X PREFACE
du roi de France, se réclamant de son régime paternel, et pour ainsi dire patriarcal, vivant avec les Indiens sur le pied d'une sorte de familiarité que le hasard des combats transforme souventenvéritable fraternité, ils s'habituent à respecter la valeur individuelle et les titres acquis par chacun pour la défense commune : leur caractère égal et patient, leurs mœurs douces, le souci de l'équité et de la justice se répandent peu à peu autour d'eux ; et ces mœurs égalitaires et bienveillantes laisseront des traces profondes sur l'esprit et sur les mœurs publiques du peuple américain : « Aussi est-il permis de dire que les pionniers français, bien avant le partage, et les premiers colons de l'ouest, ensuite, ont, consciemment ou inconsciemment, volontairementouinvolontairement, joué un rôle appréciable, dans cette expérien'ce rudimentaire du gouvernement démocratique. »
Ces hommes sont aussi les initiateurs du puissant mouvement d'affaires qui a pour théâtre cette vallée devenue véritablement la reine des marchés du monde. Le chapitre intitulé : « Sur la piste du coureur-desbois », est une merveille de sagacité et de pénétration. Ici, Fenimore Gooper se transforme en statisticien et en économiste. A l'origine de ce magnifique développement de richesses qu'y a-t-il ? Le chemin. Le chemin est le véritable agent de transformation de la prairie, de la forêt, de ces immenses régions inabordables et impénétrables. Mais qui a créé le chemin? Les animaux? Qui l'a suivi, après les animaux? Le chasseur, le trappeur, le « coureur-des-bois ». Après lui vient le bûcheron, puis le colon, le laboureur, le mineur, le prospecteur, le chercheur d'or. Enfin la ville se fonde. Et cette ville sera, un jour, Chicago !...