HÉSITATIONS DE MAZARIN
vouloir contribuer à son rétablissement, cela ne ferait que réunir tous les partis, qui lui sont à présent également contraires, et que, par ce moyen, il en recevrait plus de préjudice que nous. J'estime donc qu'il ne faut pas se hfiter mal à propos et faire un contre-temps qui ruinerait tout ; mais qu'on doit attendre que les choses se disposent de telle manière que le roi d'Angleterre joue presque à jeu sûr, quand il entreprendra de se rétablir. »
Le parti le plus sage était, aux yeux de Mazarin, de laisser ce pays se dégoûter de l'anarchie révolutionnaire et revenir de lui-même à la royauté. Il entrevoyait, au commencement de l'année 1660, le rôle que Monk pourrait jouer'; mais il restait encore dans le doute sur les projets de ce général, comme le prouve une lettre qu'il écrivait à Turenne, de Toulon, le 1^ février 1660- : « Pour décider des affaires d'Angleterre, il faut laisser arriver Monk à Londres avec ses troupes ; et, de la manière^ qu'il se conduit, ne s'étant, à mon avis, expliqué assez nettement de ses intentions, et ayant écrit en termes non moins obligeants à la ville |de Londres] qu'au parlement, il me semble qu'on ne peut parler avec certitude de
* On peul consulter, sur ce général, l'ouvrage de M. Guizot, intitulé : Monk. L'auteur y a cité un grand nombre de lettres du président de Bordeaux à Mazarin; mais comme les événements d'Angleterre étaient l'objet spécial de son ouvrage, il n'a pas insisté sur le rôle de Mazarin dans la restauration des Stuarts.
- Affaires étrangères, Pays-Bas, t. 48.
^ Le sens est : (Vaprès la manière, etc