeu considérable laissé par Ta crossette et

la pédale, seuls moyens d'union des attelles, rend l’appa-

-reil de Blake impropre au rôle d’immobilisateur à l'avant.

Les mêmes reproches, atténués, peuvent être adressés à un autre appareil, très ultérieur, celui de Wallace Magbury. l'extrémité pelvienne est d’un Tnomas, l'extrémité pédieuse

d’un BLACKkE ; d’où difficultés d'introduction de l'appareil et

manque de rigidité des attelles. {(Musée du Val È Grâce. Modèle envoyé le 15 Mars 1917).

Ces modèles ne se répandaient pas-sur le front fran-

(1) Arqurer et Tanron. — I, Appareillage des fractures de guerre. Paris 1917.

Appareil d'Alquier. Par contre, on voyait apparaitre à la \V® armée une modification du Thomas par Alquier {de Chäjons). Cet auteur obviait au seul danger du Thomas primitif ,sa ehûte sur le brancard, en lui annexant de façon indissoluble, un support pédieux. Celui-ci, rabatltu pendant le stockage est tiré à angle droit avant la pose de l'appareil. 2 hamacs en tôle, un crural, l’autre jambier, amovibles,

complètent cette variante du Thomas.

Appareil de Lardennois. — À la IT Armée, Lardennois, après plusieurs essais, aboulissait à une transformation

beaucoup plus radicale du Thomas. Il poursuivait un triple but : 1° Permettre l'ouverture de ‘lanneau pelvien pour en facititer l'introduction ; le reconstituer ensuile pour conserver à l'appareil son homogénéité mécanique. 2° Rendre la suspension de l’extrémilé pédieuse automatique, indépendante des oublis ou de la négligence d'un infirmier surmené ou inexpérimenté ; 3° Adapter la forme des attelles à celle

de la cuisse entourée d’un pansement grâce à deux artifices, obliquité plus prononcée du plan de l'anneau pelvien sur les attelles ; convexilé légère de leur partie supérieure pour dégager Ja cuisse ; rapprochement de leur partie inférieure pour rendre plus immédiate la fixation de la jambe. L’appareil, tel qu'il est figuré dans la nomenclature du service de Santé de 1917, se présente comme suit :

Un anneau supérieur pelvien ; 2 attelles jambières cintrées dans leur 1/3 supérieur, se confondant à leur extré-

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imité pédieuse el présentant à ce niveau l’encoche de 0,05 centimèires ; 2 consoles longues de 0, 22 cent: sont fixées au niveau du pied à chaque altelle ; leur grand axe en est orienté à angle droit sur elles ; elles dépassent de chaque côté de 0, 11 cent., par conséquent ; distance plus que suffisante pour interdire tout contact entre le talon et le plan de sustentalion.

Les 3 parties sont en acier rond étiré de 10 miHimètres de diamètre ; elles sont soudées les unes aux autres à lPautogène. L'ensemble en est parfaitement résistant grâce à cette homogénéité.

La partie pelvienne est une ellipse dont le plan forme avec l’axe des altelles un angle de 135° : la jambière externe se détache donc à 65° sur le cercle ; angle plus aigu que celui du Thomas. Gelte-modification est dictée par le souci de maintenir lé-parallélisme avec la direction générale de los iliaque par rapport au fémur, de manière que, dans labduction légère sur le brancard, celte inclinaison forcée - -ainène plus rapidement le contact entre l’ellipse et la fosse iliaque externe, et secondairement s'oppose beaucoup plus

__ vite au glissement périnéal de la jambière interne. L’ellipse ‘Supérieure, au point de vue construction mécanique, se décompose en 4 pièces : petit arc externe coiffant la jambière externe, et muni d’une mortaise à chaque bout ; petit arc interne dénivelé pour épouser la forme de lischion et

dont les extrémités sont fraisées par moitié et présentent un goujon ; deux grands arcs un en avant, un en arrière, unissant les petits ares précédents ; Hs s’articulent de façon fixe en dehors grâce à des tenons engagés dans les mortaises de “Vare externe ; en dedans, ils présentent un fraisage par moitié opposé aux fraisages de l'arc interne. Cette dernière articulation, mobile, est fixée grâce à 2 tubes à mouvement de baïonnelte, engagés sur un petit tenon ; ces tubes sont retenus par des chaînetles aux extrémités de l'arc interne.

