‹ Les Fractures de Cuisse du Champ de Bataille à l'AmbulanceChapitre 23 sur 40 · NA RE · texte numérisé non relu

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diaphyse fémwioraie, en première ligne, depuis elle, jusqu’à l’ambulance.

Les Anglais recommandent exclusivement le Thomas renforcé, en fer rond de 9 à 12 millimètres de diamètre, stock à prendre dans les tailles moyennes. Suspension par le « pied de Sinclair » ; traction à la guêtre ou à la broche.

Les Américains aboutissent à des conclusions analogues: Thomas complet (analogue au précédent), mais dont la suspension se fait grâce à une potence annexée à la hampe du brancard ; cependant en toute première ligne, ils semblent préférer le Half ringed Thomas’s Splint, dont un analogue est l’attelle de Keller : il s’agit d’un appareil de Thomas dont on a supprimé le demi-cercle pelvien antérieur ; le 1/2 anneau postérieur restant est fixé à la racine de la evtsse par une courroie et une boucle, comme dans le Blake ; suspension et traction comme dans le Thomas,

La nomenclature française témoigne d’un éclectisme beaucoup plus large, en apparence. Nous passons sous silence les procédés d’hospitalisation, les excellents appareils de Patel, de Guénard, réservés aux traumatismes coxofémoraux et du bassin. Pour le poste de secours, la brochure signale tous les vieux appareils en stock : attelles et gouttières de tous modèles ; elle fournit la technique détaillée de l’utilisation du store suivant Perdu, Jeanbrau ; elle préconise un seul appareil d'avant : le Lardennoïis.

Donc en 1918, 3 modèles restent en ligne : THOMAS, HALF THomaASs, LARDENNOIS. — Le THoMmas est un bon appareil solide, maniable, mais dont nous-connaissons les inconvénients : difficulté de pose sur un blesé encore chaussé : disso- --ciation trop fréquente de l'appareil et de son support pédieux. Le HALFr RINGED THOMAS’S SPLINT remédie-t-il à ces inconvénients ? Sa pose est facilitée par la disparition du demi anneau antérieur, mais à quel prix ? Nous lavons déjà constaté pour le Blake : si la courroie de fixation n’est pas serrée, l’appareil tourne ; si elle le fixe solidement, elle comprime le triangle de Scarpa et cette compression est loin d’être indifférente pour un membre déjà susceptible de s'œdémalier par infection ; elle dévient un danger dans les plaies du 1/3 supérieur où le lien appuie directement sur le foyer du traumatisme. D'autre part, pour obtenir linterchangeabhilité de côté (droit ou gauche), le 1/2 anneani supérieur est relié aux tiges jambières par une articulation en chape qui en permet la bascule. L’homogénéité mécanique

de l'appareil est compromise par cette mobiltié du paint d'appui pelvien déjà privé de sa rigidité par la suppression du demi-cercle antérieur. Enfin l’appareil ne possède pas plus que le Thomas un moven propre de suspension. L’accrochage de la portion pédieuse à la polence du brancard sera maintes fois oublié ; nous l’avons constaté trop souvent pour les supports pédieux au cours des dures journées de la campagne 1918.

Le LARDENNOIS enfin, conserve la solidité du Thomas. L'ouverture facullalive de son anneau sur Je côté interne en permet la pose avec le minimum de mobilisation ; elle lui confère donc, au moment opportun, les avantages du Half Ringed Thomas's Splint. L'augmentation du diamètre de cet anneau, crée rapidement un point d'appui sus-trochantérien, qui empêche l'appareil de glisser sur le périnée ; l’obliquité plus considérable de ce cercle aboutit à elle seule à en faciliter la pose et à entraîner forcément la mise, en abduction de l'appareil, conditions nécessaires à l’ohlention des points d'appui pelviens normaux : ischion et fosse iliaque externe. L’incorporation indissoluble à l'appareil des 2 consoles fixes oblige automatiquement à la suspension du ha- Mac-el au maintien de l'extension en bonne direction. Comme Je disait son auteur en présentant l'appareil à la Société Médicale de la ITI° Armée: « Je ne prétends point que ces consoles procurent toujours une parfaite stabilité. Mais leur claudication même, si elle se produit, a l'avantage de rappeler impérieusement, à l’appareilleur pressé et bousculé, la nécessité de cette suspension parfaite pour obtenir le bon fonctionnement de l’appareil. Très commodément, elles coniribuent à faciliter cette suspension et la fixation de l’appareil au brancard. » >

Est-ce à dire que cet appareil représente la solution parfaite au problème posé au début de ce chapitre : Telle n’est point sa pfétention. Quelques critiques lui ont d'ailleurs été opposées :

Descomps lui a reproché sa gracilité ; Sans doute avaitil en mains un des modèles ayant servi aux premiers essais et où le diamètre de l'acier était seulement de @ millimètres. Le modèle définitif entièrement constitué d'acier étiré de 9 millimètres est plus solide qu'un Thomas, L'encombrement créé par l’adjonction des consoles fixes aux jambières a été aussi critiqué : cet argument, valable à la rigueur pour 1 ou 2 appareils isolés, est encore moins sensible à mesure

