‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 159 sur 229 · EST FORCÉ DE OUITTER L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

EST FORCÉ DE OUITTER L'ANGLETERRE

marquis d'Ormond. Ils se ressentaient, écrivait-il, (( des mortifications qu'ils ont reçues en France, particulièrement dans les derniers séjours que leur maître y a faits ». Enfin ces ministres de Charles II craignaient l'influence de la reine d'Angleterre, et ils espéraient que cette espèce de rupture avec la France rendrait sa domination impossible. Le président de Bordeaux croyait, au contraire, que le meilleur moyen de punir les auteurs de cette injure était, « de disposer la reine d'Angleterre à passer ici (à Londres) , sous prétexte de moyenner la réconciliation ». Il alléguait, à l'appui de son opinion, qu'il y avait, dans le conseil de Charles II, quelques seigneurs , comme le comte de Saiut-Albans et lord Manchester, « qui deviendraient plus hardis, s'ils savaient que la reine est en état de les appuyer », et qui pourraient alors balancer l'influence du chancelier Hyde. En tout cas, « il n'y a point de voie plus certaine, ajoutait l'ambassadeur, que la présence de la reine d'Angleterre pour mettre de la division dans cette cour. »

Cependant la position du président de Bordeaux était devenue intolérable. Ses créanciers avaient saisi ses chevaux, et firent même arrêter un de ses secrétaires ^ « Il me parut, ajoute Bordeaux, que ce serait blesser les prérogatives de mon caractère, si je m'adressais à la justice ordinaire du pays. » Il eut

* Alfaires étrangères, Angleterre, t. 70, f" 533.

Page 1