IV PREFACE
trois générations, se transmettant une telle tradition, ne l'altèrent pas suffi samment^pour qu'elle soit déformée. Fenimore Cooper avait certainement connu « Bas de Cuir » et, quand il déclare lui-même qu'il a voulu représenter le backwoodman dans sa simplicité native, quand son langage n'était altéré ni par l'école, ni son esprit gâté par la civilisation, en un mot, « le chevalier de la forêt vierge », tel qu'il l'a connu, il fautTen croire. Élevé aux confins des régions colonisées et des régions sauvages, il avait eu sous les yeux le spect'acle qu'il décrit, celui de la lutte du colon aventureux contre la résistance des tribus indiennes et des forces de la nature.
Or, un demi-siècle plus tard, M. Finley après d'autres excellents écrivains des origines de la vie américaine, se remet à la tâche, dans un esprit différent, certes, mais avec une même intensité d'émotion et d'expression. Lui aussi a vécu sur une terre toute imprégnée des souvenirs laissés par les premiers colons de l'Ouest :
« La Rivière divine » découverte par les Français coule près du lieu de ma naissance ; mon comté était celui de « La Salle », l'une des divisions du pays de rillinois qu'on appelait « le pays des hommes ». Le fort du rocher de Saint-Louis, construit par La Salle et Tonty n'était qu'à quelques milles de là... C'est par de tels voisinages que ces pages m'ont été suggérées »...
Cet écrivain a donc reçu, dans son enfance, les impressions, fraîches encore, du souvenir français en Amérique du Nord. Il fait, de ces fleurs à peine fanées, une gerbe sans prix et nous la présente après les avoir offertes à son propre pays. Sans avoir la