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CHAPITRE XI

Plan d'attaque des Anglais. — Siège et prise de Louisbourg. — Victoire de Carillon. — Perte du fort Frontenac. — Incendie du fort du Quesne — Gravité de la situation. — La France abandonne le Canada. — Instructions du ministre de la guerre. — 600 hommes de renfort. — Bougainville à Versailles.

L'ennemi se proposait d'envahir le Canada par trois points à la fois, « de le dévorer en trois bouchées, » selon le mot de lord Chesterlield : « Il est très certain , » écrivait-il à son fils, le 8 février 1758, « que nous sommes assez forts en Amérique pour manger les Français tout vifs au Canada, si nous savons faire usage de nos forces avec habileté et vigueur. »

Louisbourg devait être attaqué par 16,000 hommes; le fort Carillon, par 20,000; le fort du Quesne par 9,000.

Les opérations commencèrent par le siège de Louisbourg. Défendue par 2,900 soldats, 1,200 sauvages, 2,500 miliciens, bien approvisionnée par les soins.de M. de Beaussier, la place aurait pu tenir si la flotte française n'avait pas été si inférieure aux forces que pouvait mettre en ligne l'amiral Boscawen. Son escadre, forte de 24 vaisseaux, 18 frégates, 150 transports, débarqua 15,000 soldats et plus de 100 bouches à feu. D'autre part,

les fortifications de la ville étaient en mauvais état et fort incomplètes. « Rien dans ce pays, » dit un rapport officiel, « ne tient contre les rigueurs des saisons. La terre de Louisbourg, quand elle est sèche, n'a pas plus de consistance que de la cendre ; l'air de la mer, joint aux pluies et aux neiges, détruit toute maçonnerie si elle n'est pas revêtue de madriers. Il y avait autant à craindre du détonnement de notre canon que de celui de l'ennemi, et cette raison a souvent empêché de tirer. »

Le siège, néanmoins, dura plus de deux mois. « M. de Drucour, le gouverneur, » dit Dussieux, « y déploya la plus grande bravoure. M'"" de Drucour montra également beaucoup de courage : chaque jour, elle allait aux batteries les plus exposées et mettait le feu à trois pièces de canon. Les troupes se battirent vigoureusement; mais le 26 juillet, les remparts étaient démolis et l'artillerie hors de service ; des 54 pièces opposées à l'ennemi , 42 étaient démontées et brisées : 800 soldats étaient tués ou blessés, 1,200 autres étaient malades. Le général Amherst se préparait à donner l'assaut, et Boscawen, pour appuyer l'attaque faite par terre, devait forcer l'entrée du port , défendu jusqu'alors par nos vaisseaux, que les Anglais venaient d'incendier, M. de Drucour, voulant sauver les habitants et la ville, offrit de capituler; on lui répondit qu'il n'avait qu'à se rendre à discrétion : il refusa et se résolut à tout plutôt que de se soumettre à d'aussi humiliantes conditions. Cependant, les habitants le suppliant de capituler et d'éviter ainsi la ruine complète de la ville et le sacrifice inutile des soldats qui lui restaient, il se soumit. M. de Drucour et la garnison furent prisonniers de guerre, et les habitants furent transportés en France. »

On se montra fort sévère en France sur cette capitula-

tion que Ton qualifia de honteuse. M. de Drucour, attaqué, se justifia et écrivit à un de ses amis une longue lettre où il fait remarquer avec raison que, sans l'appui d'une solide escadre, la place était à la merci d'un ennemi bien armé et persévérant. Quoi qu'il en soit, « la prise de Louisbourg laissa le Canada sans défense du côté de la mer et ouvrit le Saint-Laurent, c'est-à-dire le chemin de Québec, aux Anglais. Ils prirent et détruisirent Gaspé, à l'entrée du fleuve et remirent à l'année suivante l'attaque sur Québec; toutefois, ils restaient maîtres des entrées du Canada et interceptaient toutes communications avec la France. »

Pendant qu'Amherst assiégeait Louisbourg, le général Abercromby, parti du fort Edouard avec 20,000 hommes, se préparait, selon le plan général de l'envahissement, à marcher sur le fort Carillon. Le lieu de la concentration choisi par les Anglais était le fort William-Henry, ou plutôt les ruines de cette place, détruite l'année précédente par Montcalm.

