OBSERVATIONS
1° Pas d'intervention.
Obs. I. — VERNEUIL, Bulletin de la Société d'anatomie, 1851.
Fracture longitudinale incomplète de la cupule radiale.
À la suite d'un traumatisme grave qui amena la mort du sujet, on fit l’autopsie et on constat : Téguments sains, nulle apparence de gonflement, ni ecchymose cutanée. Ecchymose profonde à la face profonde du brachial antérieur et de la capsule articulaire. Celle-ci ne présente aucune solution de continuité, du côté externe et antérieur ses fibres sont infiltrées de sang. L'articulation n’est pas déformée mais elle est distendue par une grande quantité de sang noir, visqueux, incomplètement coagulé, sans caillot fibrineux. La tête du radius n’est pas augmentée de volume, mais elle présente deux fissures parallèles au grand axe de l'os, qui pénètrent à environ un centimètre de profondeur. De ces deux fissures, l’une occupe le diamètre transversal de la cupule, qu’elle sépare en deux fragments presque égaux antérieur et postérieur, l’autre lui est perpendiculaire et divise à son tour le fragment antérieur en deux fragments égaux externe et interne. Ces deux traits de fracture figurent sur la surface cartilagineuse de la cupule un T. Les trois fragments sont au contact, à peine sont-ils écartés de un millimètre sur la circonférence de la cupule. Encore le fragment postérieur est-il réuni au fragment antéro-interne par le cartilage resté intact, sur la facette diarthrodiale, qui répond à la petite cavité sigmoïde du cubitus. Ces trois fragments sont restés adhérents au corps de l'os, sans tendance au déplacement. A un centimètre au-dessous on ne saurait soupçonner
RO
la fracture. Une mince lamelle cartilagineuse flotte, adhérente par une de ses extrémités à la fissure. Le radius est fortement ecchymosé à la partie postérieure. Le périoste s'en détache facilement, même aux points d'insertion du court supinateur et du rond pronateur. La substance médullaire mise à nu par une coupe longitudinale offre un aspect grenu,
Obs. II. — James E. Anams, 7ranslation of the pathol. Society of London, 1871, p. 205.
À la suite d’une chute un homme meurt en 48 heures de fracture du fémur droit, fracture compliquée du fémur gauche et dénudation partielle. A l’autopsie on constate une fracture du radius droit.
Ouverture de l'articulation à la partie postérieure du ligament annulaire. Le tiers externe de la tête est séparé des deux tiers internes par une fracture verticale ; le tiers externe était divisé lui-même en deux parties, dont l’antérieure est plus petite. Le cartilage est déchiré.
Obs. III. — Bruns, [.
Préparation anatomique. Un sujet, âgé de 40 ans, tombe d’un échafaudage. Mort au bout de peu de temps pour fracture du crâne. En faisant des recherches sur le coude, on trouve : la tête du radius luxée en avant et placée avec sa partie cartilagineuse devant la petite fossette antérieure, et en outre d'une grande déchirure de la capsule articulaire. Le ligament annulaire était déchiré. Le tiers antérieur de la tète radiale est enlevé. Le trait de fracture s'étend jusqu'à la limite entre le revêtement cartilagineux de la tête et le col. Le fragment sectionné est suspendu par un lambeau de capsule à l’intérieur de l'articulation. L'humérus et le cubitus sont intacts.
Obs. IV. — Bruns, Il.
Autre préparation anatomique : Fracture en spirale de l'humérus, entre le tiers moyen et le tiers inférieur et une fracture oblique du cubitus, au milieu de cet os. Une fracture du bord dorsal de la Sur-
face articulaire supérieure du radius, qui a éclaté une mince lamelle osseuse cunéiforme, ainsi que le cartilage articulaire.
Obs. V. — PINNER.
Le collègue S..., en traversant rapidement une chambre le 17 mai 1882, mit le pied sur une planche qui se trouvait sur le plancher. La planche bascule et le collègue tombe sur la paume des mains, les avant-bras en extension et en pronation, Sur le pouce de la main droite on observait de petites contusions et des écorchures. L'avant-bras et la main droits éprouvent une sensation de faiblesse considérable. Les mouvements peuvent être exécutés dans tous les sens, sans que l'on rencontre de résistance. Dans les heures qui suivirent, une vive douleur apparut au coude et une tuméfaction de l’articulation.Un peu plus tard l'examen révèle une douleur intense, à la palpation les os de l’avant-bras, dont les contours sont masqués par un riche pannicule adipeux, sont en bonne position. La flexion, l'extension, la pronation peuvent être exécutées entièrement. Cependant la possibilité d'une fracture du tiers supérieur du radius, où persiste une plus grande sensibilité, ne peut être mise en doute. C'est pour cela que j'ai appliqué un bandage l’avant-bras étant en supination complète.
