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inférieure de plusieurs degrés à la normale ; la pression minima est aussi plus basse, écart entre les chiffres qui mesurent l’une et l’autre est nettement diminué ; il en est de même pour l'amplitude des oscillations à chaque valeur de pression ; parfois même, il devient impossible d'observer aucune oscillalion à la radiale et l'on peut être obligé de placer le manchon au niveau des bras pour obtenir un élément visible d'appréciation. Fréquemment enfin, le blessé est en proie à des nausées pénibles ; souvent il vomit à l’occasion d’un mouvement ou de l’ingestion de quantité même minime de liquide ; c'est un symptôme dacidose généralisée. $
Cet état de dépression physiologique peut s'aggraver au point de compromettre progressivement l'existence même du blessé ; les observations de fracturés de cuisse arrivés ino-pérables cu même morts de shock dans les ambulances chirurgicales, en sont la preuve. | Sn
Il est donc nécessaire, de loute urgence, d'organiser la lutte contre cetle complication. S'il est difficile d'en supprimer les effets, peut-être pourrons-nous en retarder l’éclosion, en limiter le développement. Les moyens prônés par les différents auteurs au cours de la campagne 1914-1918 ont été nombreux. Leur multiplicité même et, parfois, la durée éphémère de leur vogue rendent compte de l'incertitude des indications {hérapeutiques théoriques auxquelles elles ont répondu.
Ces indications ont suivi fidèlement les variations de la doctrine palhogénique du shock, variations particulièrement nombreuses el radicales en l'espèce. La faute en est au manque de précision du mot shock. Comme lécrivait le Professeur LEJARS (1) dans le « Nouveau traité de pathologie générale », Le shock n'est qu'un terme compréhensif qui demande à être analysé. .
À vrai dire, celte étude analytique avait été entreprise depuis longtemps. Mais avant la guerre 1914-1918, les auteurs avaient surtout en vue les cas d’inhibition qui suivent immédiatement ou à très court intervalle, les traumatismes
et en particulier les traumatismes opéraloires ou l’anesthésie.
(1) BoucuarD et RocEer. — Tome Tp:912:
= Pie EX
Gette étude du shock nerveux postraumatique, les conditions qui favorisent son éclosion ; des lésions nerveuses qui l'accompagnent, à été surtout l'œuvre de CRILE ef des Américains. Or la moëlle osseuse est une des zones électives de production du shock ; le combattant est soumis aux excitations brulales, visuélles, auditives, psychiques considérées par le Professeur ROGER comme prédisposantes au shock (1) et reproduites par CGRITE dans ses expériences. Aussi a-t-on naturellement pensé à rattacher le shock de ces grands traumalisés aux conceptions acquises. EL pour obtenir une suppression où fout au moins la diminution des irritations périphériques, causes présumées du shock, a-t-on d’abord préconisé l'emploi d'anesthésiques capables de « bloquer » les centres nerveux. La morphine a été particulièrement employée. SAN- TY (2), MoxérY et LOMBARD (3) ont publié des séries d'observations de grands blessés, ainsi traités dès le poste de secours. HS lui attribuent-une bonne part du mérite des cas heureux.
Nous v avons personnellement renoncé sur les conseils - de notre chirurgien consultant d'armée, témoin d'accidents survenus dans des cas analogues. D'autre part, la découverte des phénomènes d'intoxication et d'acidose chez les shockés nous auraient fait abandonner cette pratique par crainte des dangers des anesthésiques et, en particulier des alcaloïdes de lopium chez de pareils malades.
Dès 1917, l'habitude de juger de l’état général d’un blessé par l’étal de son pouls, la mesure de sa tension artérielle, Paspect de son facies ; sa température, oriente les recherches vers les théories cardiovasculaires, Celles-ci trouvaient leurs bases dans les notes anciennes de BRoWN-SEGUARD et d’AR- SÉNAL; dans les travaux du Professeur ROGER (4).
Ces travaux et d’autres plus récents mettaient en lumière chez les shockés toute une série de phénomènes : abaissement de la température ; abaissement de la pression arlérielle ; déperdilion du sérum dans le tissu intersliliel, inhibition, « Syncope », des échanges.
Dès lors, on remédie à labaissement de la tempéralure par l'invention de procédés multiples de réchauffement ; appareils spéciaux, chambres, cellules chauffantes.
(1) Rocer. — Introduction à l'étude de la Médecine. Réactions sensitives, p. 226.
(2) Le traitement à l’avant du shok chez les grands blessés, Lyon Ohirurgical, janvier-février 1917, t. XIV, n° 1. (3) Archives de Médecine et de Pharmacie Militaires, mars 1918. (4) RoGEer. Le Shock nerveux. PRerue de Médecine. juillet -août 4916, p- 442.