Le point de départ connu , il était facile à un habile tacticien de déterminer quel chemin prendrait l'ennemi, et immédiatement Montcalm répartit ses troupes sur la route de Montréal, dont le fort Carillon était la première étape. Il fait mettre en état la défense, puis, au lieu d'attendre le choc, se porte en avant, comme si, malgré son infériorité numérique, il eût voulu prendre l'offensive. Étonné, Abercromby hésite, retarde le départ de la flottille qui allait transporter ses troupes de l'autre côté du lac du Saint-Sacrement, perd trois jours à délibérer. Cependant, Montcalm, qui cherche à gagner les hauteurs ce Carillon, passe devant le front de l'armée anglaise, qui ne bouge ; il juge son adversaire : « Ces gens-là tàton-

nent; s'ils me donnent le temps de gagner les hauteurs de Carillon, je les battrai. »

Il atteignit Tendroit voulu, non loin du tort, et fit immédiatement élever un retranchement derrière lequel ses troupes pussent tirer à l'abri.

Ce retranchement, de 8 à 9 pieds de hauteur, suivait les sinuosités du sol , et tous ses bastions se flanquaient réciproquement. Des batteries improvisées et le canon du Ibrt balayaient le bord de Teau; un abatis d'arbres devait en rendre l'approche difficile pour l'infanterie, impossible pour la cavalerie.

Le lendemain, les officiers, la hache à la main, donnent l'exemple. « Les érables tombent sur les bouleaux, )> rapporte M. de Bonnechose, « les hêtres pourpres sur les pins. L'armée travaillait de bon cœur. Cependant, elle cherchait des yeux le brave Lévis : où est Lévis? Enfin, le voici : \'ive Lévis! Il accourait du pays des Cinq Nations avec 400 soldats d'éhte. Grâce à ce renfort, le seul qui parvint à temps, le nombre des combattants sera de 3,500. On couche au bivouac : dès l'aube, la générale réveille les bûcherons et la hache de frapper encore. A midi et demi, un coup de canon retentit : c'est le signal. Chaque bataillon, l'arme au bras, est dans son bastion, Royal-Roussillon au centre avec son drapeau d'ordonnance rouge et bleu. Le soleil de juillet, brûlant en ce climat, calcinait les rives du lac Champlain : « Mes enfants, la journée sera chaude, » dit Montcalm en jetant à terre son habit. Déjà, aux sons aigus du fifre et de la cornemuse, les Anglo-Américains s'élançaient dans la clairière en quatre colonnes, grenadiers en tête et chasseurs sur les flancs.

« L'ennemi était à cinquante pas du retranchement,

Fig. iO. — Ballcrie improvisée.

les fusils français , jusqu'alors iimnubiles, s'abaissèrent

sur toute la ligne :

3,000 balles sif- ^ ^^^ -Mi

fièrent à la fois, ,-'" ^^ ^ îf|\ ^

décharge fou- -. - S ' J^'/k*

droyante au

milieu des

rangs déjà

rompus par

les obstacles

des abords.

