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CHAPITRE XIÎ

Campngne de 1759. — Enrôlement en niasse des Canadiens. — Le général Wolfe devant Québec. — Bombardement de Québec. — Victoire de Montmorency.

— Défaite des plaines d'Abraham. — Mort de Montcalm et de Wolfe.

— Hommages rendus à la mémoire des deux généraux.

En 1759, de même que Tannée précédente, les Anglais attaquèrent le Canada sur trois points à la fois, marchant de concert sur Québec, sur Montréal, sur Niagara. La première armée, commandée par Wolfe, et la troisième, commandée par Prideaux, devaient rejoindre à Montréal Amherst, qui dirigeait le principal corps d'invasion .

Aux 40,000 soldats anglais, soutenus par 20,000 hommes de réserve, le Canada n'avait à opposer que 5,500 soldats réguliers, des bataillons de milice et un petit nombre d'Indiens, que retenait encore le prestige de Montcalm. Devant cette pénurie de défenseurs, M. de Vaudreuil fit une levée en masse de toute la population mâle depuis seize jusqu'à soixante ans. Jamais, en aucun temps peutêtre, pays n'avait fait un aussi héroïque effort. Pas une plainte ne s'éleva; au contraire, le plus patriotique enthousiasme. Les Canadiens font plus qu'on ne leur de-

mande : on vit venir à l'enrôlement des enfants de douze ans et des vieillards octogénaires. 11 ne restait guère au logis que les petits enfants et les femmes : encore beaucoup de celles-ci surent-elles se rendre utiles à la défense.

On trouva ainsi environ 15,000 combattants, dont un tiers formaient d'assez bonnes troupes de résistance, un autre tiers bon pour l'attaque, le reste, capable du moins de tenir garnison : tous très bons tireurs, très braves, ayant fait sans regret le sacrifice de leur vie pour la patrie canadienne.

Le quart de la population totale était sous les armes ; larmée anglaise comptait autant de soldats que le pays d'habitants. C'était assurément, depuis Xerxès, le premier exemple d'une invasion aussi disproportionnée : ce même fait, cependant, s'était passé en Acadie. Dans de telles conditions, il est hors de doute que la victoire est moins glorieuse qu'une défaite, précédée de deux années de résistance.

Pendant les opérations de la levée en masse, l'Angleterre avait recours à une manœuvre qui aurait pu corrompre une population moins décidée. Dans une proclamation répandue en Canada, elle offrait aux Canadiens de les considérer comme des neutres s'ils refusaient de prendre les armes, ajoutant : « Si la folle espérance de nous repousser vous porte à nous refuser la neutralité que nous vous offrons, attendez-vous à souffrir tout ce que la guerre a de plus cruel. Il sera trop tard de regretter les efforts de votre courage imprudent, lorsque cet hiver vous verrez périr de faim tout ce que vous avez de plus cher. Vous voyez d'un côté l'Angleterre qui vous tend une main puissante et secourable, de l'autre côté, la France

incapable de vous soutenir, abandonnant votre cause dans le moment le plus critique^ votre sort dépend de votre choix. »

Fig. 42.

Chefs de guerriers indiens.

II n'était pas douteux, et jusqu'au dernier moment les Canadiens crieront : Vive la France !

A rentrée en campagne, les Anglais débutèrent mal : Prideaux fut tué en attaquant le fort Niagara, et son corps d'armée demeura paralysé. Amherst, qui se dirigeait sur Montréal, ne put dépasser l'île des Noix, à l'embouchure de la rivière Richelieu dans le lac Cham-

plain. Il y avait là un fort que tenait avec une énergie et un talent militaire remarquables Bourlamaque à la tête de 2,500 hommes. Les 12,000 Anglais s'arrêtèrent.