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que croît la quantité en stock. Pour 6 appareils déjà, l'imbrication facile des tiges l’une sur l’autre laisse à peine dépasser quelques centimètres au-dessus et au-dessous du plan des attelles longitudinales. Un des points faibles de l’appareil est le mode de fermeture de l'anneau supérieur ; il a d’ailleurs été imposé par la nécessité d’une fabrication rapide, en pleine guerre, et par des ouvriers peu expérimentés. Les 2 petits tubes de cuivre qui viennent recouvrir les articulations de l'arc interne sont attachés par une chaînette : celle-ci peut se briser, accident assez fréquent; la virole peut alors à son tour tomber et s'égarer. Il faut ligaturer l'articulation avec un tour de bande, après fermeture de lanneau, pour éviter un démontage spontané en cours de route. Enfin et surtout, le Lardennois, comme le Thomas, comme le Half Ringed Thomas’'s Splint réduit mal les frac- ‘ures sus-condyliennes, parce qu'il ne fait la traction qu’en

extension ; dans les cas particuliers de fractures hautes, il

faut recourir à quelques artifices, et régler spécialement le hamac en tendant davantage les bandes sous la cuisse et moins sous la jambe ; on arrive ainsi à obtenir ur degré satisfaisant de flexion. |

Aussi y a-t-l eu 3 tentatives, à notre connaissance, essayant de remédier à ces imperfections. Toutes trois essayaient d'obtenir une contention plus parfaite ; l’adaptation de l'extension aux différents modes de traction Suivant le niveau de la fracture ; enfin la plicature des portions saillantes (cercle supérieur, support pédieux) pour diminuer le volume des stocks.

Sur l'initiative du Service de Santé, une réunion de 5 chirurgiens spécialisés dans le traitement des fractures, mit sur pied un projet d'appareil dont on établit quelques modèles : mais la fabrication en série et sa vulgarisation ne purent être obtenues pour 2 raisons spéciales : 1° son établissement prévoyait l'usage presque exclusif du fer plat, introuvable à ce moment de la guerre ou réservé à l’industrie de guerre ; 2° La complication des quelques appareils en service leur faisait constamment préférer par les médecins de l'avant le Lardennois ou même le Thomas.

Nous connaissons déjà la 2° et la 3° tentatives : celle de Descomrs et CRuz d’une part ; celle de PÉCHARMANT d’autre part. À notre avis, la nécessité de faire la traction sur pédale, d'introduire l'appareil de dedans en dehors, de faire un réglage par mouvements successifs de 4 boulons, les

adapte beaucoup moins que le Lardennois au service de Pavant.

Que ‘penser d'ailleurs en pralique des améliorations théoriques énumérées plus haut ?

Pour obtenir la contention, il faut de foule évidence ajouter de nouvelles attelles plates ou arrondies au Lardennois. C’est compliquer et alourdir lappareil : Ja fracture d’ailleurs est peut-être mieux contenue que dans le hamac ; mais le bien-être du blessé n’y gagne rien. Pour ne pas rapidement devenir plus nuisibles qu'utiles, les nouvelles attelles postérieures doivent pouvoir s'adapter aux différents côtés, aux différentes lailles, aux différentes variétés de fracture. Cette

nécessité amène la création de coulisses, d’articulations ; la

conséquence en est un réglage difficile et compliqué ; l’inap- Hitude au service de Pavant. ; ss

Pour diminuer le volume des appareils en stock, on pourrait aussi rabattre le cercle supérieur et les consoles. I1 sufirait de les articuler en.chappe perdue sur les attelles jambières ; mais la solidité de l'appareil y perd, par suite, ses qualités de bon immobhilisateur ; ‘en outre, pour les consoles, nous avons déjà souligné l'opportunité de leur position fixe ; elle seule peut obliger systématiquement l'opérateur à établir suspension et traction en bonne direction.

Le mode de fermeture supérieure de l'anneau pourrait, lui aussi, être changé et peut-être sans inconvénient. Nous proposerions volontiers la solution suivante : substituer aux 2 tubes de cuivre, aux 2 viroles de l'arc interne un seul tube laillé en biseau à ses extrémités, engainant Fare interne et mobile par glissement de celui-ci ; ses extrémités décou-

vriraient et recouvriraient, suivant le degré de rotation, les

articulations de l'arc interne avec les 2 autres arcs antérieur el postérieur ; les mouvements en dehors et en dedans et par conséquent la perte du tube ne peuvent se produire ; il est retenu en place par l'attelle interne engagée dans une gorge médiane de ce {tube unique.

Moyennant cette légère Modification, l'appareil de Lardennois nous semblerait fout à fait adéquat au service de Pavant. En ui d'ailleurs, depuis son apparition, en 1917, il s’est montré un des seuls dont les : perfectionnements n'aient pas ste si au prix de complications incompatibles avec ce service.

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