PREFACE XIII
par la voix de la multitudp d'aujourd'hui, de la multitude qui a hérité de celle d'hier et contient déjà les germes de celle de demain. »
Mus parunetraditionqui subsiste et qui s'est transmise inconsciemment des pères aux enfants et qui anime aujourd'hui les foules, celles-ci, sans même savoir exactement pourquoi, se portent avec une fidélité passionnée vers la France ; elles aiment, en elle, la nourrice qui a bercé leur enfance et elles retrouvent en elle certaines tendresses pour les peuples faibles et pour les peuples jeunes dont elles n'ont pas tout à fait perdu le souvenir.
La France, de son côté, reste fidèle à elle-même et à ses méthodes du passé : elle risque toujours sa vie pour la défense des nobles causes ; elle aborde le problème de l'avenir comme elle abordait jadis le problème du grand Fleuve, le problème de la Vallée Inconnue ; elle va de lavant, coûte que coûte. Un jour, l'humanité sauvée reconnaîtra les siens !
Le peuple vaillant, brave et désintéressé sème sans s'inquiéter de la récolte de gratitude : elle lui viendra par surcroît.
Le beau chapitre final du livre de M. Finley, chapitre intitulé « le Cœur de l'Amérique », s'achève par cette page qui, pour les hommes qui ont fait la France américaine, serait, s'ils pouvaient la lire, la plus douce des récompenses :
« Lorsque la France abandonna cette vallée, cédant à des forces extérieures et non à une pression intérieure, ce fut pour la donner à une nation nouvelle. Elle l'avait partagée avec l'Américain primitif: elle la céda au nouvel Américain. Elle tenait son droit de possession des premiers habitants de la vallée, de