Les jours suivants le malade remarqué qu’il ne peut porter les doigts en extension. La tuméfaction diminua et je provoquai une douleur très intense par pression sur la tête du radius et surtout sur la côté externe et antérieur, et de plusle doigt placé sur la tête peut percevoir nettement de la crépitation dans les mouvements de pronation et de supination. Le collègue S... affirmait que lui-même en éprouvait la sensation. Les mouvements étaient possibles, mais on observait une limitation de ces mouvements par comparaison avec le côté gauche. Plus étonnante était la perte des mouvements des articulations des doigts ; placés en position moyenne, ils ne peuvent ôtre amenés dans l'extension complète. Le pouce, étant en adduction et en flexion, ne pouvait être mis en abduction et en extension. Les mouvements du poignet étaient intacts ; on n’observa pas
de troubles de la sensibilité, ni de troubles de contractilité électrique, examinée par À. Kast.
En trois semaines, l'articulation du coude était revenue à la normale et on appliqua un traitement électro-thérapique approprié, ce qui fit rétrocéder progressivement l'atrophie musculaire.
Au mois de septembre, on observait la réaction de dégénérescence. L'examen, l'avant-bras étant en supination, montre du côté externe et antérieur de la tête radiale un soulèvement étrange, ainsi que de l'épaississement de l'os et une sensibilité vive à la pression. Une saillie accompagoait chaque mouvement en même temps que l'on percevait une sensation de craquement subjectif et objectif.
Obs. VI. — DELoRME, Gazette des hôpitaux, 1891.
Mon blessé, soldat au 74° de ligne, H... (Amable), de Saint-Simon (Eure), fit, le soir du 20 novembre dernier, dans une casemate, une chute de sa hauteur. Le coude porta sur le sol, par sa partie postéroexterne. Au moment du choc, le blessé dit avoir entendu un craquement. Les mouvements du coude devinrent rapidement douloureux, surtout l’extension forcée, et un gonflement fut, en même temps, constaté sur la face interne de l’avant-bras et sur la région postéroexterne du coude.
J'examinerai le blessé trois jours après l’accident ; le gonflement ecchymotique recouvrait la presque totalité de la face interne de l’avant-bras, empiétant sur sa face antérieure. La partie postéroexterne du coude ne présentait qu'une ecchymose peu étendue, sans gonflement notable. Je trouvai chez lui les signes d'une entorse du coude : gêne des mouvements passifs et actifs de la jointure, douleur à la pression au niveau des insertions épitrochléo-épicondyliennes des ligaments latéraux ; pas de mouvements de latéralité. ;
En faisant exécuter des mouvements de pronation et de supination et en cherchant à constater, par une pression exercée sur l'insertion cupulaire du ligament latéral externe, si ce ligament était rompu, je constatai une crépitation qui fixa mon attention sur la tête radiale. En pressant sur la partie externe de cette tête, d'avant en arrière, je
DD
reproduisis celle crépitation avec la plus grande netteté. Elle était fournie par un fragment représentant le tiers externe environ de la cupule radiale, fragment qu'on pouvait assez aisément déplacer d'avant en arrière, en le saisissant entre le pouce et l'index. A l’état de repos, celui-ci avait si bien conservé ses rapports avec la tête radiale, qu'il ne donnait lieu à aucune déformation. Pendant son déplacement, la crépitation était des plus nettes ; je la fis constater par tous les médecins stagiaires attachés à mon service. On la percevait encore, quoique moins accusée, en imprimant à la main des mouvements de pronation et de supination. Rien de semblable ne se constatait sur l’autre coude.
J'émis quelques doutes sur la consolidation de ce fragment mobile de la cupule qui n'avait conservé aucune attache avec le col. Bruns, sur sept observations de fracture longitudinale dans lesquelles on à noté les suites de cette fracture, a relevé trois fois l’absence de consolidation : le fragment isolé constitua un véritable corps étranger, et, dans un cas, Hueter fut obligé de pratiquer l’arthrotomie pour en faire l’ablation. Les suites furent plus simples chez mon blessé, car après un mois d'immobilisation du coude, dans un appareil ouaté, le fragment était complètement soudé. Une pression directe, même énergique, exercée sur la partie externe de la cupule et les mouvements de rotation de l’avant-bras, ne déterminaient plus de crépitation.
Les mouvements du coude reprirent et leur étendue et leur force.
Obs. VII. — Jacor, Société de chirurgie, Lyon, 1900, p. 208. Fracture de la tête du radius et luxation du coude.
