AMBITION DU SURINTENDANT
le cardinal , de gens qui lui étaient vendus et qui devaient l'avertir des dangers qui le menaçaient. Au premier rang était une des filles d'honneur de la reine, Bénigne de Meaux du Fouilloux, dont tous les contemporains vantent la beauté ^ Avide et peu scrupuleuse, elle révélait au surintendant tout ce qu'elle pouvait découvrir des intrigues de la cour. Mazarin était trop sagace pour n'avoir pas reconnu que Fouquet s'enrichissait aux dépens du Trésor ; mais il avait besoin, avant tout, d'un surintendant qui lui fournît l'argent nécessaire pour la guerre et pour les négociations, et qui le remboursât largement des avances qu'il faisait à l'État. Afin d'encourager son zèle, il lui faisait donner sur les aliénations du domaine des sommes considérables, comme le prouve la lettre suivante, qu'il lui adressait en 1657- : « J'ai supplié le roi de vous donner deux cent mille livres à prendre sur les fonds que l'on a aliénés, afin que vous ayez quelque revenu sur les rentes pour vous aider à soutenir la dépense que vous êtes obligé de faire, et Sa Majesté a eu la bonté de vous accorder cette grâce, comme aussi à M. Le
évidemment dirigé contre Mazarin. Il commence par mie attaque contre le cardinal : « L'esprit de Son Éminence, susceptible naturellement de toute mauvaise impression, etc. »
* Voy. Loret, Muze historique (lettres du 2 décembre I65"2 et du 19 janvier 1659) ; Mémoires de iV"^ de Montpensier, t. 111. p. 11-i- 115, édition Charpentier; Lettres de Racine, lettre à La Fontaine, en date du 11 décembre 1661, etc,
2 Affaires étrangères, France, t 274, f" 243.