PREFACE IX
l'habitent, etc., etc. . . Et cel^, nous fondant sur l'assurance, qui nous a été donnée par les indigènes, que nous sommes les premiers Européens ayant descendu ou remonté le fleuve Golbert!... » Et voici, maintenant, l'exposé de ce que fut dans le passé, ce que sera, dans l'avenir, la vallée du fleuve Golbert, c'est-à-diie la plus belle et la plus puissante vallée du monde ; c'est le « peuplement du désert » par les Français du xvii^ et du xviii^ siècles; et je ne puis résister au plaisir de citer les traits exquis et exacts qui définissent le caractère de ces premiers colons : « Un grand nombre de ces habitants n'étaient pas de race pure : il était rare que les Français amenassent avec eux des femmes dans le désert : c'étaient des commerçants, des trappeurs, ou soldats... Dans les circonstances ordinaires, c'étaient des hommes charmants et de bonne humeur, parfaitement polis, se distinguant en cela avantageusement des hommes de la frontière, et religieux, tout en aimant le plaisir et la danse. Enfin, bien qu'à la longue ils se fussent assimilés certains traits de caractère empruntés aux Peaux-Rouges et que, même, ne sachant plus compter les mois et les années, ils mesurassent letemps, comme le faisaient les Indiens, d'après les crues du fleuve ou le degré de maturité des fraises, ils avaient conservé beaucoup de qualités aimables et estimables... » Quelle finesse et quelle saveur dans ces observations délicates !
Les pionniers français ne laissent pas seulement après eux une ébauche de civilisation matérielle : ils ont aussi tracé les premiers linéaments d'une civilisation intellectuelle et morale. Invoquant de loin l'autorité souveraine du grand « Onnothiort, c'est-à-dire