Malheureusement, le troisième corps d'armée n'avait pas à sa tête un général aussi médiocre qu'Amherst : loin de là, James Wolfe était un adversaire digne de Montcalm lui-même, par le talent comme par le caractère. A peine âgé de trente-trois ans, il s'était si fort distingué à la prise de Louisbourg, que la victoire de cette journée lui avait été attribuée par Amherst dans son rapport. Pitt le nomma major général et lui confia le principal rôle dans le plan de la conquête. Wolfe, parti de Louisbourg avec 40 vaisseaux portant 20,000 hommes d'équipage et 10,000 fantassins, entra dans le Saint-Laurent, piloté par un traître, Denis de Vitré, capitaine de la marine française, que les Anglais avaient fait prisonnier. Parmi les officiers de l'escadre se trouvait Cook, l'illustre navigateur, qui servait alors avec un grade subalterne, et allait ainsi combattre contre Bougainville, son compagnon de gloire.

« Chaque marée, » dit l'historien de Montcalm, « pousse en avant les navires de l'invasion : ils ont franchi le cap Tourmente, puis la grande île d'Orléans. Un gigantesque rocher de granit et d'ardoise, s'élançant de la rive septentrionale, semble barrer le fleuve. Au pied et sur la cime de ce roc, apparaît aux Anglais, sous les rayons d'un soleil de juin, un étonnant assemblage de clochers et de batteries, d'esplanades verdoyantes, d'arbres séculaires, de dômes et de toits métalliques, réfléchissant la lumière comme autant de miroirs; ville couronnée par une citadelle aux bastions à pic, que domine à son tour un cap de mille pieds de hauteur, sortant tout

droit du fleuve. Éblouissant tableau qui se reflète dans Tonde d'un bassin assez immense pour contenir cent vaisseaux de ligne à cent vingt lieues de la mer. C'était la capitale de la Nouvelle-France. »

De loin imposante, menaçante même, la capitale de la Nouvelle-France était, en réalité, dans un misérable état de défense. Montcalm avait depuis longtemps signalé cet abandon : « A Québec, » répétait-il le 12 avril 1759, « l'ennemi peut venir : si nous n'avons pas d'escadre, la capitale est prise et la colonie perdue. » En efl'et, les remparts n'étaient pas même achevés. On fut forcé, au dernier moment, de les couvrir par un camp retranché long de deux lieues, partant de l'embouchure du Saint-Charles pour aller aboutir aux chutes de Montmorency. Si cette ligne de défense n'était pas forcée avant la mauvaise saison, Québec était sauvé pour un an.

Arrivé en vue des Français, Wolfe leur fit sommation de se rendre. Ce document n'est pas à l'honneur du général anglais : on y sent une emphase qui fait craindre que ce jeune homme n'ait été soudainement grisé par la •haute situation qui venait de lui échoir : « Le roi, mon maître, justement irrité contre la France, résolu d'en abattre la fierté et de venger les injures faites aux colonies anglaises, s'est enfin déterminé à envoyer au Canada un armement formidable, etc. » Cette sommation débutait d'une façon trop solennelle pour inspirer à des Français autre chose que de l'hilarité. On s'en doute en voyant Wolfe dans une seconde proclamation se plaindre du peu d'égards qu'ont eus les Canadiens pour la première. Il se vengeait en déclarant « qu'il les soumettrait aux lois les plus dures de la guerre et que ses troupes avaient reçu Tordre de ne respecter ni les biens ni les personnes ».

Ne pouvant parvenir à faire sortir Montcalm de ses retranchements, il se décida à débarquer à la pointe Lévy, où il établit des batteries qui bombardèrent cruellement Québec. Plus de 1,400 maisons furent brûlées. Amherst ne paraissant pas, ni Prideaux, Wolfe hésitait à donner Tassant. Cependant, comme Montcalm ne sortait toujours pas de son retranchement et qu'il fallait en finir, il se décida à attaquer le camp de Beauport par le ravin de Montmorency et à lancer le gros de ses troupes sur nos retranchements du côté du Saint-Laurent. « Partout les Anglais furent repoussés. M. de Lévis fit des merveilles. Nous n'avions que 10 pièces de canon à opposer aux 118 de l'ennemi. Mais rien ne décourageait nos soldats; les chasseurs canadiens tuèrent les artilleurs anglais à coups de carabine. Wolfe, vaincu, se retira dans son camp. En même temps, il apprit que le général Amlierst était arrêté par M. de Bourlamaque et qu'il ne pouvait se joindre à lui. »