Les Ans'lais

Fig. 41. — On (il un grand abulis d'arbres.

vacillèrent sous l'averse de plomb, reculèrent, puis revinrent intrépidement à la charge, pour reculer encore et

revenir pendant six heures de suite. Effroyable va-etvient, entremêlé de sorties à la baïonnette, au milieu de Tabatis d'arbres enflammés par la fusillade î

« Dans l'intervalle des attaques, quand la fumée s'était éclaircie, l'on entrevoyait des fantassins en uniforme blanc sauter du haut des bastions pour éteindre le branchage en feu : puis çà et là, plantés sur le parapet, des drapeaux dont le vent du lac soulevait la soie trouée par les balles. Devant les retranchements, partout des morts et des blessés en habits rouges, culbutés ou accrochés dans les branches de l'abatis ; à droite, aboutissant au pied même du bastion, un monceau de cadavres aux jambes nues, aux vêtements bigarrés : c'était là que les montagnards écossais avaient donné l'assaut. Le canon gronda aussi du côté de la rivière; vingt pontons armés s'approchèrent pour jeter à terre des troupes de débarquement, mais Montcalm avait tout prévu : des volontaires postés le long de la rive reçurent « de bonne grâce » les embarcations, et le canon du fort en ayant coulé deux , les autres s'enfuirent à force de rames.

« Vers sept heures du soir, les attaques cessèrent , le feu continua encore quelque temps sur la lisière de la forêt, puis, à huit heures, s'éteignit. Était-ce possible? Les Français ne purent croire d'abord à leur succès. Toute la nuit se passa à compléter le retranchement qu'on s'attendait à voir attaqué le lendemain par l'artillerie. Mais l'ennemi ne revint pas : le découragement des troupes, qui s'étaient crues assurées d'une facile victoire, l'ineptie du général, l'ombre de ces grands bois si redoutables dans les ténèbres avaient changé l'arrêt en retraite, la retraite en panique. Les Anglais s'étaient précipités vers leurs bateaux et traversaient déjà le lac du Saint-Sacrement,

laissant derrière eux plus de 4,000 morts ou blessés. Les Écossais seuls avaient perdu 950 soldats et presque tous leurs officiers. Pour cette année-là, le Canada était sauvé. » Le soir de la bataille, encore tout enfiévré, Montcalm écrivit à son ami Doreil le billet suivant :

« L'armée et trop petite armée du roi vient de battre ses ennemis. Quelle journée pour la France! Si j'avais eu 200 sauvages pour servir de tête à un détachement de 1,000 hommes d'élite dont j'aurais confié le commandement au chevalier de Lévis, il n'en serait pas échappé beaucoup dans leur fuite. Ah! quelles troupes, mon cher Doreil, que les nôtres! Je n'en ai jamais vu de pareilles. » Son rapport officiel est d'une simplicité et d'une modération tout antiques. Il fait la part de tous, n'oublie ni M. de Lévis ni M. de Bourlamaque , « qui ont eu la plus grande part à la gloire de cette journée, » et passant à lui-même, ajoute : « Le succès est dû à la valeur incroyable de l'officier et du soldat; pour moi, je n'ai eu que le mérite de me trouver général de troupes aussi valeureuses. » L'armée pensait de son chef ce que son chef pensait d'elle; aussi les soldats, quand la nuit fut venue, lui ménagèrent-ils une surprise et un triomphe. Tout à coup, la forêt s'illumine, des acclamations retentissent : c'est l'armée victorieuse qui salue le général vainqueur.

Montcalm dut sentir, en cette minute, une de ces satisfactions d'orgueil qui grisent les âmes les plus fortes. Il résista à l'ivresse ; pour toute récompense de ce fait d'armes qui pouvait permettre de sauver le Canada, il demanda son rappel. Il écrivit au ministre : « Si jamais il y a eu un corps de troupes digne de grâces, c'est celui que j'ai l'honneur de commander; aussi, je vous

supplie, Monseigneur, de Ten combler. Pour moi, je ne vous en demande d'autre que de me faire accorder, par le roi, mon retour : ma santé s'use, ma bourse s'épuise, je devrai 10,000 écus au trésor de la colonie. Et plus que tout encore, Timpossibilité où je suis de faire le bien et d'empêcher le mal, me détermine à supplier avec instance Sa Majesté de m'accorder cette grâce, la seule que j'ambitionne. Jusqu'alors je donnerai volontiers le dernier souffle de ma vie pour son service. »

Mais la victoire de Carillon (8 juillet 1758) est un succès isolé.

