‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 109 sur 229 · i i;i l'Ti i;k de loi IS \1V · texte numérisé non relu

i i;i l'Ti i;k de loi IS \1V

Saiiil-JL'an-doLuz, Louis XIV voulut encoi'c revoir Marie Mancini, à laquelle on pennil de se rendre, avec ses sœurs, à Sainl-Jean-d'Angely (le 18 aoûl). « Il en parui plus amoureux ({ue jamais, dit M'"" de La Fayette', el lui promit la même lidélité. » Ce fut à cette occasion, que le cardinal écrivit au roi une lettre plus énei-gique que lespiécédentes, pour lui rappeler ses promesses et son devoir-. Depuis cette époque, la passion du jeune Louis XIV pour Marie Mancini parut se calmer, et elle finit par s'éteindre '. En résumé, cet épisode, qui s'encadre entre deux négociations des plus importantes de l'histoire de France, se termine honorablement, au moins pour ti'ois des personnages (jui y ont joué un rôle. Le roi a sacrifié, après une longue lutte, sa passion à son devoir. La îeiiie mère a triomphé de la faiblesse de son fils dans l'inlérét de sa gloire. Le cardinal, en admettant même qu'il ait uii instant songé à la couronne royale pour sa nièce (ce que je ne crois

' Histoire de Madame Henriclle dWngletore, p. 178.

- (iCUe leUre a élé plusieurs fois publiée, et entre autres dans le Bulletin de la Société de V histoire de France, t. I, 2' partie, p. 17(5. M. tîaziii, doiil l'imparlialité et la sagacité sont connues, (Wi {Histoire de France, t. IV, i^"" édit., p. i:2l), « que jamais homme, repaie vertueux dans l'histoire, n'a laissé un plus beau monument de sa renommée ».

■'' « Celle fille, pleine d'artifice, n'avoit [)u, dil l'abbé de Ciioisy, lui fasciner les yeux plus longtemps. Il s'étoit aperçu qu'elle n'étoil point belle, et que ses manières enjouées venoient moins d'un esprit vif que d'un naturel emporté et incapable de réflexion. » {Mémoires de l'abbé de Ctiois;/. p. o(i',l, de réililion MiLliaud et Pouioulal.)

AVEC MARIE MANCINI (Août 1659). 2i5

pas), a immolé son ambition à la grandeur de la France'. Quant à Marie Mancini, elle reste le personnage le moins intéressant. « Elle avait, dit M"'" de La Fayette-, l'esprit hardi, résolu, emporté, libertin, et éloigné de toute sorte de civilité et de politesse. » La rupture de ses relations avec le roi la

• Nous pourrions encore ci 1er à rappui de notre opinion un ])assage d'une lettre de Mazarin au duc de I.orrainc , en date du 4 juillet 1GG0. Charles IV avait demandé au cardinal la main de Marie Mancini, à condition qu'on lui rendrait son duclié. « J'ai été mortifié, lui répondait Mazarin, de croire qu'on m'ait cru capable de songer à procurer le moindre avantage à mes nièces aux dépens du roi et de l'Etat, au bien duquel je suis prêt de sacrifier tout ce qui me regarde et ma propre personne. 11 me semble d'avoir assez fait connoître mes intenlions sur les affairai de cette nature en d'autres occasions qui se sont présentées, et que je ne puis avoir d'autre but, dans toutes les actions de ma vie, que de relever de plus en plus la gloire du roi et la grandeur de celte couronne. » Les affaires de celte nature, que rappelle Mazarin, ne peuvent être que le projet de mariage du roi avec celte mémo nièce, Marie Mancini. Aurait-il osé, un an après la rupture, s'en donner l'honneur, s'il avait, comme on le prétend, favorisé les intrignes de sa nièce? Il faut se rappeler (jue Mazarin s'adresse au chef de la maison de Lorraine, dont cinq branches étaient établies en Fiance et parfaitement au courant des affaires de la cour. Les Cuise, les d'Elbeuf, les Chevreuse, les d'Harcourt et les Lillebonne, étaient en grande liaison avec Charles IV. Il maria, celte année même (IGOO), sa fille, Anne de Lorraine, avec François de Lorraine, comte de Lillebonne. Il faudi-ait snpposer le cardinal insensé pour oser mentir impudemment en écrivant à un prince aussi bien informé de tout ce qui concernait la cour de France. Cette lettre de Mazarin au duc de Lorraine a été citée par M, le comte d'Haussonville dans Vllisloire de la réunion de la Loirainc à lu France, t. Il, p. oi et 55, de la "1' édiiion. Elle se trouve aux archives des Affaires étrangères, Louraixe, t. 33, f"' 45 et suiv.

- Histoire de madame Henriette d'Angleterre, p. 178, édit. Michaud et Poujoulat.

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