Les Français, se cro3'ant vainqueurs, jugeaient la campagne terminée « avec gloire pour nous, » selon l'expression de Bernier. « Wolfe n'en jugeait pas ainsi, » continue M. Dussieux, dont le récit est d'une précision parfaite. « Il essaya de tourner la position inexpugnable que Montcalm occupait à Beauport. Malgré sa défaite, Wolfe, avec sa flotte puissante, restait le maître de la navigation du Saint-Laurent; il remonta le fleuve audessus de Québec pour examiner s'il ne découvrirait pas, au milieu des falaises qui bordent sa rive gauche, un lieu propre à un débarquement; il le trouva à l'anse du Foulon, à un quart de lieue au-dessus de Québec.

« Montcalm avait envoyé Bougainville avec une colonne de 3,000 hommes, observer les mouvements de

rennemi. Mais on ne sut pas deviner ses projets, on manqua de coup d'œil , de vigilance, et on se laissa surprendre par Wolfe, qui cacha avec habileté le but de ses manœuvres. Pour donner le change à Bougainville, il

niicbec.

remonta le Saint-Laurent jusqu'au cap Rouge, à trois lieues au-dessus de Québec, et, dans la nuit du 12 septembre, après avoir fotigué les Français par de continuelles allées et venues, il redescendit le fleuve, trompa quelques sentinelles peu vigilantes, débarqua ses troupes à rimproviste dans l'anse du Foulon, gravit librement

les falaises, du haut desquelles il eût été facile de le repousser, et le 13 septembre au matin, les têtes de colonne de l'armée anglaise arrivaient sur les hauteurs d'Abraham, aux portes de Québec.

« La nouvelle en fut portée trop tard àMontcalm, qui, se voyant couvert par Bougainville, ne s'attendait pas à être tourné et attaqué du côté de Québec. Son armée était alors fort réduite : une partie des Canadiens était retournée aux champs, après la victoire de Montmorency, pour faire la moisson ; Lévis était détaché avec 800 hommes, Bougainville avec 3,000; il fallait, en outre, garderie camp de Beauport. Aussi Montcalm ne put lancer contre Wolfe que 4,500 hommes, avec lesquels il résolut d'attaquer les Anglais, qui s'étaient déjà formés en bataille avec du canon. Attendre le retour de Bougainville eût peutêtre été plus prudent, mais c'était donner à l'ennemi le temps de rassembler toutes ses troupes et de se fortifier sur le plateau d'Abraham. »

C'est à cet endroit, appelé ainsi du nom de son possesseur, un pilote du Saint-Laurent, que se rencontrèrent les deux armées qui allaient décider si le Canada serait français ou anglais. « On se fusilla pendant longtemps, » raconte un témoin de la bataille, le sieur Joannà, major de Québec; « enfin, vers dix heures, M. le marquis de Montcalm voyant Tennemi se grossir de plus en plus et quelques pièces de canon qui tiraient, jugea à propos de ne pas leur laisser le temps de se fortifier davantage et donna le signal pour charger l'ennemi. Les troupes s'ébranlèrent avec beaucoup de légèreté , ainsi que les Canadiens, mais après quelques pas en avant, le petit bouquet de bois qui s'allongeait sur la droite servit de retraite aux miliciens, qui laissèrent marcher seuls les

cinq bataillons, ce qui occasionna un peu de flottemenl. Enfin, après s'être rapproché à la portée du pistolet et avoir fait et essuyé trois ou quatre décharges, la droite plia et entraîna le reste de la ligne. »

