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CHAPITRE II

La découverte. — Norvégiens. — Normands. — Le Dieppois Cousin. — La morue. — Verazzano. — Jacques Cartier, ses voyages et ses découvertes. — Le Saint-Laurent. — Relations avec les Indiens. — Le chef Donnacona. — La ville d'Hochelaga. — Le Mont-Royal. — Dernier voyage. — Roberval. — L'île de la Demoiselle.

Non seulement la colonisation , mais la découverte de l'Amérique a parfois été revendiquée par la France, si tant est que l'Amérique ait jamais été découverte, car aussi loin que l'on remonte dans l'histoire, on voit qu'il existait des relations entre l'Ancien et le Nouveau Monde.

Le Groenland fut très anciennement colonisé par les Norvégiens, qui, de l'Islande, touchaient presque à cette terre, alors fertile et verdoyante, comme l'indique son nom, terre verte. D'après une saga, le christianisme fut porté dans ce pays par Lief, fils d'Éric le Rouge, qui, le premier, foula le sol américain. En 1002, le Groenland avait une église; en 1120, un évêque; en 1126, une cathédrale s'élève à Gardar. Lief, raconte M. Rayes, qui analyse les sagas, visita le Labrador, Terre-Neuve, la Nouvelle-Ecosse , descendit jusqu'au cap Cod , dans le Massachusetts. Depuis cette époque jusqu'à la fin du quatorzième siècle, date de la ruine du Groenland, il y

eut de constantes relations, par Flslande. entre l'Europe etFAmérique. On croit que Christophe Colomb visita l'Islande vers 1477; il put y recueillir la tradition de l'existence d'une vaste contrée située vers l'ouest.

Quoi qu'il en soit, quatre ans avant Colomb, un Dieppois du nom de Cousin fut poussé par les vents jusqu'à l'embouchure du Saint-Laurent; à son bord se trouvait un marin nommé Pinçon ou Pinson (prononciation que rend l'orthographe espagnole Pm^on) , qu'il chassa pour inconduite à son retour ; Pinçon passa en Espagne , où il connut Colomb, auquel il se joignit dans le voyage de 1492.

Dans la Description des côtes de la mer océane, manuscrit du dix-septième siècle, une autre version du même fait est donnée : le pilote français, qui avait fait le voyage d'Amérique, mourut « chez Coulon » et lui fit, avant d'expirer, part de sa découverte.

Qu'y a-t-il de vrai dans ces traditions, on ne le saura jamais, puisque les archives de Dieppe furent brûlées dans le bombardement de 1694; mais il est avéré que les Normands fréquentaient Terre-Neuve à une époque très ancienne : « De toute mémoire et dès plusieurs siècles, écrit Lescarbot en 1600, nos Dieppois, iMalouins, Rochelois et autres mariniers du Havre de Grâce, de Honfleur et autres lieux, font les voyages ordinaires en ces païs-là pour la pêche des morues (1). »

(1) On a prétendu que Cabot trouva en usage au Labrador le mot haccalos ou baccalaos pour désigner la morue, et que ce mot était basque. Cette assertion donnerait une assez grande antiquité aux voyages des Basques en Amérique, mais le mot n'est point basque, il est espagnol, il est portugais, il est européen; c'est l'allemand kabeijau, le français bacaliau et cabillaud, qui signifie

En quittant les hypothèses, si séduisantes soient-elles pour la vanité nationale, on ne trouve point de naviga-

Ôceanica

giMis

Fig. 8. — Caravelle espagnole que montait Christoplie Colomb lorsqu'il découvrit l'Amérique.

morue verte. Ce mot put être porté en Amérique par les >i'ormands aussi bien que par les Basques, et, malgré sa déformation d'ailleurs logique, Cabot aurait pu y retrouver l'italien baccala. qui, à la vérité, veut dire morue sèche comme le français bacaliuu.

teur français parcourant ces régions avant 1506, où Denis de Honfïeur entra dans le golfe du Saint-Laurent. En 1508, Aubert de Dieppe, et, en 1518, le baron de Léry suivirent ses traces, mais sans fruit. 11 faut venir, pour avoir des renseignements sérieux, au Florentin Verazzano, qui fut commissionné par le roi François P''. Il aborda en 1524 à la Caroline du Nord, sur la caravelle le Dauphin, épave d'une flottille de quatre navires, fut bien reçu par les Indiens, longea les côtes du Maryland, de la Virginie, de Long-Island, débarqua à Newport où il fit quelque séjour, gagna le Maine, Terre-Neuve, puis la France, et, le 8 juillet, il adressait au roi la plus ancienne description connue de l'Amérique du Nord. Verazzano promettait des merveilles; on parla de mines de métaux précieux, de commerce, puis, au milieu des revers, la lointaine contrée fut oubliée et l'explorateur florentin tué au cours d'un second voyage, entrepris, croit-on, pour le compte d'Henri VIII, roi d'Angleterre.

