‹ Les Français au cur de l'Amérique;Chapitre 5 sur 34 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

Un homme qui, comme son contemporain et son maître, le cardinal de Richelieu, eut les intentions de tout ce qu'il fit, Champlain, devina ce que serait, un jour, pour la grandeur de Thumanité, cet habitat vraiment unique et, en ouvrant la route, il planta les jalons de la future unité américaine : « Tournant ses regards vers le Sud, il pressent l'avenir de ces immenses contrées qu'il n'avait fait qu'entrevoir, mais qui seront bientôt le champ d'action de la grande Confédération américaine. Par une conception vraiment géniale, il songe, dès le début du xvii^ siècle, à réunir en une seule domination, par l'intérieur des terres, les établissements fondés par les Français sur divers points de l'Amérique du Nord. Il devina l'importance qu'auraient, comme trait d'union, la série des Grands Lacs qu'il a découverts et les grands fleuves qui vont vers le Sud. Il voudrait réunir le Canada au golfe du Mexique et à la Floride. Champlain rêvait d'une Amérique française. Tel était le plan gigantesque que cet homme d'action avait conçu et à la réalisation duquel il consacra sa vie ^ »

Champlain avait eu un précurseur, sinon dans l'ordre de la pensée du moins dans celui des faits : c'est Jacques Cartier, qui, comme l'on sait, se croyait si peu sur un continent nouveau qu'en abordant au Saint-Laurent, il se croyait en Chine. Son aventure est singulière; elle commence la série des grandes déceptions que cette terre réserve à ses découvreurs, mais qu'elle récompense au centuple en leur piodiguant les plus magnifiques réalités. Ce

' La France vivante en Amérujue du Nord, p. IGO.

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