CHAPITRE II Ai
ETUDE CLINIQUE | se
SYMPTOMES — FORMES ANATOMO-CLINIQUES COMPLICATIONS Avant de commencer ce chapitre nous ne croyons pas inutile de rappeler les documents utilisés pour en établir les différentes parties. Nous nous sommes basé sur l’étude de 109 observations dont 10 personnelles (parmi celles-ci huit sont absolument complètes, deux sont des radiographies accompagnées de renseignements précis mais
incomplets). Nous n’entendons pas dire que la littérature
médicale se borne à ces observations, mais nous ne nous sommes servi que des matériaux vraiment solides et il nous à fallu élaguer bien des publications que l’on trouvera mentionnées dans notre bibliographie mais qui ne nous ont pas paru présenter soit les garanties, soit les précisions suffisantes. C’est done à ce total de 109 observations que doivent être comparés tous des chiffres mentionnés au cours de ce chapitre. A la fin de notre travail, on trouvera intégralement rapportées nos observations personnelles. Pour les 99 autres recueillies dans la littérature, nous avons cru préférable de les réunir en quatre tableaux sur la disposition desquels nous reviendrons plus loin.
à I. — NorroNs ÉTIOLOGIQUES ? ;
Il nous a paru utile de préciser quelques points étiologiques concernant :
L'âge ;
Le sexe; - Le côté lésé;
Le mode de production direct ou indirect de la fracture.
Age. — Dans les 87 cas où l’âge était mentionné, nous avons pu établir les distinctions suivantes:
HA ADEAIS re 2 observations PA ANS re: 12 —* DU 90 ans el. 22 —
a DO ne A0 ans = del — A0 A6 anse: 7, 20 13 —
: 02400 ARE Lier: sie Es 607àa-70 ans: «. 7 — 704 80 ans... .….. 3 —
Le maximum de fréquence se trouve done entre 20 et
40 ans ; mais il semble que d’on rencontre plus souvent la fracture du cotyle après 40 ans qu'avant 20 ans. Après 60
- ans l'affection est exceptionnellement rencontrée et nous sommes d'accord avec Lehtihet Mohamed-Salah lorsqu'il s'étonne de voir mentionné par Virevaux une recrudes-
eence de fréquence à cet âge.
Sexe. — Nous avons vérifié une fois de plus que l’homme est bien plus souvent atteint que la femme. Sur 97 cas où le sexe est mentionné, nous notons: 85 hommes
et 14 femmes. <
Côté. — Le côté droit paraît être lésé aussi fréquemment que le côté gauche. Sur 73 cas, nous avons rencontré 37 fois le côté droit et 36 fois le côté gauche. S
Nature du traumatisme. — Le traumatisme est direct ou indirect. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de la première éventualité. Sur 94 cas, nous notons 89 fois une action portant directement sur le cotyle par l’intermédiaire de la tête fémorale. Sur ces 89 cas, on trouve 73 chutes de lieux élevés et 16 chocs, le plus souvent par un véhicule animé d’une grande vitesse.
Le mode d’action de ces agents étiologiques a été étudié au chapitre précédent, nous n’insisterons done pas.
Sur les 94 cas sus-mentionnés, cinq fois seulement, nous avons trouvé à l’origine un traumatisme agissant indirectement sur le fond cotyloïdien. On se trouvait alors en présence de chutes sur les pieds ou sur les ischions.
IT. — SymproMEs
11 serait sans doute plus didactique d’étudier suecessivement les signes physiques, puis les signes fonctionnels. Il nous paraît plus clinique de distinguer :
1° Des signes primordiaux; : ., 2° Des signes secondaires. ER Parmi les signes primordiaux, nous étudierons successivement :
L'’attitude du membre ; ee
Le raccourcissement ;
L’aplatissement de la région trochantérienne; L’ecchymose ;
L’impotence fonctionnelle ; :
La douleur.
— d3 — Parmi les signes Secondaires nous passerons en revue: z La crépitation ; La tuméfaction de la fosse iliaque.
Nous réservons un chapitre spécial au toucher rectal dont l’importance diagnostique valait une étude complète.
- L ps & (A I. — Signes primordiaux
a) Modifications dans l'attitude du membre. — C'est le symptôme le plus souvent noté Nous le trouvons mentionné dans 54 cas. ;
Le membre peut se trouver dans deux types d’attitude, un type fréquent et un type rare.
Le type fréquent est dominé par la rotation externe
signalée dans 40 cas soit dans près de trois quarts. Cette rotation externe est rarement isolée; elle est associée le plus souvent à l’abduction et à. l’extension dé la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse; quelquefois l’extension est remplacée par la flexion. Dans huit cas, nous avons trouvé celle-ci associée à la rotation externe et à l’abduction.
Le type rare est dominé par l’adduction dont neuf obcervations seulement font mention. Dans la plupart des cas, l’adduction est associée à la rotation externe on interne combinée à la flexion où à l’extension.
L’attitude du membre présente les caractères suivants, elle est: :
1° Immédiate, mais peut être accentuée par la marche ou une thérapeutique intempestive.
90 Fixe dans la grande majorité des cas. Pourtant, dans une observation de Boeckel, on la treuve réductible. Cette
événtualité nous paraît néanmoins assez rare. 3 E
Des 3° Elle dépend, de l’attitude du membre au moment de la chute, de la thérapeutique suivie et de la contracture musculaire qui pour nous est par sa constance la meïk leure raison de nier la fréquence du signe de Bœckel sus-
mentionné. |
b) Raccourcissement. — Il est mentionné dans 50 observations. Pour être fixé d’une facon certaine sur ce SVM ptôme, il convient d’avoir recours à des mensurations précises.. Dans cet ordre d'idées, les méthodes les plus simples sont les meilleures. Nous avons appris, grâce aux
.Jecons de M. le professeur Imbert, à nous servir en la circonstance des repères osseux: épine iliaque antéro-supérieure, interligne articulaire du genou, pointe de la malléole externe. Nous avons été surpris de noter qu'il s’agissait d’un raccourcissement plus apparent que réel et qui était surtout imputable à l’attitude du membre, à la
bascule du bassin du côté sain, voire même à une mauvaise mensuration. Nous n’insistons pas, comptant revenir sur ce point à propos des. fractures anciennes.
Quoi qu’il en soit, le raccourcissement réel, immédiat,
lorsqu'il existe est dans la grande majorité des cas de peu d’importance. C’est du moins ce qui ressort du tableau ci-dessous :
De 0 à 1 centymètre.:........ 13 fois De T à 2 centimètres .:.: %2. El Èe De 2543 centimètres:::5,:25 9e De 3 à 4 centimètres. :..... Der : Dé 4"à'5 centimètres "1... PRE ec) Aplatissement de la région trochantérienne. — Nous
avons noté 27 fois ce signe mis en valeur par Roux (de Lausanne). Cet aplatissement nous paraît être en partie