‹ Les fractures de la tête du radius et leur traitement chirurgicalChapitre 15 sur 24 · TECHNIQUE OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE OPÉRATOIRE

Plusieurs incisions ont été employées pour aborder la tête radiale fracturée.

L'incision antérieure, sur le bord interne du long supinateur, a été la moins usitée. Vallas l’a pratiquée dans son

observation en 1903. Mais Sprengel (1905),intervenant par

celte voie rencontra des difficultés telles, qu'il dut pratiquer une deuxième incision postérieure, entre le triceps” et le long supinateur. Chevassu l’a adopté encore dans un

cas récent, et il note avoir eu une assez grande difficulté

pour extirper un des fragments de la tête déplacée en ar-

rière. Mais cette incision antérieure est surtout contre-in-

diquée parce qu’elle découvre presque infailhblement le

nerf radial, qui peut, au cours des manœuvres opératoires,

être contus où même sectionné.

La voie externe semble bien préférable. On utilisera soit l’incision en T d'Ollier, dont la branche horizontale répond à l'interligne articulaire, soit plus simplement une incision rectiligne verticale. Cette incision mesurera huit centimètres en moyenne, soit quatre centimètres au-dessus et quatre centimètres au-dessous de l’interligne huméroradial. Il est formellement indiqué de ne pas dépasser cette distance au-dessous de l'articulation. Nous avons en effet mesuré exactement sur plusieurs cadavres, la hauteur à laquelle la branche postérieure du nerf radial contourne le col du radius, et cette distance peut être évaluée sensible-

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ment à quatre centimètres. Avant sa bifurcation, et alors qu'il est encore situé à la partie antérieure du coude, le tronc commun du nerf radial donne les nerfs du deuxième radial externe et de l’extenseur commun des doigts, mais grâce à leur direction presque verticale, ces filets ne sauralent être lésés.

Au-dessous de la peau, du tissu cellulaire sous-cutané, on traverse successivement l’aponévrose antibrachiale, les muscles épicondyliens superficiels, premier et deuxième radiaux externes, puis les muscles épicondyliens profonds et en particulier le court supinateur, tendineux à cet endroit ; sa face profonde adhère intimement à la partie externe de la capsule articulaire du coude et au ligament latéral externe.

Les muscles traversés, il est facile d’inciser dans la moitié inférieure de la plaie la capsule articulaire, et d'’atteindre ainsi facilement la tête du radius (fig. 5).

A l’aide du bistouri à résection et de la rugine, on désinsère la partie externe de la capsule articulaire à son in-

Rabourdin 4

en (pris

sertion humérale, ce qui facilite beaucoup l'accès sur le squelette. Il est absolument capital d'extraire toutes les esquilles dont le siège aura pu être au préalable repéré par la radiographie. Les lambeaux périostiques détachés seront eux-mémessoigneusement enlevés et l'hémostase sera faite d’une façon particulièrement minutieuse.

On terminera ensuite par la suture de la capsule au fil de lin, puis des muscles au catgut, puis de l'aponévrose au fil et enfin des téguments.

Le membre sera immobilisé dans une écharpe pendant une semaineenviron,et c’est seulement au bout de ce temps que l’on pratiquera une mobilisation d'abord prudente, puis de plus en plus étendue.

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