RÉFUTATIO.N DE LA CRITIQUE
de Philippe IV ne pouvait plus compter sur l'appui de la branche allemande de la maison d'Autriche.
Louis XIV avait, d'ailleurs, un prétexte spécieux pour entreprendre la guerre contre l'Espagne. Il réclamait les Pays-Bas espagnols en vertu du droit de dévolution^ qui, dans le Brabant, donnait la succession aux fdles nées d'un premier mariage de préférence aux fils issus d'un second lit. Mais ce qui devait surtout assurer la victoire à Louis XIV, c'était l'état de la France en 1667. Colbert avait rétabli les linances et réorganisé la marine; Turenne et Gondé, servant maintenant le même souverain, commandaient les troupes françaises et allaient envahir, l'un la Flandre, l'autre la Franche-Comté. Les armées, qu'une paix de sept années et la prospérité financière du royaume avaient permis de compléter, étaient les premières de l'Europe et aspiraient à de nouvelles conquêtes. Quel contraste avec l'épuisement de la France en 4659!
Ajoutons que Lionne dirigeait la politique extérieure avec la même prudence et le même succès que Mazarin. L'Angleterre, qui avait pour roi le vénal Charles II, semblait enchaînée à la France. Ce souverain besoigneux, en lutte avec la partie la plus énergique et la plus active de la nation, avait déjà vendu Dunkerque à la France. On pouvait espérer qu'il seconderait les projets de Louis XIV sur les Pays-Bas espagnols. La ligue du Rhin, qui s'était