‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 12 sur 229 · ALLIANCE DE CHARLES II AVEC L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

ALLIANCE DE CHARLES II AVEC L'ESPAGNE

encouragé par les succès des Espagnols, violait ouvertement la paix de Westphalie. Servien, dans une conférence avec l'ambassadeur vénitien, énumérait les infractions faites au traité de Munster', et signalait les secours envoyés par Ferdinand III au roi d'Espagne dans les Pays-Bas, ainsi que l'attaque dirigée, en Italie, contre le duc de Modène, allié de la France. Pour résister à cette réunion des deux branches de la maison d'Autriche, Mazarin comptait pi-incipalement sur l'alliance défensive et offensive, qu'il se montrait maintenant disposé à conclure avec Gromwell. Il lui fit représenter que Charles Stuart venait de signer un traité avec les Espagnols, qui lui promettaient des secours considérables ", pour l'aider à reconquérir ses États. De son côté, Charles II s'engageait à rappeler, sous ses drapeaux, les Irlandais engagés au service de la France. Il devait, avec ces troupes réunies aux auxiliaires espagnols, tenter une descente en Angleterre. Conformément à ce traité, Charles II envoya au duc d'York, qui commandait, comme nous l'avons dit, les troupes françaises dans l'armée du duc de Modène, l'ordre de quitter l'Italie et de venir le re-

* Amb. vénit., Bibl. nal., {Filza 119, f" 131); ItUtre du 5 septembre 1656.

2 Affaires étrangères, Axgleterre, t. G6, f»!27:2. D'après M. Guizot {Histoire de la révolution d^ Angleterre et du Protectorat d'Olivier Cromivclt, t. II, p. 23:2), ce traité avait été conclu, dès le 12 avril 1656; mais la ratillcalioa n'arriva, d'Espagne, qu'au mois de juillet de lu même année.

34 PLAINTES DE MAZAIlIN

joindre. Le duc d'York, obéissant aux injonctions du roi, son frère, arriva en France dans les premiers jours d'aoiit. Mazarin écrivait au président de Bordeaux, le 8 de ce mois' : « Le duc d'York arriva hier ici, pour prendre congé de Leurs Majestés, disant qu'il avait reçu des lettres très pressantes du roi, son frère, par lesquelles il lui mandait de l'aller trouver en diligence, et je crois qu'il pourra se mettre en chemin dans trois ou quatre jours'. On dit que le roi (Charles II) a de grandes espérances; mais, si elles sont fondées sur les assistances d'hommes, de vaisseaux et d'argent que les Espagnols lui promettent, je répondrais bien que ses progrès seront petits. »

Malgré le dédain avec Iccpiel Mazarin traitait ralliancc de Charles II et de Philippe IV, on voit, par la suite de sa correspondance, qu'il en fut blessé et la regarda comme un outrage pour la France. « Vous avez su déjà, écrivait-il au président de Bordeaux, le 19 novembre '1656^, le peu de sujet que le roi a d'être satisfait du procédé du roi d'Angleterre, lequel, après avoir reçu, lui et toute sa famille, tant de bon accueil et de bon traitement, lorsqu'il s'est réfugié en ce royaume, sans qu'on ait cessé de lui continuer la même assistance, après qu'il s'est retiré en Flandre, ne s*est pas seulement contenté de lier

* Affaires élrangèrcs, Angleterre, ibid.

2 On voil, en effel, par les Mémoires du duc d'York (p. 595)^ (|u'il alla servir, eu Elandre dans 1 armée espagnole. ■' All'iiires étrangères, Anoleteiuu',, t. OG, f" 291.

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