A ce moment, les grenadiers anglais profitent du mouvement en arrière pour s'élancer à la baïonnette. « Wolfe est à leur tête. Déjà une balle l'a frappé au poignet; une seconde, puis une troisième l'atteignent à la poitrine. « Soutenez-moi, dit-il; que le soldat ne me voie pas tomber. » On l'emporte; le mourant entend dire : « Ils fuient! — Qui? demanda-t-il. — Les Français. — Je meurs heureux, » murmure le héros, et il expire après avoir donné l'ordre de couper la retraite à l'ennemi par la vallée du Saint-Charles. »

Les grenadiers écossais, « avec leurs plaids llottants et leurs larges claymores, poursuivent comme des démons furieux, les fuyards, » et pendant que les Anglais emportaient leur général, Montcalm, tout sanglant, quittait le champ de bataille et rentrait à Québec par la porte Saint-Louis. « Deux fois touché dans la mêlée, rapporte son historien, il avait, en ralliant les tirailleurs pendant la retraite, reçu une balle dans les reins. « Combien de temps à vivre? » demanda-t-il au chirurgien qui sonde sa blessure. « Quelques heures seulement, mon général. — Tant mieux je ne verrai pas les Anglais à Québec. »

« Ainsi qu'il se couchait dans son manteau, le soir d'une bataille, Montcalm s'étend paisiblement sur son lit de mort : la journée du soldat a été rude, mais la campagne est finie. Ramsay, gouverneur de Québec, et le commandant de Royal-Roussillon lui demandent des ordres : « Mes ordres, répond-il, je n'en ai plus à donner; j'ai

trop à faire en ce moment et mes heures sont très courtes. Je vous recommande seulement de ménager l'honneur de la France. »

« Montcalm croyait sa tâche accomplie, mais à travers Tombre qui déjà l'environne, un devoir inachevé lui est apparu : un peuple a espéré en lui, un peuple l'a aimé qui est menacé par la vengeance d'un ennemi irrité. Ces pauvres Canadiens, le mourant ne peut plus les défendre, mais il peut encore intercéder pour eux, et il se fait suppliant afin de donner aux vaincus le reste de sa vie. « Général, écrit-il àTownshend, le successeur de Wolfe dans le commandement, l'humanité des Anglais me tranquillise sur le sort des prisonniers français et sur celui des Canadiens. Ayez pour ceux-ci les sentiments qu'ils m'avaient inspirés : qu'ils ne s'aperçoivent pas d'avoir changé de maître. Je fus leur père, soyez leur protecteur. » Puis il expire à quarante-sept ans, le 14 septembre 1759, sur le matin.

Le même soir, au bruit de la canonnade, il fut enterré dans l'église des Ursulines. « Ses soldats, dit Chateaubriand, l'enterrèrent simplement dans un trou de bombe, fosse digne de l'honneur de nos armes. » Ce fait n'est pas bien prouvé. Montcalm eut comme tombeau, ainsi qu'il l'avait dit, les ruines du Canada.

« L'homme de guerre assez brave pour recevoir cinq blessures le même jour, » conclut M. de Bonnechose, « le général qui calmait par sa parole la sédition de ses soldats affamés et remportait avec eux la victoire de Carillon, avait atteint le grand; il touchait à la gloire, la mort l'arrêta en chemin et il n'est demeuré que le martyr de l'honneur national. Est-ce assez, pour le serviteur fidèle qui, voué par son pays à la mort, ne laissa échap-

FiiT. 4i. — Momimcnt de Wolfe et de Montcalm à Québec.

per contre lui ni plainte ni murmure, expirant ainsi sans reproche, comme il avait vécu sans peur! Si la France n'élève des statues qu'aux victorieux, elle devait, au moins, à Montcalm un tombeau. Les Canadiens s'en sont souvenus pour elle. Le tombeau que la mère patrie devait à son héroïque représentant a été élevé par souscription nationale, et béni le 14 septembre 1859, anniversaire centenaire de la mort du vaincu. La Nouvelle- France et Montcalm, le malheur avait autrefois uni ces deux noms, l'histoire ne les séparera jamais (1). »

(1) On aimera à trouver ici quelques détails sur le culte rendu par les Canadiens à la mémoire de leur glorieux défenseur, de cet homme que les Anglais, si exclusifs pourtant en leur patriotisme, n'ont pu s'empêcher d'honorer presque à l'égal de Wolfe lui-même. Nous empruntons ce qui suit au Magasin pittoresque de 18G1, qui accompagnait d'une intéressante notice divers dessins relatifs aux monuments élevés aux deux généraux ennemis :

Wolfe avait eu l'honneur de reposer à Westminster, dans la sépulture des rois, où Georges III lui fit élever un magnifique mausolée.

