DIFFICULTÉS DE LA NÉGOCIATION
anlcrieurc, Mazarin fut obligé de faire connaître à Lockhart, d'une manière positive, à quelles conditions il était disposé à conclure une alliance intime avec Gromwell. Il lut convenu que Lockhart se rendrait en Angleterre pour en faire part au Protecteur. Les conditions étaient celles que le cardinal avait déjà fait proposer à Gromwell par le comte d'Estrades, en 1652', et parlebaron de Baas, en 1654^. « Il est parti d'ici, écrivait Mazarin à Bordeaux, le 6 décembre^ sans (ju'il y ait rien de conclu. Il sait seulement ce qu'il y a à faire pour une liaison étroite. » Le cardinal écrivait qu'il avait envoyé au Protecteur quatre des plus beaux chevaux de son écurie. « Il n'en faut pas faire d'éclat, ajoulait-il. Je l'ai prié (Lockhart) de les présenter comme une bagatelle, que j'avais en quelque façon destinée pour ledit colonel. »
La négociation, qui se poursuivait si laborieusement avec l'Angleterre, présentait de graves difficultés. On voit, par les dépêches de Mazarin à Bordeaux, que Gromwell en revenait toujours à un projet de confédération beaucoup plus vaste, qu'il avait déjà tenté de faire accepter par la France et que le cardinal avait éludé avec soin. Mazarin ne le rejetait pas ouvertement ; mais sa tactique consistait à sou-
* Voy. ÏHisloire do France sous le ministère do Mazarin, t. I, p. 178-179.
2 Ibidom, t. II, p. 3'34-CG5.
^ Adau-cs étraiigèros, ANGLETEniiE, l. CG, f" ;298.