‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 108 sur 229 · PIUEIŒS ET HEMOMHANCES · texte numérisé non relu

PIUEIŒS ET HEMOMHANCES

clicrclié à [Ictrir par un mariage Iionleiix! Je crois qu'il n'y a pas un lecteur impartial qui puisse accepter de pareilles invraisemblances. Gomment admettre que la reine, qui s'était montrée si Hère, et dont la \yàvo\e fuudroyanle avait fait ^'entrer le cardinal sous terre\ puisse accepter maintenant avec docilité les reproches de Mazarin et ne lui jette pas à la face son audacieuse hypocrisie !

Je pourrais multiplier les extraits des lettres du cardinal pour montrer combien ses sentiments digéraient de ceux qu'on lui a prêtés. Je me bornerai à une dernière citation, où Mazarin fait un pressant appel à l'affection du roi etausoin qu'il doit avoir de sa gloire, que l'on veut lléirir. «S'agissantde ma réputation, lui écrivait-il le l''2 juillet 1659', et de celle d'une personne que vous honorez de votre bienveillance, qui assurément recevrait une atteinte irréparable, si vous n'aviez la bonté de rompre le commerce que vous entretenez avec tant d'éclat, je vous conjure de le faire, et, quoique étant, comme vous êtes, le plus juste et le plus raisonnable de tous les hommes, je ne doive pas douter que, par ce seul motif, vous ne m'accordiez cette grâce, je veux pourtant la recevoir comme la plus grande récompense que vous me puissiez donner des petits services, que j'ai eu le bonheur de vous rendre. »

xMazarin s'adressait ensuite à l'amour-propre du

* Je reproduis à dessein les paroles déjà citées, p. 23i. 2 |]ibliolliè(|ueMazazariiie, <6i(/.. f"* -230 v« et 237.

DE MAZAKhN AU IlOI (Juillet 1659). 243

roi, et lui montrait le tort que le commerce qu'il entretenait avec Marie Mancini faisait à sa réputation. (( Si vous vous voyiez, lui écrivait-il', comme on en parle audit lieu (à la cour), et si vous saviez ce qu'on en dit à Fontainebleau, et parmi les personnes qui m'accompagnent, vous n'auriez pas affaire (besoin) de mes supplications, et vous ne les attendriez paspour y donner ordre. Je garde aussi quantité d'avis venus de Flandre, d'Allemagne et d'autres endroits, qui parlent de tout ceci avec une liberté qui m'a surpris, et comme je souhaite encore plus votre honneur que tout ce qui me pourrait le plus toucher, je ne puis m'empêcher de vous dire toutes ces particularités, afin qu'ayant la bonté d'y l'aire réflexion, vous laissiez aussi de faire ce que de quoi je vous supplie très humblement"-. »

Tout en continuant son voyage vers Saint-Jean-de- Luz, on il arriva le 28 juillet 1659, Mazarin ne cessa d'adresser au roi, à la reine et à sa nièce les remontrances les plus vives sur la nécessité de mettre un ternie à des relations qui compromettaient la gloire de Louis XIV et les intérêts de la France". Il insistait d'autant plus que le roi et la reine se rendant à Bordeaux^, pour y attendre la fin des négociations de

1 Dépèche du 12 juillet Kw'J. IbiiL, f" '237. - G'esl-à-dire : vous cessiez d'entretenir ces correspondances, comme je voiis en supplie très humblement.

3 On a plusieurs fois publié ces lettres, dont quelques-unes sont ort remarquables.

* Le roi et la reine mère arrivèrent à Cordeaux le lil août.

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