‹ Les FracturesChapitre 14 sur 45 · FRS · texte numérisé non relu

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réel, en partie apparent. Il est réel lorsqu'il dépend de l ’enfoncement de la tête à travers le fond cotyloïdien ou lorsqu’il est lié à des lésions concomitantes du bassin en particulier à la fracture du pubis si souvent notée. Mais quelquefois aussi, et nous croyons même qu’il s’agit là de la majorité des cas, cet aplatissement n’est qu'apparent, dû à l'attitude du membre en abduction et rotation externe, qui a pour effet de cacher en apparence le grand trochanter derrière la masse charnue de la fesse. Il se passe là un phénomène analogue à celui que note Basset dans linterprétation de l'élargissement du grand trochanter au cours des fractures cervico-trochantériennes.

D'ailleurs, l’aplatissement de la région trochantérienne .est rarement visible, sauf dans les nwuptions totales de Ja tête, le plus souvent il est palpable et s’apprécie alors par comparaison avec le côté opposé ou par les tentatives de mobilisation de la cuisse.

d) Ecchymoses. — Lies ecchymoses sont rarement constatées (16 fois seulement d’après nos recherches), mais leur importance pathognomonique. serait grande.

Elles siègent en des points divers. Par ordre de fréquence nous trouvons :

- Ecchymose scrotale ............ ea ar Le LOLS ss Ecchymose Henmnoecrurale, 2e... 5. — Ecchymose du grand trochanter....... 4 —

Ecchymose périnéale ...,.:,.:......... eee

Dans deux cas, les ecchymoses inguino-crurale, trochantérienne et périnéale étaient associés.

L'’ecchymose serotale a été signalée par Destot mais avait été déjà décrite par Nélaton. Pour le chirurgien lyonnais ses caractères seraient d’être : lointaine, indo-

lore, tardive, unique, médiane, nummulaire ct de siéger à la partie tout à fait déclive des bourses. Elle serait pathognomonique mais nous paraît beaucoup plus rare que pourrait le laisser croire les affirmations de Destot et de ses élèves (Dina Kontorowitsch en particulier).

L’ecchymose inguino-crurale demande à être recherchée aves soin, masquée qu’elle est par les poils du pubis. Lorsqu’on la constate, on doit toujours rechercher si elle. ne correspond point à une fracture sous- “Jieente de la branche horizontale du pubis. É

L'’ecchymose trochantérienne ne sera pas confondue avec la suffusion sanguine sous-cutanée dûe au traumatisme même pas plus qu'avec celle qui accompagne la fracture parcellaire du grand trochanter. Quant à l’ecchymose périnéale, elle existe rarement seule et est toujours. l’indice d’un traumatisme considérable.

À côté des signes physiques que nous venons d'étudier par ordre de fréquence il nous reste maintenant à décrire deux signes fonctionnels sur lesquels lé malade attire presque toujours spontanément l’attention et dont .l’intensité peut masquer les symptômes précédents. Nous voulons parler de l’impotence fonctionnelle et de la dou- - leur.

e) Impotence fonctionnelle. — On la trouve mentionnée dans presque toutes les observations. Le plus souvent immédiate elle est quelquefois séparée du traumatisme par un intervalle bre. Dans un de mos cas le blessé a pu remnonter deux étages, se déshabiller et se coucher sans aucune aide. Lorsqu'elle se manifeste elle est presque tou'ours, au début du moins, absolue. Le malade ne peut détacher son talon du plan du lit. Elle est alors liée non seulement aux lésions de la hanche mais encore à la ccn-

traction musculaire, à la douleur et aux phénomènes de

shok.

Rapidement les mouvements passifs deviennent particllement possibles surtout la fluxion et l’extension. Dans les jours suivants les mouvements actifs reprennent en partie, le talon peut être péniblement soulevé. Cette amélioration constatée avec joie par le malade et le chirurgien est, ainsi que nous le verrons plus loin, la cause de bien des déboires.

f) Douleur. — La douleur spontanée siège à la hanche elle est signalée dans la plupart des observations. Élle ne présente pas un grand intérêt.

La douleur provoquée est signalée 40 fois. Elle siège en des points divers dont nous mentionnons la fréquence dans le tableau ci-dessous:

Au niveau du grand trochanter........ 16 Au niveau du pubis .::...... RES 8 Au niveau de la fosse illaque......... 5 Par les mouvements ........ RE SAVE ILE

Nous disons plus loin ce que nous pensons de la douieur provoquée par le toucher rectal.

Pour être complet, il nous faut signaler que la ee

de la cavité cotyloïde due dans la grande majorité des cas à un traumatisme considérable s'accompagne de phéno-

mènes de shok souvent intenses qui assombrissent le pronostic vital immédiat. L

A côté de l’ensemble symptomatique primordial que nous venons de décrire il nous faut noter des signes accessoires qui à l’occasion pourront être utilisés.

ti Le

II, — Signes accessoires

Ce sont la crépitation et la tumeur abdominale de la fosse iliaque. 5

a) Crépitation. — Ce signe capital de fracture n’est noté que dans neuf cas. Cela n’a rien d'étonnant si l’on songe à la profondeur du. foyer “de fracture. La erépitation peut être perçue par le malade soit spontanément, soit à l’occasion des mouvements. Plus rarement elle est constatée par l’observateur, soit au cours ‘des mouvements, soit pendant les tentatives de réduction.

b) Tumeur de la fosse iiaque. — Elle est notée dans 11 cas et nous paraît alors relever de l’enfoncement intrapelvien de la tête fémorale, de l’épanchement sanguin périfocal et quelquefois de l’hématome du psoas si fréquemment noté. :

Il s’agit d'une sensation de résistance profonde, douloureuse. Le

Notons que, dans cinq cas, cette tumeur de la fosse iliaque correspondait à un toucher rectal négatif. Ce fait paradoxal sera plus loin envisagé. ;

Il nous faut en outre signaler deux sigles qui pour nous n’ont qu'un intérêt historique. Nous voulons parler du signe d’Allis (flaccidité du fascia lata) et des signes de Travers (douleur aiguë à la pression de l’épine du ‘pabis, impossibilité de la station debout).

. De cette étude clinique, que nous avons voulu faire la plus simple en même temps que da plus complète possible, se dégage pour nous l’impression que la fracture du fond

RO du cotyle ne possède pas de signe qui lui soit spécial et dont la constatation entraîne la conviction. Nous ne serons donc pas étonné s’il nous est difficile d'isoler des formes cliniques très nettes. Il nous a semblé néanmoins que cet effort méritait d’être tenté.

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