ADVERSAIRES DE MAZARIN
s'était eflorcée de fermer au cardinal le retour en France. Leurs lettres, saisies dans les papiers de Gliavigny, ne laissent aucun doute sur ce point'. L'amitié de la reine pour de vieux serviteurs, qui l'avaient défendue à l'époque de Richelieu, n'avait pas permis au cardinal d'éloigner cette cabale hostile. Brienne était resté secrétaire d'État, et les autres vivaient à la cour, profitant de toutes les occasions pour décrier Mazarin par des bruits répandus avec une prudence qui ne les exposait pas à la vengeance du ministre.
Cet esprit d'opposition, que signale plus d'une fois la correspondance de Mazarin ^ s'était encore fortifié, lorsque les traités avec l'Angleterre avaient excité des inquiétudes feintes ou réelles d'une partie de la cour\ La faction hostile ne manqua pas do saisir le prétexte de la passion du roi pour décrier le cardinal et le représenter comme le complice de sa nièce\ qu'il voulait faire reine de France. L'ortiueil
^ Des extraits de ces lettres ont été cités dans le voliune qu'indique la note précédente.
- Voy. ci-dessus, p. 149.
3 Ci-dessus, p. 5.
* Mazarin n'ignorait pas ces bruits, comme on le voit par sps étires au roi. Il n'hésite pas à les rappeler, dans une lettre du 16 juillet 1659 : « On dit, et cela est confirmé par des lettres de la cour..., que je m'entends en secret avec vous, vous poussant à ces choses-là pour satisfaire mon ambition. » (Lettre de Mazarin au roi, en date du 1(1 juillet 1659, Dibl. maz., mscr. 1719, t. 111.) 11 fanl remarquer les dates : c'était en juin 1659, comme on l'a vu, que le roi avait déclaré son amour pour 3Iarie Mancini. Le cardinal, qui aurait encouragé cette passion, d'après les bruits de cour que nous