‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 140 sur 229 · PRUDENCE RECOMMANDÉE · texte numérisé non relu

PRUDENCE RECOMMANDÉE

toujours eu le même dessein avec leur camp volant vers Nieuport. Si les affaires du parlement n'y eussent succédé comme elles ont fait*, au point d'y avoir tout à fait abattu le parti du roi d'Angleterre, la garnison de Dunkerque prenait son parti, en la payant de tout ce qui lui est du. J'avais, iiGalais,cent mille livres, qu'un marchand de Calais de mes amis me faisait prêter pour cet effet; ce que M. de Tnre;:iic a voulu savoir de ce même marchand. »

Le père Ganaye-. jésuite, que Mazarin avait envoyé à Dunkerque à la suite du traité conclu avec Olivier Cromwell, travaillait aussi à gagner, dans cette place, des partisans à la France. Il écrivait à Mazarin, le 22 septembre : «i En exécution des ordres qu'il a plu à Votre Éminence de me donner, je me suis rendu à Dunkerque, comme je lui ai déjà fait savoir, où j'ai trouvé toutes les choses en bon état pour la religion, et les officiers anglais fort portés à nous fair(! plaisir, entre autres le major de la ville, nommé le capitaine Gay, qui est bon catholique, mais caché, et a toujours servi le roi; [ce] qui est une marque de sa bonne conscience. Je ne crois pas qu'il soit le seul qui lui soil bien affectionné, puisque ces messieurs n'ont fait aucune démonstration pubh'que de joie de

* C'est-à-dire si les troupes du parlement n niaient pas eu un succès complet en combattant les royalistes.

* Ce jésuite est surtout connu par un écrit de Saint-Evren)ond intitulé : Couve) sation du maréchal d'Hocquincourt avec le P. Canaye, publié dans le tome III, p. 5i et suiv. des Œuvres de Saint-Évremond, édit. de des Maizeaux.

PAR iMAZARLN 1659). 2'J5

l'avantage que le parlement a remporté sur les troupes du roi. Je ne me donnerais pas la liberté d'écrire ceci, dans Dunkerque, à Votre Eminence ; mais, étant à Ypres, et les lettres prenant la route de Lille, qui est très assurée, je n'ai rien à craindre de ce côté-là. »

Ces tentatives de Mazarin, pour gagner des partisans dans Dunkerque et s'en emparer à la faveur des troubles de l'Angleterre, ne réussirent pas. La défaite des royalistes dans le comté de Chester fit ajourner toutes les entreprises sur cette place, et le cardinal recommanda à Turenne de redoubler de circonspection. Il lui écrivait, le 18 septembre^ : « Il faut se conduire avec une grande retenue dans les affaires d'Angleterre, non seulement parce qu'il est impossible qu'il y ait rien de secret de ce qui viendra à la connaissance du roi (Charles II) et de ceux qui sont dans son parti, mais parce que je me confirme de plus en plus dans la créance qu'à moins que les affaires qu'ils auront entre les mains se conduisent et réussissent d'elles-mêmes, malaisément le feront-elles par leur conseil et par leur conduite. Je ne crois pas tout à fait décisif le bon succès qu'ont eu les armes du parlement auprès de Chester, parce qu'il n'y a pas eu beaucoup de gens tués ni pris, et d'ailleurs, que le parti presbytérien est assez considérable, étant composé de personnes riches et puissantes, pour n'être pas si tôt abattu. » * Affaires étrangères, Pays-Bas, t. 49.

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