Au Canada, au milieu des embarras d'une conquête récente, on ne fit rien avant 1827. C'est à cette date que le gouverneur, comte de Dalhousie, posa, le 15 novembre, la première pierre d'un monument élevé aux deux généraux. Tout entier en pierres de taille, il a 22 mètres de haut, et se compose d'un obélisque qui repose sur un cénotaphe. La façade principale porte une inscription latine ainsi conçue :

Mortem virtus — communem famam historia — monumentum posteritas dédit ;

« Ils doivent à leur valeur le même trépas, à l'histoire la même renommée, à la postérité le même monument. »

Les deux autres faces latérales portent simplement ces deux noms en très gros caractères : Wolfe-Montcalm.

Ce monument ne se trouve pas sur le champ de bataille, mais dans l'enceinte des murailles, au centre du jardin public, sur le bord à pic de la colline où est assise la ville de Québec.

En 1831, lord Aylmer, gouverneur du Canada, voulut payer aussi

son tribut d'iionneur aux deux illustres victimes de cette grande lutte. Après une visite au couvent des Ursulines de Québec, il annonça le projet de placer, dans leur chapelle, où reposent les restes de Montcalm, un monument qui rappelât le général français. Comme on ignorait alors le lieu précis de sa sépulture, il fit sceller dans le mur latéral, à droite, une plaque de marbre blanc avec une inscription.

L'année suivante, le même gouverneur consacrait par un autre monument le lieu même où Wolfe avait reçu sa dernière blessure.

Forcés, après la capitulation définitive, de rentrer en France, les compagnons d'armes de Montcalm ne pouvaient oublier le Canada, ni surtout le général qui avait été leur idole. Ils songèrent à élever un monument à sa mémoire. L'Académie des inscriptions, à la prière de M. de Bougainville, se chargea d'interpréter les sentiments de la France et composa en latin une longue épitaphe historique qui n'a pas moins de quarante-deux lignes de style lapidaire.

Pour réaliser ce projet, il fallait l'autorisation du gouvernement anglais : Jean-Pierre de Bougainville, frère de l'aide de camp de Montcalm, écrivit à lord Chatam, qui lui répondit :

« Monsieur, c'est avec une très grande satisfaction que je vous envoie le consentement du roi sur un sujet aussi intéressant que l'épitaphe du marquis de Montcalm, composée par l'Académie et qui, selon vos intentions, doit être envoyée à Québec, gravée sur un marbre et placée sur la tombe de cet illustre guerrier. Elle est parfaitement belle, et le désir des troupes françaises qui ont servi en Canada, de payer un pareil tribut à la mémoire de leur général qu'ils ont vu expirer à leur tête d'une manière si glorieuse et pour eux et pour lui, est vraiment honorable et digne d'éloges, etc. »

Le marbre dont il est question fut bien, à ce que l'on croit, expédié au Canada, mais, on ne sait par suite de quel incident, il n'est jamais parvenu à destination.

Cependant, malgré ce fâcheux contre-temps, la mémoire de Montcalm était loin de s'effacer dans le souvenir des Canadiens français. Il fut encore ravivé, en 1833, par la découverte que l'on fit» dans l'église des Ursulines, du lieu exact de sa sépulture.

Enfin, en 1859, une plaque de marbre fut placée sur le nouveau tombeau où l'on avait déposé ses restes exhumés ; elle porte l'épitaphe de l'Académie des inscriptions.

Ce fut l'occasion d'une de ces cérémonies publiques où un peuple entier s'unit dans la même pensée et le même sentiment.

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