‹ Les Fractures de Cuisse du Champ de Bataille à l'AmbulanceChapitre 36 sur 40 · LE POSTE D'ÉVACUATION · texte numérisé non relu

LE POSTE D'ÉVACUATION

En pratique, où et comment pourrons-nous fournir aux fracturés de cuisse les soins étudiés dans les chapitre précédents ?

-Nous avons déjà vu, dans le simple exposé de la question. toute une série de raisons, militer en faveur de l'étape médicale sise au niveau du G. B. D.

Dans un secteur où les péripéties de la lutte sont tant soit peu sévères, c’est le premier poste dont les conditions malérielles de confort et-de sécurité relatives autorisent un Stationnement du blessé. Jusqu'à lui, arrêter le blessé serait souvent l’exposer à de nouveaux risques de guerre ; et d’un autre Côté les tentatives thérapeutiques dans un poste rudimentaire, exigu, mal éclairé, ou dans une sape d'accès incommode, seraient dans la majorité des cas très illusoires.

Enfin, bien souvent la bousculade, l'encombrement au niveau de ces postes de bataillon ne laisse pas au personnel sanitaire réduit el surmené le loisir et le calme nécessaires à un examen médical complet ; à 11 mise en œuvre des moyens (hérapeutiques qui en découlent.

Le &. B. D. au contraire est déjà situé en dehors de l’agitation de la bataille ; il est pourvu réglementairement d’un personnel nombreux et d’un matériel abondant — de moyens de transport multiples, hippique et automobile — De plus. 2 raisons importantes obligent en règle générale tous les blessés divisionnaires à y passer : d’une part c’est à ce niveau que. ies automobiles sanitaires s'avancent pour embarquer les blessés à destinalion des ambulances ; d'autre part. c'est là que se fait le contrôle numérique et nominal, admi- nistratif, des effectifs engagés dans l’action et évacués sous un prétexte quelconque.

On pourrait objecter que cel échelon sanitaire est déjà trop à l'arrière ; que le contrôle médical y apparaît superflu puisque le blessé doit être transporté directement de 1à à l’ambulance. Mais il ne faut pas oublier que l'étape représentée par le transfert automobile est long et dangereux : dans la majorité des cas il représente une randonnée de plusieurs heures sur des routes en mauvais état. t

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Or, le blessé doit stationner quelques minutes au GB I] est naturel de superposer au contrôle administratif un conlrôle médical capable d'éviter au fracturé les risques el les souffrances de la dernière élape.

Nous savons maintenant par quels moyens : immobili5ation, hémostase, traitement préventif du shock et de l’infection grave. Cependant, notre description serait incomplète si nous n'y joignions pas la descriptions des précautions à prendre au cours de l’'embarquement. Celles-ci sont nécessaires si l'on veut empêcher le parcours automobile d’annihiler rapidement la thérapeutique instaurée au G. B. D.

Rappelons simplement d’abord qu'une fracture de “uisse est une des blessures qui commande le plus impérieusement l'urgence du traitement chirurgical. Par conséquent, en cas de secteur calme, il ne faut pas craindre d'utiliser une voiture pour un seul de ces blessés ; on ne devra jamais RTOlonger son attente au G. B. D. sous prétexte de compléler le chargement de l’auto sanitaire.

De plus, le choix de la voiture, de la place dans cette voi- Lure ; du brancard lui-même ; de la façon de l'installer sont loin d'être indifférents.

La voiture doit être bien suspendue, souple et très stable : autant qu'il sera possible, on éliminera les voitureltes trop légères ou trop rapides où les moindres cahots se transforment en soubresauts, et en oscillations exagérées ; les voitures un peu lourdes à plusieurs places sont préférables ; surtout si elles sont suffisamment chargées. Le poids y neutralise une bonne partie des heurts et s'oppose aux embardées de la voiture.

Dans la voiture, les places inférieures, situées au niveau de la banquette, sont moins soumises que les supérieures aur mouvements ne la carrosserie ; on devra dons des réserver aux grands traumatisés, aux fracturés de cuisse. Cette situalion présente en outre l'avantage de rapprocher le plan de décubitus du tuyau d'échappement des gaz, moyen de: chauffage habituel des voitures sanitaires.

Cette question du réchauffement des blessés pendant le trajet a été très étudiée et tentée de multiples façons. Nous avions résolue de la façon suivante : emploi pour les grands blessés de Prancards-couchettes : un matelas de crin 3amovible, fixé sur le brancard et recouvert d’une toile cirée empéchait le refroidissement bien connu au niveau de la toile du brancard et augmentait le confort de ce lit improvisé.

Deux pierres ou briques, modérément chauffées, placées entre les jambes du blessé, prolongeaient pendant le trajet l’action du réchauffement fait précédemment. Il nous a toujours élé facile de constituer des réserves de ces briques ou pierres et de les chauffer à un foyer quelconque du G. B. D.

Par contre nous nous sommes toujours opposés au chauffage de la voiture par un réchaud surajouté ; la fermeture hermétique de tous les orifices doit en être le corollaire; c’est aller au devant d'accidents d’asphyxie parfois graves et rapides chez ces blessés déjà affaiblis ; sans compter les risques d'incendie.

Nous terminions enfin celle installation du blessé par le calage du brancard lui-même. Nous interposions avec soin des tampons d’étoupe ou de paille au niveau des hampes ; pour en empêcher les chocs directs contre les parois de la voiture. Nous vérifiions une dernière fois la stabilité de l’appareiksur le brancard; surtout nous empêchions les brancardiers trop bien intentionnés de suspendre l'appareil à une ferrure de la carrosserie dans l'espoir d’une meilleure suspension de la fracture. Dans ce cas, les mouvements imprimés par les cahots se iransmettent par contre-coups successifs à la carrosserie et au brancard ; les mouvements qui en résultent sont, de par la différence de temps, en sens inverse. Cette manœuvre irait donc tout-à fait à l'encontre du bul poursuivi.

En résumé, avant et pendant son embarquement en voiture, le blessé doit être soumis à une série de soins chirurgicaux. Leur rapidité et la perfection de leur exécution, dépend surtout de l'entrainement, de l'homogénéité de l'équipe qui en sera chargée. Une seule suffira largement pour assurer le contrôle chirurgical de tous les blessés graves d’une division : fracturés en particulier, hémorragiques, shockés, plaies viscérales pénétrantes.

Le personnel peut en être très restreint : un médecin el

2 infirmiers, après un stage de quelques semaines, dans un centre de fractures, y suffiront largement. Nous avons nousmême assuré sans arrêt ce service au G. B. D. de Mars à Septembre 1918.

Le matériel est insignifiant : les appareils, le store, les porte-brancards font partie des stocks réglementaires du G. B. D. Il suffirait d'y joindre 2 boites d'instruments stériles pour hémostase directe ; 2 cylindres de compresses el

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