NICOLAS FOUQUET
important comme président des états provinciaux du Languedoc. Un de ses jeunes frères, Louis Fouquet, l'avait remplacé comme évêque d'Agde, le 2 mars 1659 ^ Un troisième, Gilles Fouquet, était écuyer de la reine mère et avait épousé la fille du maréchal d'Aumont, gouverneur de Boulogne. Le surintendant avait voulu faire entrer dans la diplomatie le dernier de ses frères, Yves Fouquet; il l'avait envoyé à Rome, comme nous l'avons vu% pour y combattre l'influence de Lionne, et, s'il était possible, le ruiner dans l'opinion publique. Enfin, Nicolas Fouquet avait marié, en 1657 (12 février), la fille unique issue de son premier mariage, à Armand de Béthune, fils aîné du comte de Gharost, gouverneur de Galais etcapitaine des gardes du corps. Puissant par les dignités qu'occupait sa famille, par son titre de procureur général du parlement de Paris, par sa charge de surintendant des finances, Nicolas Fouquet avait su, en outre, se ménager de nombreux amis. Un caractère souple et agréable, une libéralité prodigue en pensions, distribuées aux artistes, aux poètes, aux gens de lettres, aux courtisans et aux femmes influentes, avaient assuré au surintendant une clientèle nombreuse. Il l'avait choisie avec beaucoup de soin, en vue des projets ambitieux qu'il ne communiquait qu'à ses plus intimes confidents.
*■ Louis Fouquet fut aussi exilé en 1661, et vécut jusqu'en 1702. ^ Voy. le tome précédent, p. 239 et suiv.