François I" oubliait ses projets d'outre-mer; son favori, Brion-Chabot, devenu grand amiral de France, s'en souvint pour lui et en confia l'exécution au Malouin Jacques Cartier. Le premier voyage du hardi navigateur n'eut guère d'autre résultat que d'éveiller la curiosité et le désir d'aller plus loin. Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, il s'était avancé jusqu'à Anticosti, sur le Saint- Laurent, et avait dû revenir presque aussitôt, repoussé par les terribles tempêtes de ces parages.

Néanmoins, comme Ton croyait que la vaste embouchure du Saint-Laurent était, non pas un fleuve, mais un détroit qui reliait l'Océan aux mers de Chine, une seconde expédition fut aussitôt décidée. En même temps que cette imagination d'arriver aux Indes par cette voie

nouvelle, un autre mobile excitait les esprits, l'espoir de gagner à la foi catholique des peuples sauvages, de compenser ainsi les pertes infligées à TÉglise par l'hérésie de Luther et de Calvin ; c'est cette idée, jointe à un instinctif besoin d'expansion et de nouveauté, qui inspire

Fig. 9. — Caravelle française; tirée des Œuvres de Deveaux, pilote du Havre. Ms. du XVI' siècle.

la plupart des grands voyageurs du seizième siècle. Autant que des explorateurs, Cartier, Champlain, de Monts, Poutraincourt et tant d'autres furent des missionnaires ; on a vu encore de nos jours le plus grand voyageur du siècle, Livingstone, obéir à un esprit analogue de prosélytisme, et rarement un homme qui se jette dans l'inconnu des voyages en terre vierge fut un sceptique.

Le paj^s où Cartier aborda pour la seconde fois dans Tété de 1535 n'avait pas encore de nom bien déterminé. Le Spéculum orbis terrarum (1593) de Cornélius appelle Nouvelle-France toute l'Amérique du Nord, du pôle au Mexique; d'aucuns comprenaient sous le nom de Canada tout le pays situé sur les deux rives du Saint- Laurent; d'autres le bornaient à un district s'étendant au nord du Saguenay. Il est hors de doute que le mot Canada est d'origine indienne; dans le vocabulaire de la langue d'Ilochelaga, qui fait suite au récit du voyage de Cartier, il est donné avec la signification de « ville ou village », et ce sens est le même dans la plupart des dialectes iroquois (1).

Cartier nomme le Saint-Laurent « la rivière d'Hochelaga » et réserve ce nom de Saint-Laurent à une baie qui s'ouvre en face de l'île d'Anticosti. C'est là qu'il avait abordé à son second voyage, après avoir côtoyé le Labrador. Ayant aperçu l'embouchure du sombre et froid Saguenay, doublé heureusement le cap Tourmente, il s'arrêta à l'île d'Orléans (qu'il appelle l'île Bacchus), y jeta l'ancre et commença d'entrer en relation avec les naturels. Le grand chef Donnacona vint le voir, et peu de jours après, remontant la rivière Saint-Charles (en ce temps Sainte-Croix), Cartier lui rendait sa visite au hameau de Stadaconé. Mais ni Stadaconé n'était une métropole, ni Donnacona un chef bien puissant, et Cartier, entendant parler d'une importante cité, située à quelques

(1) On a dit que le Canada devait son nom à des Espagnols, qui, l'ayant exploré sans y trouver de mines d'or, l'auraient quitté en disant : Aca nada, « ici rien ». Il faut se défier des étymologies faciles; d'ailleurs, à aucun moment on ne voit d'explorateurs espagnols dans cette région.

jours de canot et plus haut sur le fleuve, Hochelaga, résolut de s'}' rendre, malgré les efforts des Indiens et de leur chef à le détourner d'un tel projet.

Les vaisseaux demeurés à l'ancre à l'embouchure du Saint-Charles, il partit sur un petit galion de 40 tonnes et deux barques, avec cinquante marins, parmi lesquels se trouvaient la Pommeraye, Pontbriand et quelques autres gentilshommes.

