COR UESPOND ANGE DE MAZARIN
j'ai gardé une grande circonspection dans les réponses que j'ai été obligé de faire tant à la reine d'Angleterre qu'à MM. Germain ', Montaigu et autres, qui m'écrivent continuellement pour me solliciter de porter le roi à assister le roi d'Angleterre en cette conjoncture ; car il me semble que, quand Sa Majesté serait persuadée, comme je le suis, qu'il vaut beaucoup mieux qu'il y ait un roi qu'une république en Angleterre et que, par d'autres raisons, on se doit intéresser dans l'équité de la cause dudit roi, on y doit bien prendre ses mesures, avant que s'y engager, et de telles précautions que l'on soit pour le moins assuré que le roi d'Angleterre nous en saura gré et qu'il sera de nos amis, et surtout attendre qu'il n'y ait rien à ajuster pour l'exécution de la paix enti'e les deux couronnes (de France et d'Espagne), à laquelle je travaille ici avec la dernière application. »
Ainsi, avant de se mêler des affaires d'Angleterre, Mazarin voulait prudemment terminer les négociations d'où dépendait la paix de l'Europe. Le cardinal désirait, d'ailleurs, connaître les dispositions du prétendant à la couronne d'Angleterre à l'égard de la France. Ce prince et son entourage lui inspiraient peu de confiance, comme le prouve la suite de cette même lettre. <:( Vous considérerez encore, s'il vous plaît, écrivail-il à Turenue, qu'à moins d'avoir de grandes sûretés des intentions du roi d'Angleterre à
* Lord Germyn, ou Jennyn, principal conseiller de lleniielte de France, reine d'Angleterre.