AVEC L'ANGLETERRE (1G5G
lever des objections contre quelques-unes des puissances destinées à entrer dans cette ligue, dont Cromwell aurait voulu se faire l'arbitre tout-puissant. C'est dans ce but que Mazarin signalait, le 16 décembre 1656, au président de Bordeaux*, l'hostilité des Hollandais contre l'Angleterre : « Il serait bon de savoir à quelles conditions l'on voudrait faire la liaison qui vous a été proposée, de delà (en Angleterre), par le secrétaire d'État', entre la France, l'Angleterre, la Suède, le Danenaark et les Provinces- Unies; si c'est simplement pour se défendre ou pour attaquer la maison d'Autriche ; et, à dire le vrai, M. le Protecteur a grand intérêt de songer de bonne heure à prendre ses précautions contre cette maison-là. Mais je ne puis rien vous répondre que nous ne sachions premièrement quel but M. le Protecteur se propose, en faisant cette liaison, et s'il est assuré, ou non, de tous les autres États qui y doivent entrer. Ce que je ne demande pas sans raison, à l'égard des Provinces-Unies ; car je doute fort qu'elles soient en cette disposition, puisque la Hollande, qui est la principale d'entre elles et qui donne le branle aux autres, adhère visiblement à l'Espagne; et, à ce propos, je vous dirai que j'ai avis de Hollande 3, et de
1 Affaires étrangères, Angleterre, t. 66, f° 297.
- Nous avons déjà dit que ce secrétaire d'État se nommait Thurloë,
•^ A partir de ce passage, la dépêche est presque identique avec une note autographe de Mazarin, non datée et conservée dans le tome 60 (Aff. étr., Angleterre, f'' 94).