Le fort Frontenac, qui n'avait, il est vrai, qu'une garnison de 70 hommes, est enlevé par un hardi partisan américain, Bradsteet, qui détruisit, du même coup, la marine que la France avait sur le lac Ontario. Sur l'Ohio, M. de Lignery, menacé au fort du Quesne par des forces considérables, évacuait le fort et le brûlait plutôt que de le rendre. Enfin, symptôme terrible, les Indiens se refroidissaient : « Les sauvages ont frappé sur nous, » écrit Doreil au ministre, après la prise de Frontenac; « ils se sont emparés sur le lac Ontario de trois canots qui descendaient chargés de pelleteries et ont égorgé les équipages, triste avant-coureur de ce que nous avons à craindre de leur part. »

A la nouvelle de ces revers, devant ces menaces du lendemain, Montcalm revient sur sa résolution : « J'avais demandé, écrit-il au ministre, mon rappel après la glorieuse journée du 8 juillet, mais puisque les affaires de la colonie vont mal, c'est à moi de tâcher de les réparer ou d'en retarder la perte le plus qu'il sera possible. »

Il se rendait compte que la situation était sinon absolument désespérée, du moins fort grave. « Monsei-

gneur, » dit-il à la date du T'' septembre, dans une dépêche chiffrée où il expose sans réticence le véritable état de la colonie, « la situation de la Nouvelle-France est des plus critiques, si la paix ne vient pas à notre secours. Les Anglais réunissent, avec les troupes de leurs colonies, plus de 50,000 hommes; nonobstant l'entreprise de Louisbourg, ils en ont eu 30,000 qui ont agi, cette campagne, contre le Canada. Qu'opposer à cela? Huit bataillons, qui font 3,200 hommes. Avec si peu de forces, comment garder sans miracles la frontière, depuis rOhio jusqu'au lac du Saint-Sacrement, et s'occuper de la descente à Québec, chose possible ! Qui croira le contraire de ce que j'avance trompera le roi; quelque peu agréable que cela soit, je dois le dire comme citoyen. Ce n'est pas du découragement de ma part ni de celle des troupes, résolus de nous ensevelir sous les ruines de la colonie. »

Déjà, le Canada n'était plus que ruines, et le gouvernement ne devait pas avoir le cœur de les relever. La victoire de Carillon, cependant, avait fait grand effet à Paris ; on combla l'armée de grades et de décorations ; un Te Deum fut chanté en l'honneur de la victoire de Montcalm en Amérique, et le rapport de M. de Vaudreuil inséré tout au long dans la Gazette de France; mais ce fut tout. En vain Montcalm et Vaudreuil écrivirent au ministre pour lui exposer la situation de la colonie. Le gouvernement de Louis XV avait trop affaire en Allemagne, où il s'était si malheureusement engagé. S'il y avait encore une armée, il n'y avait plus de marine. Le trésor à sec vivait d'expédients, grugé encore par une administration malhonnête, car non pas seulement au Canada, mais en France, les Bigot n'étaient point rares.

Nous étions battus partout. La seule armée qui eût remporté des victoires, c'était précisément ces troupes de Montcalm qu'on abandonnait.

Le maréchal de Belle-Isle, ministre de la guerre, fit à Montcalm une réponse singulière, cachant sous des sophismes son impuissance ou son indifférence : « Qu'on ne compte pas recevoir de troupes de renfort; outre qu'elles augmenteraient la disette des vivres que vous n'avez que trop éprouvée jusqu'à présent, il serait fort à craindre qu'elles ne fussent interceptées par les Anglais dans le passage; et comme le roi ne pourrait jamais vous envoyer des secours proportionnés aux forces que les Anglais sont en état de vous opposer, les efforts que l'on ferait ici pour vous en procurer n'auraient d'autre effet que d'exciter le ministère de Londres à en faire de plus considérables pour conserver la supériorité qu'il s'est acquise dans cette partie du Continent.

