AMI5ITI0N DU SURINTENDANT
A la tôte de ses parLisaus dévoués était la marquise du Plessis-Bellière, femme d'esprit et de résolution. Fouquet disait, dans le projet trouvé à Saint-Mandé, qu'il avait en elle une entière confiance et qu'il n'avait eu aucun secret pour elle. Le marquis du Plessis-Bellière, un des généraux les plus distingués de la France, avait été tué, en 1654, dans la seconde expédition de Naples'; sa veuve, secondée par Fouquet, avait marié sa fille au marquis de Créquy, qui comniandait l'aile droite de l'armée française à la bataille des Dunes, et devint dans la suite maréchal de France. La marquise d'Asserac (Pélagie de Rieux) était également dévouée à Fouquet; elle possédait rile-Dieu , voisine de Belle-Islc, qu'avait achetée Fouquet, et pouvait le servir dans le cas où il aurait à soutenir unelutte contre l'autorité royale. L'amiral de Neuchèse, qui, sous les ordres de Vendôme, commandait la flotte, avait été également gagné et s'était engagé dans le parti que formait le surintendant pour se fortifier du côté de TOcéan.
Nicolas Fouquet, tout en se préparant à se défendre contre Mazarin et à soulenir nue guerre civile'-, avait soin d'entourer le roi, la reine mère et
' Voy. le tome précédent, p. ]94.
- Il lut à Gourville, eu ÎGOO, le projet qu'il « avoil fait quelques années auparavant pour se maintenir au cas oii le cardinal le voulût pousser ». {Mémoires de GourciUe , p. 530, édil. Michaud et l^ujoulat.) Ce projet, trouvé à Saint- Maudé, a été publié par M. P. Clément (t. II, p. £0 et suiv., (!u recueil des Lettres, Instructions et Mémoires de Colbert . Le projet de Fouquet était