SAR
On essaie d’enrayer la chüte de la pression arlérielle de diverses facons : En premier lieu, on s'adresse aux {onicardiaques : caféine, spartéine et surtout ‘huile camphrée dont l'emploi commodeet facilement renouvelable, la faible toxicité, asSurent la faveur sous forme d’injections sous cutanées ‘le 40 à 40 centimètres cubes ; linjection intravemeuse précoce en élail même recommandée plus tard par Le Moïrc- NIC, puis GAUTRELET 6 SÉZARY (1).
En second lieu, ‘on ‘essaie de relever cétte pression par lPaugmentalion Ge la masse sanguine grâce à l'injection sous cutanée el surtout intraveineuse de sérum physiologique ; en troisième lieu, les vasoconstricteurs et, en particuher, l'adrénaline sont indiqués : ils rétrécissent le calibre des vaisseaux et devraient ainsi contribuer au même résullat. Enfin on s'oppose à la déperdition du sérum dans le
tissu intertiliel en augmentant la viscosité des solutions in-
lravasculaires par Tintroduction dans les vaisseaux de sé- TUMS LONIMEUX. Se
iGonlre linhibition des échanges, conséquence des phénomènes précédents, el mécanisme intime du shock dans cette théorie pathogénique, on Tutte d’une part en favorisant l’irrigalion bulbaire par la position déclive ; d'autre part en fournissant ‘directement à l'organisme les ‘éléments principaux dont il est momentanément privé, sous forme de sérum glvcosé, de sérums à extraits multiples, plurilandulaires ®)
Vers le milieu de 1918 l'analyse des phénomènes du shock était assez complèle pour permettre au Professeur
QUÉNU de dissocier un shock primitif ; et des shocks secon-
daires, d'origine variable : nerveux, hémorragique, infeclieux, toxique. A chacune de ces catégories aurait dû correspondre un trailement particulier dirigé contre l'élément reconnu prédominant dans la production de cet état de dépression. En réalité, il s'agissait là d’un véritable démembrement du shock tel que le comprenaient les auteurs anciens.
Désormais, la question est posée de telle sorte que, par définition, les sujets profondément anémiés par une brusque et grande hémorragie, ceux qui sont accablés par un très
violent traumalisme, chez lesquels PEÉO TERRES immédia-
‘(1) Académie des Sciences, 18 février 1918. Société de Biologie, à
25 mai et 8 juin 1918.
(2) Descowrs, — Société de Chirurgie, 24 juillet 1918.
Sur :e PO
tement cles phénomènes de dépression ner veuse ; Ceux ‘qui sont dans un état de collapsus survenu d'emblée, mais par-fois éphémère ; ceux qui sont en proie à une infection plus ou moins bien déterminée, sont rejets du groupe des shockés (1).
En «effet, après la conception nerveuse du shock. après Sa Conception cardiovasculaire, triomphait une conception toxhémique Sous l'influence des idées du Professeur QUÉNU les auteurs se lançaient dans cette nouvelle voie. Ils avaient comme base les travaux anciens du Professeur DELBET sui l'analogie Symptômalique du shock peptoné et du shock traumatique ; sur le rapport expérimental existant ‘entre l'introduction dans l'organisme de produits d'autolysat musculaire et la production d'un syndrome comparable au Shock. Dès la 2° conférence interalliée (14 novembre 1917), BowLBY avait signalé la-diminution de lalealinité du sang chez les shockés. Ces modifications du chimisme du sang des grands blessés étaient attribuées par certains auteurs anglais et par Bazx el VaLLée à des péhnomènes foxiinfectieux précoces. D'autres continuaient el complélaient ces études (MARQUIS, CLOGNES et DiIntER) par comparaison des phéno- - nènes chez les blessés légers «et chez les shockés ; parallèlement, P. DUvaL et GRIGAUT mettaient en évidence, cher ces blessés, la libération brutale de da réserve azotée «des cellules musculaires et les processus secondaires de fermeéntations autolytiques et microbiennes. Cette rétention azotée aboutirait à l'insuffisance hépatique.
Contre les cylotoxines parties du fover lraumalisé, lut- . tent tous les éléments dont l'organisme dispose normalement Contre ces poisons. Le foie en particulier, avec ses réserves --de glycogène, fournit les principes «essentiels ‘de cette défense. Mais il se inouve que, chez le combattant, ces réserves de glycogène, déjà entamées par le jeùne el la fatigue, peuvent êlre rapidement épuisées : ainsi apparaîtrail le shock. ve
Aussi les moyens thérapeutiques antérieurs passent au 2° plan : réchauffement administration de sérum, d'huile camphrée sont utiles sans doute : mais ils doivent céder Ja place à la préoccupalion de premier plan : intervenir chirurgicalement le plus vite possible pour Supprimer où :ex-
(1) Moresrix. — Compte rendu des travaux -de la Société de Chirurgie pendant l’année 1918. 22 janvier 1919,
purger au plus tôt le fover traumatique où Ss’élaborent ces poisons.
En pratique, cette indication est déjà posée chez le fracturé de cuisse peur de multiples raisons déjà connues ; ce nouveau plaidover en faveur de l'évacuation rapide sur le centre opératoire ne peut malheureusement contribuer à abréger d’une minute les délais imposés par les difficuliés de la relève. Est-ce à dire que nous soyons désarmés dans cette lutte contre le shock au poste de secours ? Nous ne le pensons pas. En effet, dans ces « {oxhémies lraumatiques dépressives » (QUÉNU) l'apparition des signes du shock confirmé est relalivement tardive. Cette altaque de l'organisme ne se déclenche, plusieurs heures après Ja blessure, qu'après une longue préparation. Quels sont les éléments de cette préparation ?
Avant d’avoir la cuisse brisée, le combatlant est monté en ligne ; il à fourni une ou plusieurs étapes, travaillé de la pelle et de la pioche aux parallèles de départ ; pendant latlaque, il a dû progresser rapidement sous une charge considérable ; à peine parvenu à l'ohiectif, épuisé par l'effort physique et moral que représente celle dernière phase, il a dû recomiImencer à lerrasser, organiser sommairement son nouveau posle ; monter-ses gardes, coopérer au ravitaillement en munitions, prendre part aux contre-attaques, aux palrouilles. Soumis à ce surmenage exceptionnel, il dort peu et mal ; son alimentation est réduite à quelques conserves froides ; comme boisson, de multiples raisons le rationnent fréquemment à ses provisions personnelles : deux litres de café, un litre d’eau coupée d'alcool.
Epuisé physiologiquement, cet homme est alteint par un projeclile ; sa cuisse est fracturée ; mise à part la douleur, inappréciable objectivement, causée par la blessure, il perd fréquemment sur le lerrain, une nolable quantité de sang, insuffisante peut-être pour créer chez lui le syndrôme de lanémie, mais capable de diminuer encore sa résistance au shock (1).
Dès lors, le fracturé de cuisse doit attendre sa relève sur un terrain {oujours soumis au feu.
Privé de ses cadres habituels : chefs ef camarades, il s’inquiète ; immobilisé dans un trou parfois boueux, il se refroidit rapidement. La longue procession dans la nuit, sur épaule de brancardiers, sous la protection insuffisante
(1) Clovis Vince. — Société de Biologie, 19 octobre 1918, p. 881.