CONTRE CHARLES II (165G
une étroite amitié avec les Espagnols, qui sont maintenant nos plus grands ennemis, sans qu'il nous en ait fait faire le moindre compliment...; mais il a ajouté à cela mille diligences qu'il a faites pour débaucher tous les régiments irlandais et écossais, qui sont ici, ayant envoyé des ordres aux officiers et soldats de l'aller trouver, et fait, sous main et en public, toutes les intrigues imaginables, pour priver le roi d'un corps assez considérable et en fortifier, en effet, le parti d'Espagne, tandis qu'il témoigne, en apparence, d'être sur le point d'aller reconquérir l'Angleterre, et que c'est pour cela qu'il a besoin de joindre lesdites troupes à celles qu'il dit vouloir assembler d'ailleurs, et que les Espagnols lui ont promises. » Ces plaintes avaient surtout pour but de prouver à Gromwell que la France avait complètement rompu avec l'Espagne; mais les Anglais gardaient encore leurs défiances. Vainement, Mazarin s'efforçait de ramener Lockhart; cet ambassadeur redoutait toujours, depuis la mission de Lionne, quelque négociation secrète de la France avec l'Espagne, et ses soupçons étaient partagés par le Protecteur '. Afin de dissiper ces soupçons, que justifiait sa conduite
* Dépêches de Bordeaux (Aff. étr., Angleterre, t. 67, f<" 307 et 310). Bordeaux écrivait, le 527 novembre 1656, qu'on paraissait appréhender en Angleterre la réconciliation de la France et de l'Espagne, « afin de donner plus de crédit aux bruits qu'en a fait courre le colonel Lockhart ». Dans une dépèche du i décembre, Bordeaux insistait encore sur la difficulté « d'effacer l'impression que les lettres du colonel Lockhart, ou d'autres, peuvent avoir donnée ?.