Notons que la garniture du cercle pelvien est supprimée ; sur le Thomas où elle est habituelle, elle est rapidement salie après quelques transports ; parfois déchirée. D'ailleurs elle est inutile sur le blessé habillé, dont les vêtements forment un rembourrage suffisant. Il serait facile de la recons-

tituer en présence d’un blessé nu, avec une couche de coton maintenue par quelques tours de bande.

Cet appareil, qui avait fait ses preuves à la III* Armée, en Avril 1917, fut accepté à l’unanimité par la Commission des

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chefs de centres de fractures, réunie le 43 septembre 1917. sur convocation du sous-secrétariat du Service de Santé, pour choisir une série d'appareils destinés au service de l'avant. Comme le démontrail son auteur, il réunissait toute une série d'avantages, à la fois rationnels : (rigidité, ouverture de l'anneau supérieur, suspension automatique et fixalion du pied) ef pratiques : (Bilatéralité, légèreté, simplicité de pose excluant l'emploi compliqué de vis et boulons ; bon marché de construction en séries).

Aussi les chercheurs, guidés par le succès de ces appareils à extension, s’orientent désormais vers des combinaisons entre les appareils existants plus que vers de nouvelles transformations.

P. CRUET avait déjà publié en Mars 1916 la description d'un appareil à la fois destiné à l'extension et au soutien du membre. Il s’agit d’une combinaison entre l'appareil à extension de Roux et la suspension en hamac de BLACKE (1).

Dans la même voie : adjonction à l'extension de la contention, 3 tentatives remarquables ont été essayées : cellés de POULIQUEN, celle de Descomps, celle de PÉCHARMANT.

Appareil de Pouliquen. — Le POULIQUEN, inventé dans le service d'Herrz BOYER à Châlons, a été présenté à la Société de chirurgie le 10 octobre 1917 (1). Il utilise la gouttière de DELORME, pourvue d'une demi ceinture thoracique, privée de là portion pédieuse. Un bâtis en bois l’encadre en dehors. en bas et incomplètement en dedans. Le bâtis constitue une puissante el longue attelle externe, donnant à l'appareil sa rigidité, el une barre transversale de traction à quelque dislance de la plante du pied. La contre extension est confiée à un boudin calé sur l’ischion, embrassant la branche ischiopubienne, attaché par ses extrémités à la pointe supérieure de l’attelle externe. Le membre repose sur la gouttière, moyen de contention plus parfait, semble-t-il, que le simple hamac. Il est intéressant de noter, en passant, l’analogie de ce bâtis avec la grande attelle de DEsAULT, perfectionnée par REECH, analogie que n'a sans doute pas soupconnée son au-

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(1) Paris Médical, t. VI, n° 8, 19 février 1916, p. 202, (2) Bulletin. Soc. Chirwrg., n° 30.

Le Lardenois en place. — Sur la table d'opération : il repose sur ses consoles. Au lit : il réalise l’extension combinée à la suspension. Pendant le pansement, il permet les manipulations nécessaires tout en maintenant l’immobillsation.

teur ; la figure ci-contre esl une illustration de cette répétition à distance des mêmes solutions aux mêmes problèmes.

Le Pouliauen à rendu de réels services. Il assure une bonne-extension et une contention solide. Mais la gouttière

ramène la brutalité de cette contention, absence de suspension, la dissimulation des signes des complications graves intercurrentes : hémorragie, œdème. De plus, la rectitude

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