Au commencement d'octobre, l'expédition arrivait à Hochelaga, la ville indienne qui dressait ses cases enceintes de palissades à peu près à l'endroit où s'élève maintenant Montréal. « Un square public, dit Parkman, occupait le centre de la ville ; Cartier s'y arrêta avec ses compagnons, pendant que, de toutes les huttes d'alentour, sortait une troupe de femmes, jeunes et vieilles, criant de surprise, touchant la figure, la barbe des visiteurs inconnus, et tendant leurs marmots pour être embrassés à leur tour par ces merveilleux étrangers aux longues moustaches, au menton orné de barbe, portant l'arquebuse, le casque, la cuirasse étincelante, et à l'apparition desquels la foule ravie se demandait s'ils étaient des dieux ou des hommes. »

Après les femmes, les guerriers s'avancèrent, s'assirent en cercle autour des Français, qui semblaient venus là exprès pour amuser ces grands enfants, se donner en spectacle « comme si nous eussions voulu jouer un mystère », dit Cartier dans son récit. Puis on apporta, sur une peau de daim, le chef, qui était malade et suppliait par des gestes Cartier de toucher ses membres paralysés. Fort embarrassé, craignant de perdre son prestige, Cartier, dans la naïveté de sa foi, se résolut à réciter un passage de l'Évangile selon saint Jean, qui se dit, en effet, dans ces

occasions, puis la Passion, et l'assistance écoutait, recueillie, ou du moins en silence, ces monotones prières auxquelles elle n'entendait rien. En attendant la guérison, Cartier distribua des présents, prit congé et s'éloigna au son des trompettes, ce qui étonna l'assemblée au plus haut point.

Après être monté, avec un guide indien jusqu'au sommet de la montagne Hochelaga qu'il a^tipelsi Mont-Royal, d'où Montréal, Cartier se rembarqua pour regagner Stadaconé, sur les bords du Saint-Charles, où, en son absence, ses compagnons avaient élevé un petit fort en palissades.

L'hivernage fut pénible, et au froid venait s'ajouter le scorbut. Presque tous en furent atteints et vingt-cinq hommes périrent coup sur coup. Le sol étant trop dur, on enterrait les morts dans la neige. Puis on craignait les Indiens, qui pouvaient venir en pillards priver les survivants de leur peu de ressources. Mais, au contraire, ce fut de ce côté que Cartier trouva le salut. Un Lidien lui indiqua un remède contre le scorbut, l'infusion des feuilles d'un arbre nommé ameda ou anneda; les Français en essayèrent et recouvrèrent bientôt quelque peu de santé et de forces.

Dès la débâcle, on songea au retour. Donnacona et deux autres chefs furent attirés dans une embuscade et captivés con:»me spécimens des habitants du pays, puis, la croix fleurdelisée ayant été plantée dans le sol en signe de prise de possession, on mit à la voile. Cartier rentrait dans le port de Saint-Malo le 16 juillet 1536.

Que rapportait-il? Rien, en somme, que des renseignements assez décourageants : il ne pouvait être question ni d'avantages commerciaux ni de profits de pêche. Cartier n'avait parcouru qu'un pays glacé huit mois par an,

peuplé de quelques sauvages : voilà ce qui se répéta à la cour et, Chabot ayant été disgracié , la Nouvelle-France allait se trouver sans aucun défenseur, lorsque se présenta Jean-François de la Roque, sieur de Roberval, gentilhomme picard.

Ce Roberval, qui avait quelque situation dans sa province, fut le premier de ces Picards qui devaient, quelques années plus tard, émigrer si nombreux en Acadie et que le poète américain Longfellow a pris pour des Normands dans son Évangéline. Il obtint une commission qui le faisait vice-roi et lieutenant général du Canada, Hochelaga, Saguenay, Terre-Neuve, Belle-Isle, Carpunt, Labrador, la Grand'Baie, Baccalaos, seigneur de Norembéga, nom indien du territoire situé au sud du Saint-Laurent. A cette poudre aux yeux des subsides s'ajoutaient heureusement, et cinq navires furent équipés, dont Cartier reçut le commandement. Le but de l'entreprise était surtout la conversion des Indiens, « gens ignorant Dieu et sans usage de leur raison » ; mais il est également fait mention des profits positifs dont le roi devait recevoir un tiers, les chefs de l'entreprise un autre tiers, le reste étant jugé suffisant à couvrir les frais de l'entreprise.

Malgré quelques objections du gouvernement espagnol, qui prenait de l'ombrage à ces préparatifs menés à grand bruit, l'avant-garde de l'expédition mit à la voile le 23 mai I54I, sous les ordres de Cartier.

La route suivie fut la même qu'au précédent voyage; on jeta l'ancre dans cette même baie de Saint- Charles. Donnacona était mort, il fallut l'avouer aux Indiens; mais, ajouta Cartier, « ses compagnons se sont mariés en France et vivent comme de grands seigneurs. » Il n'est pas certain que ce mensonge politique ait convaincu les sau-

vages. Remontant le Saint-Laurent, il débarqua à l'embouchure de la rivière du cap Rouge, attiré peut-être par le quartz pailleté de jaune que les aventuriers prenaient pour de Tor, et par les cristaux de roche qu'ils s'imaginaient être de purs diamants. Ces richesses chimériques n'étaient, en tout cas, d'aucun prix immédiat, et il fallut bientôt se livrer à la pêche pour suppléer aux vivres qui manquaient ; lorsque Roberval entra dans la baie de Saint- Jean, le 8 juin suivant, grande fut sa surprise en reconnaissant l'équipage de Cartier parmi les nombreux bateaux de pêche à l'ancre.