« Comme il faut s'attendre que tout l'effort des Anglais va se porter au Canada et qu'ils nous attaqueront par les différents côtés à la fois, il est nécessaire que vous borniez votre plan de défensive aux points les plus essentiels et les plus rapprochés, afin qu'étant rassemblés dans un plus petit espace de pays, vous soyez toujours à portée de vous entre-secourir, vous communiquer et vous soutenir. Il est de la dernière importance de conserver un pied dans le Canada. Quelque médiocre qu'en soit l'espace que vous pourrez conserver, il est indispensable de conserver un pied dans l'Amérique septentrionale, car si nous l'avions une fois perdue en entier, il serait comme impossible de la ravoir. C'est pour remplir cet objet que le roi compte. Monsieur, sur votre zèle, votre courage et votre opiniâtreté, et que

VOUS communiquerez les mêmes sentiments aux officiers principaux, et tout ensemble aux troupes qui sont sous vos ordres.

« M. Berryer (ministre de la marine) donne les mêmes ordres à M. de Vaudreuil et lui prescrit de se conduire avec vous dans le plus grand concert. Vous devez en sentir l'un l'autre toute la nécessité et toute la conséquence. J'ai répondu de vous au roi, et je suis bien assuré que vous ne me démentirez pas, et que, pour le bien de l'État, la gloire de la nation et votre propre conservation, vous vous porterez aux plus grandes extrémités plutôt que de jamais subir des conditions aussi honteuses que celles qu'on a faites à Louisbourg, dont vous effacerez le souvenir. »

Avec cette lettre arrivèrent, néanmoins, quelques secours, 600 soldats et 15 bâtiments chargés de vivres, qu'un hardi marin , le capitaine Canon , réussit à faire passer à travers les mailles de la flotte anglaise. C'était peu, mais, comme le dit Montcalm en remerciant le maréchal de Belle-Isle, « le peu est précieux à celui qui n'a rien ». En même temps, et une fois de plus, il assurait le ministre de son dévouement « à sauver cette malheureuse colonie ou périr ». Le chevalier de Lévis et Bougainville tenaient le même langage. « Je pense qu'il faudra nous défendre pied à pied, écrivait Lévis, et nous battre jusqu'à extinction ; il sera, s'il le faut, encore plus avantageux pour le service du roi que nous périssions les armes à la main que de souffrir une capitulation aussi honteuse que celle de l'Ile Royale. J'inspirerai partout où je serai les mêmes sentiments, » Et Bougainville : « Les Anglais se disposent à nous attaquer incessamment et de plusieurs côtés; on connaît Ténor-

mité de leurs forces, et cette connaissance ne fait qu'augmenter le zèle des troupes. »

En même temps, mais trop tard, Berryer faisait surveiller l'intendant Bigot, et M. Garneau, l'écrivain canadien, cite dans son Histoire du Canada une lettre menaçante du ministre, qui est comme le prélude de la reddition des comptes.

Montcalm avait envoyé Bougainville à Versailles plaider en personne la cause de la colonie :

« Il fut reçu, le 8 avril, par Louis XV, » écrit M. Dussieux, « et eut l'honneur de lui présenter la carte et les plans des forts du Canada, qui avaient été levés par un officier du régiment de la Sarre, M. de Crèvecœur. Le roi remit la croix de Saint-Louis au premier aide de camp de M. de Montcalm. Avant sa présentation, il avait remis au ministre quatre mémoires fort importants, qui exposaient la situation de la colonie, ses ressources et ses besoins. Le ministre de la marine, Berryer, reçut fort mal l'envoyé du marquis de Montcalm et lui dit : « Eh ! Monsieur, quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries. — On ne dira pas, du moins. Monsieur, que vous parlez comme un cheval, » répliqua Bougainville.

Et il s'en revint, rapportant à son général cet aveu d'impuissance.

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