Un malade tombe de cheval sur la paume de la main, le bras étant en extension. La luxation du coude est réduite et la fracture de la tète du radius confirmée par la radiographie. La tête est fracturée en deux moitiés. L'éclat externe fait saillie en avant et s'étend jusqu’au col du radius. Les mouvements sont normaux, sauf en supination. Massage. Bains. Apparition d’un ostéome du brachial antérieur dans le tendon d’insertion du muscle.
tee
Obs. VIII — Knox, Lancet, t. IT, 1905, fasc. 443.
Un homme de 30 ans tombe sur le coude. A ce niveau on perçoit de la mobilité et de la crépitation dans les mouvements. La radiographie montra qu'il s'agissait d'une fracture de la tête du radius avec déplacement du fragment en avant et en dehors. L’articulation est rigide et les mouvements sont impossibles. On fit de la mobilisation sous anesthésie, du massage. Les mouvements commencent à pouvoir être exécutés, la consolidation s'effectue, mais les mouvements de flexion et d'extension sont limités.
Obs. IX. — Prar, Æevue d’orthopédie, 1905.
Félure oblique de la partie externe de la cupule radiale. Massage. Guérison.
B..., 53 ans, manœuvre, Aubervilliers. En disposant des briques en tas, il tombe sur le sol d’une hauteur de deux mètres environ. La chute s’est faite sur la paume des mains. Nous voyons le malade le lendemain de l'accident. Il maintient son avant-bras fléchi à angle droit sur le bras et présente une impotence relative de son membre.
Les mouvements provoqués sont possibles dans une assez large mesure et ne réveillent de la douleur qu’à la flexion et à l’extension voisines de l'extrème amplitude. En revanche la pronation et la supination sontbeaucoup plus pénibles autour de la position intermédiaire, qui est celle du membre, et se trouve très rapidement limitée par la défense musculaire. La région du coude est le siège d'un gonflement diffus, mais peu marqué, ce qui rend facile l'examen du squelette. L'humérus est indemne, sans point douloureux réveillé par la pression méthodique de son extrémité. Le cubitus, dont les rapports normaux sont conservés, est également indemne, et ne révèle pas de points douloureux. Le radius enfin n’est pas luxé, la tête est en position normale, les petits mouvements de pronation et de supination se transmettent à la cupule radiale. Mais il existe à ce niveau, à petite distance au-dessous de l’interligne articulaire, une douleur extrômement vive, limitée, toujours décelée au même point sur la partie
at cs néictifes
ha
EE Mara
externe de l'extrémité supérieure du radius. La pression à distance sur le corps de l'os réveille aussi de la douleur en ce point.
Diagnostic : fracture de l'extrémité supérieure du radius sans déplacement,
Le traitement conseillé consista uniquement en massages,sans immobilisation absolue-du membre. Les jours suivant le traumatisme, apparut une légère ecchymose de la partie supéro-externe de l’avantbras.
Une radiographie du membre montra qu'il existait en effet une fêlure oblique de l’extrémité supérieure du radius, qui tendait à détacher la partie externe de la cupule radiale. Sur l’image vue de profil, on voyait que le fragment supérieur faisait une légère saillie sur le fragment inférieur.
Les suites de ce traumatisme furent des plus simples. Les mouvements devinrent de plus en plus étendus et de moins en moins douloureux. Au bout d’un mois et demi, guérison complète, le malade reprenait l’exercice de sa profession.
Obs. X. — Duranp, DEsror, in thèse de BosqueTTE, LXX, 1908.
Luxation du coude en arrière. — Fracture de la tête du radius. — Fracture de l'apophyse coronoïide du cubitus. — Résultat foncetionnel parfait.
F.:., étudiant.
2 août 1907. — Chute sur le coude. Luxation en arrière du coude droit. Pour maintenir la luxation, qui récidive aussitôt réduite, plàtre avec avant-bras en flexion à angle droit et en pronation. Placé une heure après le traumatisme.
3. — Radiographie : fracture de la tête du radius. On ne touche pas au plâtre. On laisse diminuer l’œdème.
8. — Ablation du plâtre, durée : 7 jours. Deuxième radiographie : on constate en plus de la fracture du radius une fracture de la coronoïde : la luxation reste réduite. Nouveau plâtre avec avant-bras en flexion forcée et en supination.
10. — Alation du plâtre,durée : 12 jours.A partir de ce moment :
meet ANS
deux fois par jour, bain chaud suivi d'une séance d'automobilisation (mouvements de pronation et de supination surtout,de vingt minutes environ). Pas de massage. Le plâtre estreplacé dans l'intervalle ; au bout d’une dizaine de jours, il n’est plus placé que pendant la nuit et vingt jours après il est enlevé définitivement. Les séances de mobi-