En sa qualité de vice-roi de la Nouvelle-France Roberval ordonna à son lieutenant de rejoindre le Canada, mais celui-ci, humilié sans doute d'être le second dans un pays où 11 avait deux fois commandé en maître, se déroba et revint directement en France. Cartier se retira dans son domaine de Limoilou, près de Saint-Malo, et c'est là qu'il termina ses jours.

Roberval, poursuivant sa route, se dirigea vers les passes de l'île des Démons, et ici se place un curieux incident dont nous empruntons le récit à l'auteur des Pionniers français; lui-même nous en donne pour garant un manuscrit inédit de 1586 et la Cosmographie de Thevet (1575). « La compagnie du vice-roi se composait d'éléments très divers : nobles, officiers, marins, aventuriers, et même femmes et enfants, parmi lesquels se trouvait une nièce de Roberval, du nom de Marguerite. Sur le même vaisseau s'était embarqué, pour l'amour d'elle, un jeune gentilhomme. Sa passion était si ouvertement partagée que Roberval, exaspéré du scandale que causaient, à son sens, les deux jeunes gens, fit jeter l'ancre près de l'ile hantée, et y débarqua la coupable avec

sa nourrice normande, leur laissant des arquebuses et des munitions pour se défendre. Le jeune liomme se jeta à la mer pour rejoindre sa fiancée, avec un surcroît de provisions; le vaisseau remit à la voile et disparut. Les malheureux abandonnés n'eurent plus à compter que sur eux et sur la miséricorde de Dieu qu'ils imploraient, repentants de leurs fautes. Les Démons, maîtres de l'île, les assiégeaient jour et nuit, cherchant à forcer la frêle cabane qu'ils s'étaient construite; mais la sainte Vierge et les saints les couvraient de leur protection, et opposaient une invincible barrière aux monstres hideux, hurlant de fureur à la porte de la demeure rustique. La pauvre Marguerite devint mère ; le jeune homme mourut bientôt de chagrin, l'enfant et la vieille nourrice le suivirent, et l'infortunée resta seule. Son courage et sa raison ne faillirent point ; elle tirait des coups de fusil sur les Démons et tua trois ours blancs.

« Deux ans et demi s'étaient écoulés lorsqu'un équipage de pêcheurs, passant dans ces parages, aperçut une colonne de fumée s'élevant de l'île maudite. Ils hésitaient à s'en approcher, lorsqu'ils reconnurent sur le rivage une forme féminine, faisant des signaux de détresse. C'est ainsi que Marguerite fut recueillie et rendue à son pays natal, où, quelques années après, le cosmographe Thevet la vit, à Nontron dans le Périgord , et y entendit ce récit extraordinaire de sa propre bouche. » Il faut qu'il y ait quelque vérité dans cette légende, car Jean Alphonse, le pilote de Roberval, appelle cette île, dans son Routier, l'île de la Demoiselle.

Cependant, Roberval avait continué sa route et alla jeter l'ancre à la hauteur du cap Rouge. Il y fit élever un fort, tout autour duquel se groupèrent les émigrants, mais la

même imprévoyance se manifestait que dans les précédentes entreprises. Les magasins construits, on n'eut pas de provisions à y mettre à Tabri ; il y avait un moulin et pas de blé, un four et pas de farine. Il fallut acheter fort cher de maigres vivres aux Indiens, qui n'en avaient guère; l'hiver, qui fut misérable, enleva plus d'un tiers de la petite colonie ; le reste ne fut sauvé que grâce à la sévérité de Roberval, à la discipline impitoyable qu'il sut maintenir parmi les émigrants aussi bien que parmi les soldats; des femmes mêmes furent fusillées et le même jour vit pendre six soldats pour une peccadille.

Comment se termina l'expédition? Des documents précis manquent pour résoudre cette question, mais il est certain qu'elle eut le sort des précédentes, c'est-à-dire un résultat totalement négatif. Quant à Roberval, il ne devait pas revoir sa vice-royauté. A son retour en France, il fut tué de nuit, à Paris, près du Charnier des Innocents.

« Avec lui, conclut notre historien, s'achève le prélude du drame de la Nouvelle-France. Les guerres religieuses qui allaient désoler l'Europe devaient avoir leur sanglant contre-coup pour les infortunés colons de la Floride; mais pendant près d'un demi-siècle le futur Canada restera encore désert. Enfin l'esprit d'entreprise, de découverte, le génie commercial s'éveillera, et les efforts catholiques, les secondant puissamment, ouvriront la nouvelle période que nous allons aborder. »

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