‹ Les Français au cur de l'Amérique;Chapitre 6 sur 34 · PREFACE VU · texte numérisé non relu

PREFACE VU

n'est pas la Chine qu'ils trouvent, mais c'est l'Amérique; or, Tune vaut bien l'autre : « Reçu dans la capitale des Indiens, le bon Malouin fut conduit au sommet d'une colline, semblable à celle de Montmartre, et vit s'évanouir le Cathay de ses rêves dans l'immensité d'un désert de verdure, borné seulement par la ligne de l'horizon et traversé par deux rubans d'eau étroits mais pleins de promesses. Il se trouvait ici à des centaines de milles de l'Océan et il était sans doute le seul Européen présent a l'intérieur du pays entre le Mexique et le pôle Nord, si l'on ne tient pas compte de ses compagnons de voyage ». Voici, donc, le véritable fondateur, le véritable Deucalion qui, en jetant des poignées de cette terre nouvelle par-dessus son épaule, fera naître des hommes.

Comment procédèrent les successeurs de Cartier et de Champlain? M. Finley va les suivre pas à pas. Mais, dès le début de cette odyssée, il place son livre sous l'invocation de la France en reproduisant la belle prosopopée d'un de nos premiers écrivains des choses d'Amérique, Lescarbot. Tous ces initiateurs, en effet, pensent à la France, ont en vue la grandeur de la France et l'Idéal français. Lescarbot s'écrie : « France, bel œil de l'Univers, ancienne nourrice des Lettres et des Armes, secours des affligés, ferme appui de la religion chrétienne, très chère Mère... Nos pères et majeurs ont jadis par plusieurs siècles été les maîtres de la mer;... ils ont avec grande puissance occupé l'Asie;... ils ont porté les armes et le nom français en Orient et au Midi. Toutes ces choses sont marquées de votre grandeur. Il faut, chère France, reprendre ces vieux

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